Assurance auto : ces petits détails qui peuvent vous coûter cher

L’offre s’est enrichie avec des packages multi-services attractifs mais les produits en apparence similaires ne sont pas toujours comparables.
Remboursement, produits garantis, montants assurés, lisez bien votre contrat et n’hésitez pas à poser toutes les questions, même celles qui vous paraissent idiotes.

Depuis quelques années, on assiste à une véritable révolution de l’offre en matière d’assurance automobile. Non seulement la gamme des produits proposés par les différentes compagnies de la place s’est étoffée pour inclure, outre la couverture obligatoire de la responsabilité civile automobile (RC), une panoplie de produits nouveaux (bris de glace, dommages accessoires et, plus récemment, les packs sécurité-entretien), mais grâce à une politique marketing plus élaborée et à une communication produit innovante, les assureurs ont réussi à améliorer le taux de pénétration d’anciens produits peu développés jusqu’alors (garanties dommages tous accidents, protection contre le vol ou l’incendie…). De même que dans une optique d’amélioration de la productivité et de la qualité des prestations fournies, les assureurs ont adopté depuis plusieurs années le système du bonus-malus pour le calcul de la prime d’assurance et ont lancé plus récemment de multiples nouveaux services tels l’assistance téléphonique au client en cas de sinistre – principalement pour remplir correctement le formulaire du constat à l’amiable -, et la prise en charge des réparations des sinistres directement dans les garages conventionnés afin d’exempter l’assuré de s’acquitter lui-même des frais consécutifs à l’accident et d’attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de se faire rembourser.

Un filon juteux : 4 milliards de DH de primes collectées en 2003
En toile de fond de cette ruée vers l’innovation et l’amélioration de la qualité des services, on trouve la prise de conscience par les assureurs de l’énorme potentiel de croissance que constitue la branche automobile et leur volonté corrélative de contourner l’administration des prix encore en vigueur en matière de RC en poussant les feux en matière de produits complémentaires. Ceci, bien entendu, dans l’attente de la libéralisation totale des prix, toutes garanties confondues, en 2006. Rappelons aussi qu’à elle seule, cette branche représente un peu plus que le tiers du chiffre d’affaires global (vie et non-vie) du secteur au Maroc, avec 4,04 milliards de DH de primes collectées en 2003.
Devant de telles perspectives de croissance et de libéralisation, la concurrence s’intensifie entre assureurs à l’image des politiques marketing de plus en plus agressives. En conséquence, la diffusion du produit est meilleure et la demande (principalement dans les grandes villes) devient de plus en plus soucieuse des garanties additionnelles considérées auparavant comme produits de luxe. Mais, comment se retrouver dans cette avalanche d’offres ? Les produits tiennent-ils leurs promesses ? Y a-t-il des pièges à éviter ?
De fait, les assureurs optent de plus en plus pour des formules de «package» avec options et déclinent en général leur offre à travers trois formules qui vont des garanties les plus basiques aux plus sophistiquées avec, d’une tranche à l’autre, des différences de prix allant de 15 à 20 %. Les formules sont identifiées soit par des chiffres, de un à trois, soit par des appellations à connotation culinaire, telles Initiale, Majeure et Suprême et ce pour viser différents segments de la clientèle.

Si les produits proposés semblent identiques, des variations existent bel et bien entre compagnies
Comme son nom l’indique, l’offre minimale comporte uniquement les garanties de base (responsabilité civile, défense et recours et quelques services d’assistance). La proposition intermédiaire s’enrichit généralement d’un certain nombre de couvertures, tels le bris de glace, l’incendie, la dommage collisions voire la dommage tous accidents. Enfin, la plus élaborée est quasiment une «tous risques», qui englobe une multitude d’offres supplémentaires : assurance des accessoires, effets personnels et professionnels se trouvant à l’intérieur du véhicule, mise à disposition d’un véhicule de remplacement, remboursement en valeur à neuf du véhicule volé voire, dans ce dernier cas, prise en charge des frais de reconstitution de vos documents administratifs (permis, carte grise…), etc.
Sur cette base, on observe cependant de sérieuses variations d’un établissement à l’autre. C’est ainsi par exemple qu’en matière de taux de franchise – dont le niveau conditionne la prime à débourser -, certaines compagnies prennent pour base la valeur du bien assuré et d’autres les dommages subis en matière de vol et incendie (cas de la RMA et de Wafa assurance), ce qui peut aboutir à des remboursements significativement différents pour la même garantie et le même sinistre.
Autre différence notable, la notion de remplacement à neuf du véhicule, en cas de vol ou de destruction, n’est pas la même chez toutes les compagnies. Certaines d’entre elles, telle la CNIA, ne remboursent la valeur à neuf que si le véhicule était dans sa première année de circulation au moment du sinistre. Autrement, c’est l’expertise qui fixe le prix. Par ailleurs, des compagnies comme Al Watanya disposent d’une grille de primes pour les garanties complémentaires, qui varient en fonction de l’âge du conducteur. Autrement dit, ces compagnies pratiquent une «surprime» pour le jeune conducteur. Une pratique usuelle en France, mais qui est atténuée par le remboursement au bout de deux ans en cas d’absence de sinistre.
Tous les établissements ne pratiquent pas la même politique en matière d’assistance et de dépannage. De même que l’étendue de la protection juridique varie d’une compagnie à une autre (10 000 DH chez la RMA).

Il y a des situations que l’on n’envisage pas…
Ainsi dans la multitude des packages, certaines couvertures ou avantages sont conditionnés à des détails ténus qui sont, bien évidemment, insuffisamment explicités par les intermédiaires (courtiers et agents généraux), encore moins dans les campagnes promotionnelles. Nous citerons le cas de l’offre de garage conventionné, que les assureurs mettent en avant comme le fer de lance de leur communication et qui a, selon un professionnel, remporté un taux élevé de satisfaction auprès des assurés. Il faut pourtant savoir que, dans certains cas particuliers d’accidents, votre assureur vous refusera tout simplement ce que vous croyiez être un acquis incontestable en tant que non responsable du sinistre. Il vous demandera, par conséquent, de payer vous-même le garagiste qui aura réparé les dégâts. Bref, vous êtes alors obligé de subir les tracas de la démarche classique, avec son cortège de délais et éventuellement de renvois temporaires de responsabilité des retards occasionnés entre les différents intervenants que sont l’assureur, le garagiste, l’expert, l’intermédiaire, la compagnie de la partie adverse, etc. Il en est ainsi, par exemple, quand vous êtes victime d’un accident causé par un autre automobiliste qui, dans la foulée, aura touché, avant ou après vous avoir percuté, un véhicule tiers. Vous vous retrouvez, alors que vous n’avez peut-être eu aucun contact avec celui-ci, dans un cas non régi par la convention entre assureurs qui proposent des garages conventionnés.
Au demeurant, la prudence est toujours de mise lors du choix de la panoplie des garanties et options que l’on désire inclure dans le contrat d’assurance, car celui-ci regorge de détails parfois très importants. Et on ne le dira jamais assez : le diable est dans le détail ! Alors pour prévenir les mauvaises surprises quand un sinistre advient, mieux vaut vérifier attentivement ce que l’assureur couvre de façon absolue et au conditionnel, et vous assurer que les clauses du contrat correspondent réellement à vos soucis en matière de couverture. Un exemple parlant ? Vous prenez une garantie «accessoires» (voir encadré ci-dessus). Mais elle ne couvre pas votre équipement audio acheté à grands frais. Seul l’équipement constructeur est couvert mais on ne vous le dira pas.
Quant au rapport couverture/prix, rien ne vaut une comparaison rationnelle des primes proposées pour les mêmes couverture et degré d’assistance. Mais cela n’est pas toujours chose aisée. En tout cas n’hésitez pas à poser toutes les questions – même les plus idiotes -, vous n’en serez que mieux couvert .

Pour certaines compagnies, le taux de franchise est basé sur la valeur du bien assuré ; sur les dommages subis. Pour le même sinistre, donc, on constate une différence non négligeable en termes de remboursement.

Vous n’êtes pas responsable du sinistre, vous avez un contrat incluant un garage conventionnéet pourtant, au final, vous payez la réparation de votre véhicule ! Le cas existe.

Eplucher le contrat n’est pas un luxe. Exemple ? Vous avez pris une garantie accessoires mais, ce qu’on ne vous a pas dit, c’est qu’elle ne couvre que l’équipement constructeur et pas les accessoires audio que vous avez achetés à grands frais…