Agroalimentaire : cinq valeurs cotées continuent de séduire les analystes

Cosumar, Brasseries du Maroc et Dari Couspate à  accumuler, Lesieur et Cartier Saada à  conserver. La détente des prix des matières premières à  l’international devrait améliorer les marges des sociétés. Centrale Laitière est recommandée à  la vente en raison de la recrudescence de la concurrence.

Le secteur agroalimentaire coté en bourse est connu pour sa nature anticyclique car même en période de crise la consommation des produits alimentaires de base ne fléchit pas. En tout cas, les valeurs du secteur continuent de séduire les analystes. Ceux de BMCE Capital ont publié une analyse plutôt favorable sur ce compartiment qui profite actuellement de l’effet de la détente des prix des matières premières sur le plan international et du maintien du niveau de la demande locale.

En effet, pour la branche sucrière, la baisse des cours mondiaux à fin juillet de 10,7%, à 437,8 dollars la tonne, comparativement à l’année dernière, permet certes de réduire le poids des importations mais il faut dire qu’on est encore loin de l’autosuffisance nationale. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le contrat programme qui s’étale sur la période 2013-2020 fixe comme objectif un taux de couverture des besoins de 65% à l’horizon 2020 contre 55% dans l’ancienne stratégie. D’un autre côté, la société de bourse estime que l’éventuelle décompensation du sucre ne devrait pas impacter grandement le niveau de la consommation vu le rôle que joue cette denrée dans l’alimentation nationale quotidienne, sachant que la consommation moyenne annuelle s’élève à 35 kg par habitant, soit l’un des niveaux les plus élevés au monde.

Pour sa part, le segment des boissons gazeuses et alcoolisées devrait poursuivre sa contraction, mais avec une moindre ampleur. En effet, les revenus devraient subir l’impact de l’application des nouvelles augmentations de la taxe intérieure de consommation sur les vins. Cependant, cet effet devrait être atténué par le déplacement de Ramadan hors période estivale à partir de 2015.
Dans ces conditions, les analystes recommandent d’accumuler les titres Cosumar et Brasseries du Maroc dans les portefeuilles. Ils valorisent le premier à 1 974 DH, soit un potentiel de hausse de 12% par rapport au cours du 2 septembre de 1 760 DH. Ils appuient leur recommandation par la récolte betteravière appréciable attendue cette année et qui devrait permettre de réduire la pression sur le BFR de la société, sans pour autant impacter ses marges vu la politique de subvention des prix adoptée. SBM, elle, est valorisée à 2 315 DH, offrant ainsi une décote de 5,2% avec son cours de 2 200 DH.

Pour sa part, Lesieur Cristal est un titre à conserver dans les portefeuilles. Son cours devrait atteindre un objectif de 105,40 DH contre 102 DH actuellement, soit une hausse potentielle de 3,3%. Le spécialiste national des huiles et corps gras devrait améliorer ses marges grâce à la poursuite de la détente des cours à l’international, et ce, en attendant les efforts escomptés du développement de l’agrégation, notamment pour le tournesol et accessoirement pour le colza. Toutefois, la concurrence entre opérateurs pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix. Cette tendance baissière des prix mondiaux n’est en effet pas bénéfique pour toutes les valeurs puisqu’elle devrait impacter négativement les marges de Cartier Saada. Il faut dire que l’industriel a choisi de ne pas répercuter la hausse de 8% du prix d’achat des olives sur les marchés traditionnels sous la pression de la concurrence des producteurs espagnols, grecs et égyptiens. Ce qui n’a pas empêché BMCE Capital de recommander de conserver le titre et de lui réserver un cours cible de 19,4 DH, plus élevé de 3,2% par rapport à son cours actuel (18,8 DH).

La valeur qui devrait continuer de bénéficier de la bonne tenue du marché national est bien Dari Couspate. Cela est appuyé par l’évolution des habitudes de consommation des Marocains en dépit de la concurrence du couscous traditionnel. Aussi, à l’export, le couscous de l’industriel marocain reste dominant dans les pays européens à forte présence maghrébine. Parallèlement, le segment des pâtes alimentaires offre toujours un important potentiel de croissance en raison du faible niveau de consommation par habitant qui se situe à 3,5 kg l’an contre 12 kg en Tunisie et 8 kg en Algérie. Toutefois, le marché national se caractérise par une suroffre qui pourrait susciter une forte concurrence à court terme. Dans un contexte de baisse des cours du blé à fin juillet de 12% par rapport à fin 2013 et d’une poursuite de ce trend, les analystes recommandent de conserver Dari pour un cours cible de 961,40 DH (hausse prévisionnelle de 2,5%)
S’il y a un secteur qui n’a plus la faveur des analystes, c’est bien celui de l’industrie laitière. En effet, l’année en cours a été marquée par la poursuite de la hausse des prix des produits laitiers par les opérateurs du marché. En cause, les fortes tensions concurrentielles surtout avec l’arrivée d’un nouvel opérateur : la compagnie des industries laitières asturiennes. Les analystes s’attendent alors à une nouvelle dégradation du paysage concurrentiel et donc à de nouvelles augmentations des prix. Dans ces conditions, ils conseillent de se désengager du titre Centrale Laitière et lui attribuent un cours cible de 1 019,50 DH. Le titre devrait donc baisser de 26% par rapport à son cours de cotation de 1 380 DH.