BMCE Capital recommande de conserver les deux valeurs pharmaceutiques

La faiblesse de la production et de la consommation locales entrave le développement du marché. Les marges des deux sociétés devraient se contracter en raison de la politique de baisse des prix menée par le gouvernement. Sothema est valorisée à  un cours cible de 1 262 DH.

BMCE Capital réserve une appréciation assez défavorable pour le secteur pharmaceutique. Selon elle, bien que l’industrie pharmaceutique ait connu plusieurs réformes axées notamment sur la généralisation de l’accès aux médicaments aux couches sociales les plus défavorisées à travers l’AMO et le RAMED ainsi que sur l’accroissement des écoulements des médicaments génériques, le secteur continue de pâtir de nombreuses difficultés. La production locale demeure insuffisante, ne couvrant que 65% des besoins de la population. De même, la consommation moyenne par habitant est faible; elle n’est que de 414 DH, soit en dessous de celle des pays voisins, à l’instar de l’Algérie qui affiche une moyenne de 600 DH. L’offre locale aurait pu être plus large si le délai d’obtention de l’autorisation de mise des médicaments sur le marché était moins long. Mais la situation ne semble pas s’arranger. Pour preuve, le taux moyen de progression des revenus du secteur a été de 3,9% en 2013 et 2014 contre plus de 7% durant les années précédentes.
Compte tenu de ces éléments, les analystes tablent sur une quasi-stagnation du chiffre d’affaires sectoriel. Il serait impacté principalement par la répercussion de la politique de baisse des prix des médicaments décidée par le gouvernement, portant sur 1578 en juin 2014. D’ailleurs, à fin septembre, les revenus auraient reculé de 4,7% pour le marché privé. Toutefois, le volume des ventes aurait progressé de 2,8%. En tout cas, cette stratégie gouvernementale devrait se poursuivre durant les années à venir puisqu’elle s’étend sur la période 2011-2016. L’objectif est d’aligner les prix des nouveaux produits pharmaceutiques mis sur le marché sur ceux des pays retenus comme benchmark, à savoir la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Ainsi, le prix qui serait fixé correspondrait au plus bas prix observé de ces pays. Pour le générique, le ministère aurait concédé des diminutions de prix plus importantes.

Le bénéfice de Promopharm devrait progresser de 12% en 2015

Dans ces conditions, BMCE Capital recommande les deux valeurs cotées du secteur à conserver dans les portefeuilles. Elle valorise Sothema à un cours cible de 1 262 DH, ce qui présente un potentiel de hausse de 0,4% seulement par rapport au cours du 10 février. L’opérateur devrait voir ses marges affectées par la baisse des prix de certains médicaments ; quoique son positionnement sur les pathologies lourdes devrait permettre d’en atténuer l’effet. En parallèle, la société devrait redresser ses parts de marché sur le segment de l’insuline et ce, même si la contribution aux revenus demeure faible, avec un niveau de marges plutôt bas.
Par ailleurs, l’activité de sa filiale sénégalaise West Afric Pharma reste confrontée à la concurrence des produits importés de l’Inde. En vue d’atténuer cet effet, Sothema aurait sollicité du gouvernement sénégalais l’instauration d’un système de quota qui tiendrait compte des investissements réalisés. Ce qui devrait permettre de sécuriser les écoulements des producteurs locaux.
Ainsi, la société de bourse prévoit la réalisation d’un chiffre d’affaires de 1,1 milliard de DH en 2014 et de 1,2 milliard de DH en 2015, en hausse respective de 1,5% et 4%. Les bénéfices, eux, devraient se situer à 89 MDH à fin 2014, en recul de 24,2% par rapport à 2013, avant de se redresser de 18,8%, à 105,7 MDH, à la clôture de l’exercice en cours.
De son côté, Promopharm devrait afficher des marges en recul à court terme vu son fort positionnement sur le segment des génériques, tout en demeurant à des niveaux confortables. Cela, dit, malgré cette situation, la société prévoit la poursuite de la montée en puissance de ses ventes sur le segment privé ainsi que sur la branche de la cosmétique. De plus, elle devrait augmenter le volume de ses exportations, et ce, en tirant profit de la notoriété de sa société mère Hikma à l’international. Ainsi, si le top management du laboratoire pharmaceutique entend réaliser à la fin de l’exercice 2014 le même niveau d’activité et de résultat qu’en 2013, ce n’est pas le cas de la société de bourse. En effet, elle table sur la réalisation par Promopharm d’un chiffre d’affaires de 471,6 MDH en 2014, en croissance de 5% par rapport à 2013, pour un résultat net de 47,3 MDH, en retrait de 7,2%. La situation devrait s’améliorer en 2015, puisque les revenus devraient s’inscrire en hausse de 5% à 495,2 MDH. Pour sa part, le bénéfice devrait enregistrer une progression de 12% à 53 MDH.