Assurance auto : jusqu’à  30% de différence de prix sur le marché

Pour un véhicule de 200 000 DH diesel de 7 chevaux, la prime nette peut aller de 4 970 DH à  7 156 DH. Le taux de sinistralité et la politique commerciale de chaque compagnie sont à  l’origine de ce différentiel.

Le coût d’une multitude de services financiers ne varie pas sensiblement en passant d’un étabissement à un autre. Tel est le cas par exemple du crédit bancaire, de l’ouverture de compte et des opérations de bourse. Du coup, le choix du client est souvent orienté par la qualité et l’étendue des prestations. Néanmoins, il existe des services dont les prix diffèrent de manière significative sur le marché. C’est le moins que l’on puisse dire de l’assurance automobile. En effet, chaque compagnie d’assurance propose des tarifs différents pour à peu près les mêmes couvertures et les mêmes conditions. Du coup, avant d’assurer son véhicule, il est utile de faire le tour des compagnies de la place afin de comparer les tarifs. Sans oublier d’étudier les prestations proposées, car les compagnies ne couvrent pas tous les risques de la même manière.

Prenons l’exemple d’une voiture de 200 000 DH, acquise neuve, avec une puissance fiscale de 7 chevaux et un moteur diesel. L’acquéreur, dont le permis de conduire date de 3 ans, souhaite contracter une assurance comprenant les couvertures de base (responsabilité civile, défense et recours, personnes transportées) ainsi que des garanties optionnelles comme le vol, l’incendie, le bris de glace et la «dommages et collision» avec une franchise de 5% (quotité que l’assuré devra supporter en cas de sinistre même s’il est couvert) et un plafond d’indemnisation de 40 000 DH.

Les devis obtenus auprès des plus importantes compagnies d’assurance de la place, à savoir Wafa assurance, RMA Watanya, CNIA Saâda, Axa Assurance, Atlanta et Zurich, font apparaître des différences de prix non négligeables. Ainsi, au moment où CNIA Saâda applique un tarif de 7 156,62 DH, Wafa assurance, elle, facture une prime de 6 478,24 DH. En revanche, Atlanta exige 6 352 DH contre 5 365,60 DH pour Zurich. Axa Assurance et RMA Watanya, quant à elles, proposent ce type d’assurance à 4 974,60 DH et 5 020,61 DH respectivement. Les prix peuvent donc varier de 30%, voire plus, entre les compagnies consultées.
Cela dit, il faut le préciser, les contrats de ces différentes compagnies, même s’ils couvrent les mêmes risques, ne sont pas totalement uniformes. Autrement dit, toutes les compagnies d’assurance ne retiennent pas forcément les mêmes critères de tarification.

La prime de la responsabilité civile est la même chez toutes les compagnies

Il faut savoir tout d’abord que, de toutes les garanties que doit contracter un conducteur, la responsabilité civile est obligatoire. Elle couvre les dommages corporels et matériels causés en cas d’accidents aux tiers. Les assureurs n’ont pas une marge de manœuvre pour fixer le tarif de cette garantie puisqu’il est réglementé. Toutefois, son coût dépend du type d’usage du véhicule (à vocation touristique, commerciale…), du combustible utilisé (diesel ou essence) et de la puissance fiscale. Au cas où le véhicule est destiné au transport public, le critère du tonnage s’ajoute également pour déterminer le prix. Dans notre exemple, la RC est facturée 2 429 DH.

Il y a lieu de préciser que le montant de cette garantie ne reste pas figé pendant toutes les années de détention du véhicule. Son tarif dépend d’un coefficient appelé «Coefficient de réduction-majoration», qui lui-même dépend du nombre et de la nature des accidents causés par l’assuré. Ainsi, et toujours d’une manière réglementaire, une réduction de 10% est appliquée sur le tarif de la RC après deux ans si le propriétaire du véhicule n’a fait aucun accident pendant cette période.
Notons que cette réduction a un caractère permanent. Autrement dit, l’assuré bénéficiera toujours de 10% de réduction sur sa prime RC après l’écoulement de deux années sans accident. En revanche, une majoration de 20% est appliquée au cas où l’assuré cause des dommages matériels aux tiers lors d’un accident. Cette majoration passe à 30% si le conducteur est à l’origine de dommages corporels aux tiers. Si, après une année, le conducteur ne cause aucun accident, sa prime RC revient à son niveau normal mais il perd son bonus de 10%.

Cela dit, si le coût de la RC est le même chez toutes les compagnies, celui des garanties optionnelles diffère sensiblement. Parmi les facteurs qui expliquent ces différences, on peut retenir le taux de franchise et le plafond d’indemnisation qui ne sont pas uniformes. Dans notre exemple, la garantie dommages et collision, dont la franchise est de 5%, est assortie d’un minimum de 500 DH chez Axa et CNIA, au moment où chez Zurich le montant à supporter est de 500 DH sans franchise. Pour le vol, Zurich applique une franchise de 6 000 DH tandis qu’aucune franchise n’est appliquée à la garantie bris de glace. Idem pour la CNIA qui n’exige pas de franchise pour cette dernière couverture.
Par ailleurs, dans la majorité des compagnies d’assurance, la garantie défense et recours, qui consiste à prendre en charge les frais de justice de l’assuré en cas de procès, est offerte. Sauf que le capital assuré diffère d’un assureur à un autre. Il est de 10 000 DH chez la CNIA, de 7 500 DH chez Axa assurance et de 5 000 DH auprès de Zurich. Le plafond de couverture des personnes transportées varie également. La valeur fixée chez Axa assurance et la CNIA est de 20 000 DH pour le décès et l’IPP au moment où elle est de 10 000 DH chez Zurich. Cela dit, au-delà de ces petites différences, la tarification de ces garanties dépend surtout du taux de sinistralité de chaque compagnie, du niveau de  rentabilité de ses contrats mais également de sa politique commerciale.

Les fins d’année plus propices à la souscription

Le principal critère selon les professionnels est celui du taux de sinistralité, exprimé par le rapport entre les charges des sinistres et les primes acquises. Plus ce taux est élevé, moins le contrat est rentable et plus l’assureur appliquera une prime élevée pour maintenir sa marge. Un responsable dans une compagnie d’assurance de la place explique : «Le coût d’un sinistre détermine le niveau de rentabilité d’un contrat d’assurance. Par exemple, sur les 300 000 contrats d’assurance automobile que possède notre compagnie, 50 000 disposent de la garantie vol. Le taux de sinistralité sur ce type de garantie est de 30% actuellement. Elle demeure donc rentable. Si le taux dépasse ce niveau, la compagnie sera obligée de relever le tarif de la garantie ou éventuellement exclure les cas fortuits pour ainsi pouvoir préserver sa marge».
La politique commerciale qu’adoptent les compagnies d’assurance explique également ces divergences de tarifs. Si certaines d’entre elles «bradent» leurs prix dans le but de recruter de nouveaux clients et de fidéliser les anciens, d’autres, notamment celles de taille importante, n’ont pas ce souci et gardent la même politique tarifaire. En tout cas, conclut un spécialiste en assurance, «il existe toujours une grande marge de manœuvre pour les assureurs pour fixer les prix selon leurs objectifs de rentabilité. Qui plus est, le parc automobile n’est pas représentatif du potentiel de souscriptions que présente encore la population».
Pour finir, la concurrence à laquelle se livrent les compagnies d’assurance est de plus en plus visible. A coups de promotions, de packs ou de baisses de prix, les assureurs essayent de séduire le plus de clients possible. C’est pour cela qu’il est conseillé de contacter l’ensemble des assureurs et de comparer les devis pour choisir la meilleure offre qui allie couverture maximale et tarif idéal. Il est possible, par ailleurs, d’exclure certaines garanties «superflues» pour réduire sa facture. Enfin, sachez qu’il existe des périodes propices à la souscription aux contrats d’assurance auto, par exemple la fin d’année durant laquelle les compagnies font toujours des promotions.