Bonne croissance en 2008 mais avenir incertain pour le cimentier

Lafarge Ciments a beau afficher des résultats annuels  2008 en forte progression, cela ne lui suffit pas pour s’attirer les faveurs des analystes. Ceux d’Attijari Intermédiation adoptent une position particulièrement critique dans une récente note de recherche qu’ils consacrent au cimentier.   
Ils pointent d’abord une décélération inquiétante des ventes de ciments pour le 1er opérateur national. Lafarge, qui a en effet publié une progression de ses ventes de 6,2%, sous-performe la consommation de ciment en 2008 qui s’est établie à 9,9%. L’argument avancé par le management lors de la publication des résultats, à savoir un impact négatif sur les ventes du fait de fortes intempéries, est balayé d’une seule main par les analystes d’Attijari Intermédiation. Car si les intempéries ont été pénalisantes pour le marché du Nord, il y avait largement de quoi se rattraper sur les marchés du Grand Casablanca et celui de l’Oriental.
Mais puisqu’il n’en est rien, les analystes de la société de Bourse émettent l’hypothèse que Lafarge n’a pas été en mesure de capter la demande sur les deux régions précédemment citées. Cela est dû à deux facteurs : la saturation de la capacité de production au niveau de l’usine de Meknès (à l’origine de la déperdition de 2,2% de parts de marché pour Lafarge dans la région, selon les estimations d’Attijari Intermédiation) et l’entrée en production à plein régime de l’usine de Holcim à Settat qui a permis d’améliorer son taux de pénétration sur la région du Grand Casablanca
Une nécessité donc, selon Attijari Intermédiation : «Des investissements imminents doivent être engagés afin de répondre au mieux à l’évolution de la demande et éviter au cimentier de continuer à perdre des parts de marché».          
Il demeure, comme cité précédemment, que la société affiche des indicateurs orientés à la hausse au titre de 2008. Le chiffre d’affaires progresse de 11,1%, conjuguant un effet volume sur les ventes de ciments de 6,2% et un effet prix de 4,9%. Le résultat net s’inscrit en progression de 43,3%, à 1,8 milliard de DH. Mieux encore, sur le plan boursier, le titre Lafarge affiche des multiples attractifs au vu de son secteur, à savoir un P/E 2009 de 15 et un rendement de 4%.
De fait, le jugement d’Attijari Intermédiation sur les perspectives du titre, bien qu’il soit mitigé, n’empêche pas moins la société de Bourse de recommander sa conservation avec un cours cible de 1 543 DH. Ce qui établit sa décote à 3,55% sur la base du cours de 1 490 DH observé le 16 mars. A noter toutefois que le titre demeure fluctuant. Entre le 20 février et le 16 mars 2009, il aura augmenté de près de 5%, passant de 1 420 à 1 490 DH tout en ayant atteint un pic de 1 544 DH le 5 mars.