Bénéfice en hausse de 6% malgré le tassement des ventes de ciment

Au terme du premier semestre 2009, les résultats du cimentier coté à la Bourse de Casablanca, Holcim, ont connu une progression modérée par rapport à la même période de 2008. Le chiffre d’affaires consolidé s’est accrû de 12%, passant à 1 874 MDH. Cette amélioration s’explique principalement par une augmentation des ventes des trois segments : ciment, granulat et béton, alors que dans le même temps, le marché s’est contenté d’une croissance de 1% et même d’une stagnation en considérant le volume annuel lissé. Les bonnes performances sont d’autant plus probantes pour le ciment et le granulat. Les ventes du premier marquent en effet une progression de 2,1%, à plus de 1,9 milion de  tonnes.  Quant au second, ses ventes ont été portées à 459 000 tonnes à fin juin 2009 alors qu’elles atteingnaient 396 000 tonnes 12 mois auparavant. Pour ce qui est du béton, enfin, la progression des ventes est de 4,3%, à 292 000 m2, ce qui reste toutefois inférieur au niveau budgeté.
En ligne directe, le résultat d’exploitation s’est élevé à 629 MDH, marquant une hausse de 12% par rapport à juin 2008, sachant que les charges opérationnelles ont augmenté du même ordre. Dans ce registre, il faut noter par ailleurs que le groupe a réalisé une bonne maîtrise de ses coûts fixes. Il a également bien corrélé la gestion des gros entretiens de l’outil de production à la baisse des volumes en début d’année. Au final, le résultat net ressort en hausse de 6% pour atteindre 412 MDH au 30 juin dernier.
Quoique moyennes, les réalisations du groupe Holcim tranchent nettement avec les déconvenues de sa maison mère, Holcim Ltd, à l’échelle mondiale, notamment dans les pays d’Amérique du Sud et d’Europe, à cause de la crise économique mondiale. Ces résultats ont par ailleurs ranimé le cours du titre Holcim le temps de quelques séances. En effet, au cours du mois de septembre, l’action a pris 2,16% pour atteindre 1 890 DH. Mais depuis quelques séances, elle semble avoir renoué avec la baisse puisqu’elle a chuté à 1 860 DH le 5 octobre.
Qu’en est-il des perspectives du groupe ?
Pour sûr, son avenir ne sera pas de tout repos. D’abord, dans l’immédiat, en raison d’une prévision d’évolution défavorable de -1% pour l’ensemble du secteur cimentier en 2009, pronostic émis par le management de Holcim Maroc lui-même. Mais aussi, à plus long terme, puisqu’une baisse sensible du marché est attendue en 2010 en lien avec une forte diminution des mises en chantier en 2009 dans le secteur du logement. Le retournement de tendance devrait être particulièrement senti pour le béton prêt à l’emploi puisque la décroissance attendue en 2010 succédera à plusieurs années de croissance ininterrompue. Face à ces perspectives de ralentissement d’activité, le groupe érige en priorité absolue la baisse de ses coûts.