Belle prestation des OPCVM depuis le début de l’année

Toutes les catégories de fonds affichent des performances appréciables. La baisse des taux d’intérêt et les bons résultats des sociétés cotées boostent les réalisations. La surliquidité du marché promet une poursuite de la tendance.

Le placement dans les fonds de gestion collective rapporte bien depuis le début de l’année. Qu’ils soient investis dans les titres de capital ou de créance, les 409 OPCVM de la place affichent en effet de bonnes performances, du moins ceux appartenant aux principales catégories. Au 15 avril (dernières statistiques disponibles à l’heure où nous mettions sous presse), l’indice de performance, tel que calculé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), était en progression de 5,64% pour les fonds actions, de 3,82% pour les fonds diversifiés et de 3,78% pour les OPCVM obligations moyen et long terme. Les instruments investis dans les obligations court terme ne déméritaient pas avec une hausse de leur indice de 1,25%, un niveau intéressant vu la nature des titres. Idem pour les fonds monétaires dont la performance moyenne s’établit à 0,81%.

Pour les OPCVM actions, au nombre de 88 et dont l’actif sous gestion atteint plus de 21 milliards de DH, la performance moyenne (5,64%) est certes légèrement inférieure par rapport à celle du Masi qui affichait le 15 avril une hausse de 6,89%. Mais cette dernière est quelque part «boostée» par la forte augmentation des cours de certaines valeurs auxquels les fonds actions sont exposés à des degrés variés. Notons aussi que chaque OPCVM dispose de sa propre stratégie de placement (risque, objectif de performance et horizon de placement…) et de son propre benchmark, ce qui fait que les gains peuvent être décalés par rapport à ceux de l’indice global du marché ou ceux des autres OPCVM.

En tout cas, les réalisations sont globalement positives et varient dans une fourchette très large. Plusieurs fonds ont même dépassé le marché boursier ou la performance moyenne des OPCVM actions. On trouve par exemple une hausse de la valeur liquidative de plus de 13% pour un fonds géré par CFG Gestion, une autre de 11,4% pour un instrument géré par BMCE Capital Gestion, une progression de 10,6% chez Upline Securities, de 10,3% chez BMCI Asset Management ou de 7,77% chez Wafa Gestion. Toutes ces bonnes performances ont été réalisées dans un contexte favorable marqué par une hausse généralisée des cours des valeurs suite à la publication par les sociétés cotées de résultats 2015 en redressement et l’annonce de la distribution d’un dividende global de plus de 20 milliards de DH. Certes, la liquidité du marché fait toujours défaut, ce qui complique un peu la mise en œuvre des stratégies des différents gestionnaires. Il y a aussi un manque de visibilité persistant quant à l’évolution future des cours. Mais si le redressement des fondamentaux des sociétés cotées se confirme à l’issue du premier semestre 2016, les conditions seront favorables pour que les fonds actions clôturent l’année avec de belles plus-values.

Le contexte était tout aussi favorable pour les OPCVM obligataires, surtout ceux à maturité moyenne et longue (147 instruments).

Déjà plus de 6% de hausse pour certains fonds obligations moyen et long terme

La performance moyenne de 3,78% cache des variations plus vigoureuses à l’instar des 6,9% réalisés par BMCE Capital Gestion sur son fonds Global Macro, des 6,34% de Kenz Obligations géré par Upline, des 4,64% de CDG Rendement ou des 4,51% de AFG Income Fund (Sogécapital Gestion). Elle reflète la poursuite de la baisse des taux des bons du Trésor dont l’impact est favorable sur les portefeuilles obligataires (plus les taux baissent, plus les anciens titres sont mieux valorisés). En effet, depuis le début de l’année, les taux des bons du Trésor sur le marché des adjudications ont sensiblement baissé, et ce, sur toutes les maturités. Les titres à 13 semaines affichent un recul de 61 points de base (pb), ceux à 52 semaines 57 pb, les bons à 2 ans 64 pb, à 5 ans 29 pb, à 10 ans 43 pb, à 15 ans 35 pb, et à 20 ans 32 pb. Une baisse qui prolonge la tendance observée depuis 2014 et qui résulte de l’amélioration des finances publiques (baisse des charges de compensation essentiellement) qui permet au Trésor de limiter drastiquement son recours au marché de la dette. Elle résulte aussi de la surliquidité des investisseurs suite à la reconstitution des réserves de change (réduction du déficit de la balance commerciale), au remboursement des bons arrivés à échéance et aux nouvelles souscriptions. En effet, depuis le début de l’année, le Trésor ne s’est quasiment endetté qu’à hauteur des remboursements qu’il doit effectuer. Il a levé en tout 24,78 milliards de DH contre une demande des investisseurs de plus de 200 milliards de DH, soit un taux de satisfaction d’à peine 12%.

Pour le reste de l’année, les interventions du Trésor devraient rester limitées compte tenu de la poursuite du redressement des finances publiques. De même, la résorption du déficit de liquidité devrait se poursuivre et le marché pourrait même devenir excédentaire, ce qui augmentera davantage l’offre de cash. Ceci devrait permettre à la tendance baissière des taux des bons du Trésor de se poursuivre, toutefois à un rythme moins soutenu vu les niveaux atteints actuellement. Quoi qu’il en soit, les OPCVM obligations moyen et long terme devraient rester sur des niveaux de performance intéressants sur les prochains mois.

Le segment monétaire se maintient

Les fonds obligations court terme évoluent dans la même conjoncture favorable, mais réalisent naturellement des gains moins importants en raison des rendements bas et des maturités courtes des titres qui les composent. Avec une performance depuis le début de l’année de 1,25%, ils sont appelés à tenir leurs promesses vis-à-vis des investisseurs, sachant que plusieurs instruments affichent des hausses appréciables. En effet, certains OPCVM de CDG Capital Gestion et de Valoris Management dépassent le 1,40% de performance, et Sogécapital Gestion fait sur deux de ses fonds plus de 1,37%. En fait, quasiment la moitié des 40 fonds OPCVM court terme dépasse la performance moyenne de la catégorie.

Enfin, les fonds monétaires, au nombre de 55, dégagent en moyenne une performance de 0,81%. Soit légèrement mieux que la hausse enregistrée à la même période de l’année dernière. Malgré la baisse des taux monétaires, notamment suite aux abaissements successifs du taux directeur et à la résorption du déficit de liquidité sur le marché interbancaire, ce segment demeure attractif et draine le deuxième plus important actif net sur le marché de la gestion collective derrière les fonds obligations moyen et long terme. Réputés sans risques, les OPCVM monétaires, avec le récent abaissement du principal taux de Bank Al-Maghrib et la probabilité d’une deuxième révision à la baisse, risque de rapporter légèrement moins qu’en 2015. Mais il n’en demeure pas moins que certains fonds se distinguent déjà avec des performances supérieures à 1%, réalisées notamment par CDG Capital, CFG Gestion, BMCE Capital Gestion, Upline Securities et Valoris Management.

Malgré les bonnes performances réalisées par les différentes catégories d’OPCVM, le nombre d’investisseurs dans ces instruments est en baisse continue. Depuis le début de l’année, il a franchi à la baisse la barre des 18 000 porteurs de parts d’OPCVM, pour s’établir à 17 943 le 15 avril contre 18 006 à fin 2015. A la même période de l’année dernière, ils étaient 18606 investisseurs. Plus de 660 personnes ont donc abandonné le marché, dont une majorité de personnes physiques marocaines (557), vraisemblablement en raison du manque de confiance qui règne depuis l’entame de la dégringolade du marché boursier. Les personnes physiques étrangères sont aussi peu nombreuses avec 89 investisseurs en moins sur une année. Idem pour les personnes morales étrangères (39 investisseurs de moins). Finalement, seules les personnes morales marocaines se renforcent sur le marché avec 22 investisseurs supplémentaires. Notons que le gros des porteurs de parts se positionne sur les obligations moyen et long terme avec 7 630 investisseurs dont une majorité de personnes physiques. La deuxième catégorie qui attire des épargnants est celle des OPCVM monétaires (4 550), suivie des fonds obligations court terme (2 451) et des fonds actions (2 039). Le reste est réparti entre les instruments diversifiés (990) et contractuels (226).

Au 15 avril, le marché de la gestion collective comptait 409 OPCVM abritant un actif sous gestion de 366,6 milliards de DH. Soit 12 fonds de plus qu’il y a un an et un actif en hausse de 11% depuis le début de l’année. Plus de la moitié de l’argent est investi dans les OPCVM obligations moyen et long terme (56% de l’actif net), soit plus de 206 milliards de DH. 20% sont misés sur les fonds monétaires (74 milliards), 13% sur les instruments obligataires court terme (48 milliards) et seulement 5,7% et 4% respectivement sur les fonds actions et diversifiés (21 et 15 milliards de DH).