Bénéfices semestriels : la stabilité sauvée par les éléments exceptionnels

La croissance s’élève à  près de 11% à  fin juin 2009 grà¢ce à  la plus-value encaissée par Ona et SNI suite à  la cession d’une partie du capital de Wana.

Hors éléments exceptionnels, les bénéfices de la cote seraient en baisse de 3,5%.
Tous les secteurs affichent des performances mitigées, à  l’exception de l’immobilier.

Qu’on ne s’y trompe pas. La croissance bénéficiaire de 10,7%, à 17,8 milliards de DH, qu’affiche au titre du premier semestre 2009 l’ensemble des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, est exclusivement le fait d’éléments exceptionnels.
En fait, un événement bien précis justifie à lui seul cette progression inattendue : la cession par le groupe Ona et la SNI d’une partie de leurs participations dans l’opérateur téléphonique Wana. Cette opération a permis aux deux holdings de constater des plus-values substancielles (977 MDH rien que pour Ona) qui ont eu pour effet, in fine, de doper la progression de leurs résultats et, partant, le bénéfice dégagé par toute la cote casablancaise.
N’était-ce cette opération exceptionnelle, c’est une baisse du bénéfice global, de 3,5% précisément, qui aurait été constatée selon les estimations des analystes au titre du premier semestre 2009 en comparaison avec la même période de l’année passée.
Cette évolution ajustée est déjà plus conforme à la baisse de 3,7% du chiffre d’affaires global du marché, qui s’est établi à 113,8 milliards de DH, et à la modeste amélioration du résultat d’exploitation qui s’est hissé de 4,9%, à 25,6 milliards de DH.
A y voir de plus près, le bilan des réalisations des sociétés cotées pour ce 1er semestre 2009 est donc mitigé. «Décevant», noteront les analystes d’Attijari Intermédiation dans leur note d’analyse du mois de septembre. Pour leur part, les analystes de CFG marchés prennent les devants et annoncent déjà leur intention de réviser à la baisse leurs estimations de croissance de la masse bénéficiaire pour toute l’année 2009. Tout cela tombe mal, puisque la reprise du marché n’en sera pas encouragée, et il va sans dire qu’à court terme aussi les prochaines séances boursières demeureront peu dynamiques, comme le prévoient Attijari Intermédiation et CFG.
L’autre point à retenir de ce cru 2009 des résultats semestriels concerne les répercussions de la détérioration du contexte économique national et mondial sur l’activité de certaines sociétés. Immanquablement, les secteurs cycliques ont été les plus touchés, mais d’autres compartiments en ont pâti indirectement.
Par ordre de chiffre d’affaires généré, c’est d’abord le secteur bancaire coté qui est concerné.  Certes, cette division réussit une croissance bénéficiaire de 6,2% pour un profit de 4 milliards de DH. Mais elle marque aussi un ralentissement par rapport à ses rythmes de progression habituels. Vient ensuite le secteur des holdings qui, loin des bénéfices dopés d’Ona et de SNI, a bien vu son activité mise à mal, comme en témoigne la modeste croissance du chiffre d’affaires sectoriel (+1,8%). Le secteur des télécoms, représenté par IAM, affiche quant à lui des résultats semestriels en faible progression (+2,7% pour le bénéfice net), constituant ainsi les premières réalisations mitigées du compartiment depuis l’introduction en Bourse de l’opérateur historique en 2004.
Pour les secteurs directement impactés par la crise internationale, les retombées négatives ont été plus visibles. Il y a d’abord l’énergie qui, avec la petite santé du raffineur Samir, a vu son résultat d’exploitation se déprécier de 63,1% pour au final faire reculer le bénéfice agrégé de 55,2%, à 223,7 MDH. Il y a aussi le retrait subi par le secteur du bâtiment et des matériaux de construction, enfoncé essentiellement par la contre-performance aggravée de Sonasid (-82,5% de résultat net), en proie au recul du marché mondial de l’acier.
De manière moins prononcée, et avec relativement moins d’impact sur la cote casablancaise, les secteurs de l’agroalimentaire, de la distribution, des sociétés de financement, des assurances et et de la chimie ont également vu leur capacité bénéficiaire régresser.
Cela dit, en dépit de la mauvaise orientation des indicateurs de ces secteurs, des exceptions heureuses sont à signaler. Il s’agit par exemple de Label’Vie pour les distributeurs,de Wafa Assurance pour le secteur des assurances ou encore de Colorado pour la chimie.  
A l’inverse des secteurs affichant une baisse, l’immobilier, les mines et l’informatique se sont démarqués en réalisant des progressions honorables. L’immobilier, spécifiquement, affiche une croissance exceptionnelle avec d’abord un chiffre d’affaires en hausse de 127%, à 4,2 milliards de DH, et un bénéfice net en accroissement de 76%, à 916,5 MDH. Cette excellente tenue est à lier aux commercialisations opérées sur la période par tous les promoteurs sans exception.
S’agissant des mines, hormis Managem qui doit encore améliorer ses indicateurs, les autres sociétés du secteur ont enregistré une forte progression des bénéfices.
Enfin, pour le secteur informatique, la croissance bénéficiaire ressort à 18,5% sous l’effet du redressement des résultats de HPS et de l’augmentation honorable des bénéfices de Matel qui ont compensé la stagnation enregistrée par les autres sociétés.

Pour plus de détails, consultez les résultats semestriels des différents secteurs cotés en 2009