Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à  3%

Malgré la hausse du SMIG et la décompensation des produits pétroliers, aucune pression n’est exercée sur les prix. Le gouverneur de BAM prône la vigilance quant à  l’évolution du prix du pétrole.
Une nouvelle LPL est en cours de négociation d’un montant inférieur à  celle obtenue précédemment.

Bank Al-Maghrib a encore une fois maintenu son taux directeur au même niveau, soit à 3%, suite à la tenue de son conseil de politique monétaire le 17 juin. Cette décision tient compte des récentes mesures prises par le gouvernement d’augmenter le Smig et le salaire minimum dans la fonction publique et de supprimer les subventions de certains produits pétroliers. Ces mesures laissaient penser que le niveau des prix allait suivre une tendance haussière.

Ce n’est finalement pas le cas puisque la Banque centrale table sur un taux d’inflation de 0,9% en 2014. L’inflation devrait par la suite s’orienter légèrement à la hausse tout en restant en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. Elle est prévue à 1,5% au terme de l’horizon de projection de BAM, soit au 3e trimestre 2015.

Il faut dire aussi que le maintien du statu quo est justifié par un contexte d’amélioration de la conjoncture économique nationale et d’absence de pressions inflationnistes externes. Au niveau national, la croissance s’est établie à 4,4% en 2013, tirée par la progression de 19% de la valeur ajoutée agricole qui a compensé la décélération du PIB non agricole (2,3% contre 4,4% en 2012). En 2014, la Banque centrale table sur un taux de croissance entre 2,5% et 3% consécutivement à l’amélioration du rythme de progression des activités non agricoles de 4% et d’un fléchissement du secteur agricole.

Cependant, les comptes extérieurs se sont légèrement dégradés. En cause, une hausse de 3,6% des importations, un recul de 1,6% des transferts des MRE et une chute de 18% des flux nets des investissements directs étrangers. Cela a été toutefois partiellement compensé par la progression des exportations de 5,2%. Dans ces conditions et en tenant compte de l’émission obligataire de l’OCP de 1,55 milliard de dollars et de la récente sortie du Trésor sur le marché international, les réserves de change se situent à 164,2 milliards de DH, soit l’équivalent de 4 mois et 19 jours d’importations.

Pour sa part, la situation monétaire s’améliore tout en ne générant aucune inflation. En effet, l’indicateur M3 s’est accru de 3,2% au premier trimestre contre 2,8% en 2013. En face, les crédits bancaires ont augmenté de 4,4% et devraient finir l’année à un taux de progression de 4,5% contre 3,5% en 2013. Dans ce cadre, BAM continue de jouer son rôle de seul pourvoyeur de liquidités aux banques. M. Jouahri assure que le déficit de liquidité s’allège progressivement, comme l’attestent les avances de la banque qui ont baissé de 16 milliards de DH

La situation globale tend donc à s’améliorer. Ce qui n’empêche pas le gouverneur de BAM de rester vigilant quant à l’évolution des réserves de change suite à la hausse continue du prix du pétrole qui a franchi la barre de 113 dollars le baril alors que la Loi de finances 2014 a prévu un prix moyen de 105 dollars. Rien d’alarmant, rassure M.Jouahri, puisque les institutions internationales maintiennent toujours leurs prévisions à l’heure actuelle. Mais pour éviter tout choc exogène, le Maroc est en train de négocier la reconduction de la ligne de précaution de liquidité (LPL) auprès du FMI qui devrait arriver à échéance en août. Elle devrait porter sur un montant inférieur à celui obtenu précédemment.