Banque en ligne : l’offre se développe de plus en plus

Consultation de comptes, virements, suivi des opérations, demande de chéquier… L’ensemble des portails proposent ces services. La bourse en ligne n’est accessible qu’auprès des grandes banques de la place. La confidentialité des informations personnelles est assurée par l’ensemble des banques.

L’utilisation d’internet est devenue plus que jamais une nécessité.  Faute de temps essentiellement, les Marocains se dirigent de plus en plus vers cet outil pour effectuer leurs achats et démarches administratives. Les statistiques du e-commerce le prouvent. Cette démocratisation est telle que même les banques ont misé sur le web en développant des services en ligne. Le but étant de faciliter l’ensemble des opérations bancaires aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Parce que, il faut le dire, se rendre à son agence bancaire et traiter directement avec son conseiller est une perte de temps qu’un client peut éviter en adhérant à la banque à distance.

Si certaines banques se limitaient, il y a quelques années, à la seule consultation de compte sur internet, la plupart proposent aujourd’hui une gamme complète de prestations bancaires. Seule une banque de la place, à savoir le Crédit Agricole du Maroc, n’a pas encore développé un service de banque en ligne. «Consciente de l’importance du web et du changement des habitudes de consommation des Marocains, notre banque essaye continuellement d’améliorer la qualité de ses services et de se démarquer de ses consœurs», explique un banquier de la place.

De plus, une opération en ligne permet une économie de coût non négligeable. A titre d’exemple, «un virement par internet coûte 50% moins cher au client qu’un virement classique», affirme-t-on auprès de la Société Générale.

Preuve du succès de ce canal de prestations, cette banque totalise plus de 200 000 abonnés actuellement contre à peine 50 000 en 2009. Chez la Banque Populaire, on compte plus de 340 000 clients qui utilisent Chaabinet.

Cela va sans dire que les banques ont également un avantage à tirer de la mise en place de la banque en ligne. A la BCP, on précise que le portail a permis non seulement l’optimisation des charges d’exploitation suite à la dématérialisation des transactions, mais aussi une économie d’échelle induite par la mutualisation des plateformes de distribution. En somme, la banque économise plus de 24 MDH au titre de l’envoi des courriers papiers aux clients.

De toute façon, après que la BCP à travers Chaabinet  et Attjariwafa bank via Attijarinet aient été les pionnières en la matière, les autres banques ont suivi et proposent ainsi des prestations similaires, à savoir la consultation des comptes chèques et des comptes d’épargne, les virements, que cela soit d’un compte à un autre ou au profit d’un tiers. Cette dernière opération requiert toutefois l’envoi d’une lettre à la banque, incluant le nom du bénéficiaire ou, le cas échéant, une liste de bénéficiaires pour pouvoir effectuer ce type d’opérations.
Les portails des banques permettent aussi de suivre les opérations de règlement ou de remise de chèques ou effets ainsi que celles relatives aux virements. Par ailleurs, il est possible de commander son chéquier, de demander le renouvellement de sa carte bancaire, ou encore de recharger les cartes de retrait ou de transfert. Parallèlement, l’internaute a la possibilité d’effectuer des oppositions sur chèques, chéquiers ou sur carte bancaire, de modifier son mot de passe et d’éditer son RIB. S’ajoute à cela la possibilité de consulter les cours de devises et les taux de base bancaires débiteurs et créditeurs comme c’est le cas chez le CIH via sa plateforme CIH online.

Il est conseillé de prôner la vigilance malgré le haut niveau de sécurité des sites

La majorité des plateformes en ligne permettent de procéder à des simulations de crédits à la consommation ou immobiliers. Attijariwafa bank, à travers son portail Attijarinet, inclut en plus de l’ensemble des opérations précitées, la possibilité d’accéder à tout type de produit commercialisé par la banque, à savoir les contrats d’assurance vie et d’épargne retraite ainsi que les packs bancaires contractés.

Par ailleurs, les banques ont intégré le concept «Bourse en ligne» au sein de leurs plateformes. Sauf que le service change d’un établissement à l’autre. En effet, au moment où Crédit du Maroc, à travers CDMnet, permet seulement d’accéder au marché boursier en temps réel, de passer des ordres de bourse et de consulter le compte titres, les autres banques, à savoir BMCI via BMCInet, BMCE Bank à travers BMCEdirect, Chaabinet et Attijarinet permettent de connaître la situation du portefeuille titres et espèces d’une manière instantanée, ce qui permet de le valoriser et calculer la plus ou moins-value potentielle et réalisée. Dans tous les cas, la traçabilité des transactions boursières est assurée à travers un historique sur un certain nombre de mois qui varie d’une banque à l’autre. Dans le même sillage, le client peut recevoir l’avis d’opéré et disposer de son relevé titres et espèces. Cela dit, ce service de bourse en ligne est encore peu utilisé puisque, à titre d’exemple, la BCP compte à peine 1 700 clients.

En outre, Attijarinet offre également un service relatif à l’investissement en OPCVM. Les clients peuvent, en plus de la consultation des valeurs liquidatives, souscrire ou racheter des parts d’OPCVM. Notons que la BMCI et CDM réservent également une partie de leurs plateformes à la gestion collective, mais se limitent au simple service de consultation des valeurs liquidatives des OPCVM commercialisés par la banque.

Cependant, le portail du CDM se distingue des autres par le fait qu’il réserve une rubrique pour les entreprises, dédiée à la gestion des opérations internationales du crédit documentaire.
Par ailleurs, le site web de la Société Générale offre une multitude de services mais n’a toujours pas intégré l’option de la bourse en ligne, au même titre que le CIH qui permet d’avoir l’ensemble des informations financières relatives au marché boursier mais sans pour autant offrir la possibilité de passer des transactions ou souscrire à des fonds de gestion collective.

Si Internet s’est démocratisé au point d’être utilisé dans la relation bancaire, il n’empêche qu’une bonne partie des Marocains redoute encore cet outil, craignant une fuite en cas de bug ou de mauvaise gestion informatique. Les banquiers assurent qu’il n’y a pas de souci à se faire en la matière. D’ailleurs, «les dispositifs de sécurité mis en place répondent aux normes internationales», confirme un banquier.

En tout cas, une fois que le client a accédé au site, la mention «https» doit figurer dans l’adresse URL du portail. Il est ainsi vivement conseillé de faire attention à cette mention, car ce type de sites demeure dans le viseur des pirates informatiques. Les banques ne manquent pas de le signaler à leurs abonnés, comme c’est le cas d’Attijariwafa bank et de BMCE Bank qui ont récemment fait l’objet d’une attaque sur leur site de banque en ligne. En effet, des pirates ont pu accéder à la base de clients et envoyer des courriels leur demandant de s’identifier en cliquant sur un lien comportant l’adresse de la banque. Pour prévenir leurs clients, ces deux banques ont précisé sur leurs plateformes de ne répondre à aucune demande d’identification reçue par courriel et de ne cliquer sur aucun lien comportant l’adresse de la banque. En tout cas, le contrat d’abonnement à un site de banque en ligne dispose d’une clause spécifique en matière de protection des données.