Banque en ligne : les opérations que vous pouvez réaliser

Virements, oppositions sur carte et sur chèque, suivi des impayés, consultation des crédits et des contrats d’épargne, opérations de Bourse…, les services bancaires par Internet se développent.
Certaines banques n’offrent toujours que la consultation de comptes.
Le service reste peu coûteux.

Passer à sa banque pour consulter son compte ou effectuer des opérations bancaires devient de moins en moins pratique aujourd’hui, surtout quand le client, salarié notamment, ne dispose pas d’une grande flexibilité dans ses horaires ou n’est pas proche de son agence. Même si c’est le cas, l’afflux des clients sur les guichets des agences et l’encombrement qui en résulte se traduit par des dizaines de minutes d’attente rien que pour pouvoir parler à son banquier.
Conscientes de ces contraintes que vivent leurs clients, les banques marocaines ont toutes mis en place depuis des années déjà ce qu’on appelle «la banque à distance», concept généralement matérialisé à travers les sites de banques en ligne. «Attijari Net», «Chaabi Net», «SGMaroc-online», «CIH Net»…, les offres sont multiples, présentent similitudes et particularités, et sont constamment améliorées par les établissements bancaires. «Cela fait exactement 10 ans que notre banque propose un service par Internet. Notre objectif était d’anticiper les attentes de nos clients en matière de services de banque à distance, tout en leur offrant qualité, fiabilité, confort et sécurité. C’est pourquoi nos services sont régulièrement améliorés en fonction de l’évolution des technologies, de l’équipement des internautes et des souhaits des abonnés», indique-t-on auprès de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI) dont le quart des clients particuliers dispose d’un abonnement de banque en ligne.
Accéder à son compte par un simple clic est donc possible et la clientèle des particuliers y prend goût. Un autre organisme de la place le confirme. «Ce sont aujourd’hui plus de 50 000 clients qui sont abonnés à notre service de banque en ligne, avec une utilisation assidue», affirme-t-on à la Société Générale.
Cela dit, d’une banque à l’autre, la situation change. «Si des établissements sont très avancés en matière de banque par Internet, en proposant des services à valeur ajoutée pour le client tels que les virements ou les opérations boursières, d’autres n’offrent toujours que des fonctionnalités de consultation», précise un ingénieur informatique au sein d’une société de conception de sites transactionnels.

Aperçu sur tous vos produits bancaires et contrats dans certains sites
En effet, un tour des sites de banque en ligne de la place permet de constater que ce service est plus développé chez certains établissements que d’autres. Pour faire simple, on peut distinguer deux catégories de sites : ceux permettant uniquement de consulter les comptes et d’adresser certaines demandes (notamment les demandes de chéquiers) et ceux offrant en plus de ces services la possibilité d’effectuer des opérations.
Crédit du Maroc et BMCE Bank, par exemple, sont toujours dans la configuration de consultation de comptes seulement. La première banque, via son portail CDM Net, ne permet en effet que de visualiser la situation des comptes sur chèque, comptes d’épargne et dépôts à terme, avec la possibilité d’accéder à l’historique des opérations. Le site permet également d’avoir un aperçu sur les prêts contractés et sur la situation  du portefeuille titres, mais sans avoir la possibilité de passer un ordre. Cela dit, CDM Net se différencie, à côté du site de la Société Générale, en intégrant un volet permettant de voir l’encours des effets à encaisser et à payer, mais il faut dire que ce service s’adresse plutôt à la clientèle des professionnels et des entreprises.
Sur BMCE Net, on retrouve les mêmes fonctionnalités qu’au Crédit du Maroc (hors effets de commerce), avec des plus permettant de consulter distinctement les opérations effectuées par carte bancaire et de demander un chéquier.
Pour ce qui est des sites bancaires dits transactionnels, commençons d’abord par celui du CIH. Assez simple, il se différencie tout juste des portails précités par la possibilité d’effectuer des virements, soit d’un compte à un autre du même client, soit en faveur d’un autre bénéficiaire. Le service est certes à forte valeur ajoutée, mais le site n’assure pas une multitude de fonctions que ceux d’autres banques intègrent.

Des portails intègrent de véritables plateformes boursières
Sur BMCI Net, par exemple, en plus des onglets de consultation de comptes, de demande de chéquier et de virement de fonds, on retrouve toute une partie dédiée aux opérations boursières. Cours des devises, cotation des actions à la Bourse de Casablanca, valeurs liquidatives des OPCVM commercialisés par la banque, toutes les informations relatives aux placements financiers sont disponibles dans cette partie. Le portefeuille titres détaillé du client  est consultable avec l’historique des transactions, en plus de la possibilité de passer des ordres d’achat et de vente d’actions, d’effectuer des souscriptions et des rachats d’OPCVM, de suivre les ordres en cours d’exécution et de les annuler en cas de nécessité.
Le site de banque en ligne de la Société Générale est aussi performant, mais n’inclut pas le volet transactions boursières. Par contre, il permet d’effectuer des demandes de cartes bancaires, de faire des oppositions sur cartes et sur chèques, ainsi que de recharger les cartes de transfert et de retrait que la banque commercialise (cartes Banky, Ahly…).
Reste les portails d’Attijariwafa bank et de la Banque Populaire, jugés par les observateurs comme les plus riches en fonctionnalités et les plus complets.
Le site du premier établissement, Attijarinet, inclut en effet en plus de la consultation des comptes chèque, d’épargne et des crédits en cours, la possibilité d’accéder à tous les produits bancaires et les contrats du client, notamment les contrats d’assurance-vie et d’épargne-retraite ainsi que les packs bancaires contractés. Le service en ligne de la banque permet également de voir les opérations en cours d’exécution (remises et règlements), de faire des oppositions sur carte, de demander des chéquiers et d’avoir un aperçu sur les valeurs impayées. Et en plus des opérations de virement, le portail d’Attijariwafa bank  offre une plateforme boursière plus développée, avec accès au carnet d’ordre et aux OPCVM commercialisés par la banque, statistiques  du portefeuille et relevés des transactions effectués et en cours aidant.
Quant à Chaabi Net, site de la banque au cheval, il permet d’accéder à toutes les fonctionnalités précitées pour Attijariwafa bank, en plus de la possibilité de consulter les opérations effectuées par carte distinctement des opérations de guichet ainsi que de faire des réclamations à la banque en cas de problème et d’en faire le suivi.

Lire attentivement le contrat d’abonnement
et conserver les documents imprimés est fortement conseillé
Les services de banque en ligne font l’objet d’un abonnement spécifique donnant lieu à la signature d’un contrat autre que celui de l’ouverture d’un compte chèque ou titres. Son coût est peu élevé chez la majorité des banques. Il est par exemple de 20 DH hors taxe par mois pour les particuliers et de 50 DH pour les entreprises chez la Société Générale. Cela dit, les intéressés peuvent  y accéder gratuitement chez certains établissements, notamment à la BMCI, dans le cadre des différents packages proposés (Présence Plus par exemple).
Par ailleurs, il est fortement recommandé de lire attentivement la convention d’abonnement car elle permet de renseigner le client sur les services inclus dans le contrat, la durée de l’abonnement, les engagements de confidentialité, ce qu’il faut faire en cas de perte ou de vol de l’un des éléments d’identification que la banque lui communique et le prix de facturation du service. De plus, il est conseillé aux utilisateurs de la banque en ligne, surtout ceux qui sont abonnés aux sites permettant d’effectuer des transactions, d’imprimer et de conserver tous les avis d’opérations et les relevés de compte afin de disposer de preuves en cas d’erreur ou d’oubli de la part de la banque.