Addoha table sur un résultat net de 3,62 milliards DH en 2010

D’ici 2010, le groupe multipliera son chiffre d’affaires et son résultat net par 7.
Le programme dévoilé n’inclut pas le partenariat avec Al
Qudra et CMKD Somed.
Le business, sur 4 ans, vient étayer les fondamentaux du groupe et rassurer
le marché.
Le logement social reste au coeur de l’activité.

Lundi 22 janvier, avant l’ouverture de la séance de Bourse, le groupe Addoha a rendu public son business-plan couvrant la période 2008-2010. Fortement attendue par le marché, la communication du champion national de la promotion immobilière n’a guère déçu. Aussi bien sur la forme que sur le fond. Une importante campagne presse, une rencontre avec les analystes financiers et la presse spécialisée, un road show en perspective dans le Golfe et dans quelques pays européens… Le marché a d’ailleurs favorablement accueilli l’annonce, le cours de l’action ayant bondi, à  la clôture, de 1,45%, passant de 2 761 à  2 801 dirhams. Il avait même atteint 2 820 dirhams en cours de séance. Et même s’il s’agit d’un événement banal aujourd’hui, signalons que l’essentiel des échanges a encore porté sur le titre Addoha lors de cette journée.

Mardi n’était pas en reste, après la rencontre d’explication avec les analystes, et l’assimilation de tous les chiffres, le cours s’est inscrit en hausse de 1%, pour atteindre 2827 dirhams.

Une réserve foncière renforcée de 1 315 ha
Il faut dire que le business-plan regorge d’informations pertinentes, offrant aux investisseurs une très bonne visibilité sur quatre ans, soit jusqu’à  2010.
D’abord sur la réserve foncière du groupe qui, dans le cas d’Addoha et de tous les promoteurs immobiliers, constitue un indicateur de taille renseignant sur la disponibilité de la matière première et donc sur la capacité à  produire des logements dans un contexte de rareté et de renchérissement des prix du foncier. A ce titre, le management d’Addoha annonce avoir acquis, depuis l’introduction en Bourse en juillet dernier, pas moins de 1 315 hectares, dont 52,5% sont concentrés sur Marrakech, près de 40% sur Rabat-Salé, le reste étant réparti entre Casablanca et Tamesna. Pour le management d’Addoha, il ne faut surtout pas voir dans cette concentration un délaissement du logement économique au profit du haut standing et des programmes touristiques (voir avis de Hassan Ben Bachir, conseiller du président d’Addoha, en page suivante).

Des indicateurs financiers révisés à  la hausse
Il fallait s’y attendre, le groupe a révisé à  la hausse ses perspectives de résultats. Ainsi, son résultat net 2006 sera de 9% supérieur à  la promesse faite lors de l’introduction en Bourse il y a moins d’un an et atteindra 510 millions de dirhams. Et même à  ce niveau, il demeure prudent puisque «le groupe a déjà  réalisé, à  fin 2006,
7 415 contrats définitifs contre 7 000 initialement prévus. Ce chiffre d’affaires additionnel engendrera nécessairement un résultat net plus important», fait remarquer un analyste. En 2007, le bénéfice après impôt sera de 843 MDH, ce qui correspond à  une amélioration de 5% par rapport aux premières estimations.

Mais ce n’est qu’à  partir de 2008 que les indicateurs du groupe commenceront à  prendre de l’ampleur. Selon les prévisions d’Addoha, il faut s’attendre, pour 2008, à  un résultat net estimé à  2,2 milliards de dirhams, soit 60% de plus qu’en 2007. A l’horizon 2010, c’est carrément un bénéfice de 3,62 milliards de dirhams que le groupe entend dégager sur la base d’un chiffre d’affaires de l’ordre de, tenez-vous bien, 11 milliards de dirhams. Une recette prévisionnelle à  comparer à  une prévision de chiffre d’affaires à  peine supérieur à  1,5 milliard à  fin 2006.
La cadence de production de logements économiques passera à  22 000 unités par an

Comment Addoha compte tenir ces promesses, sur la base desquelles les investisseurs prendront leurs décisions ?
Addoha commencera par renforcer sa cadence de production de logements économiques. Elle le fera à  un rythme de 20 000 unités par an dès 2008. Ce qui correspond à  une production cumulée d’environ 65 000 unités entre 2008 et 2010, soit 13 500 unités additionnelles par rapport au business-plan initial.
En parallèle, le groupe entend développer la promotion immobilière dans le haut standing. A ce titre, il compte porter la contribution de ce segment à  48% du chiffre d’affaires cumulé de la période 2008-2010. Sa contribution dans le résultat net sera encore plus importante (voir ci-dessus)

Le groupe Addoha continuera de profiter d’une assise financière (fonds propres) solide, mais aussi des avances clients pour le financement de ses programmes. Le recours au crédit, lui, n’est prévu qu’à  titre accessoire.
Addoha se base enfin sur des hypothèses, on ne peut plus prudentes, puisqu’il n’intègre pas dans le business-plan les retombées -qui ne peuvent être que- positives des différents accords de partenariat signés avec les groupes Al Qudra, CMKD et Somed.

Avec une visibilité pareille sur une période de quatre ans, ni les analystes financiers, encore moins les investisseurs, ne peuvent prétendre être livrés à  leur sort. De mémoire d’observateur de la place boursière casablancaise depuis dix ans, jamais une entreprise n’a communiqué à  la communauté des investisseurs autant d’informations en si courte période.

Une visibilité sur quatre années, fait rare chez les entreprises cotées
Une action à  mettre à  l’actif du groupe qui, paradoxalement, a été malmené par les médias pour justement manque de visibilité et d’informations à  un moment o๠le cours flambait.
La présentation du business-plan 2008-2010 et le niveau de détail dans l’information sonnent alors comme une réconciliation avec le marché.

Cinq questions
Notre rythme de croissance est indépendant du financement

Hassan Ben Bachir
Conseiller du président du groupe Addoha

La Vie éco : Plus de la moitié de vos acquisitions est concentrée sur Marrakech et près de 40% sur Rabat-Salé. Peut-on conclure que l’essentiel de cette réserve sera affectée au haut standing au détriment du social ?

Hassan Ben Bachir :
Nullement. Les 690,5 ha acquis à  Marrakech ne seront pas exclusivement réservés aux logements de standing. Ils seront affectés aussi bien aux logements économiques qu’aux appartements de moyen standing, aux villas économiques en plus des logements de haut standing. De manière plus générale, et comme indiqué dans notre communiqué, le groupe Addoha augmentera significativement sa production dans le segment économique puisque sur la période 2008-2010, nous réaliserons 65 000 logements économiques, soit une moyenne de plus de 22 000 unités par an.
Cependant, il nous a paru utile d’élargir notre gamme de produits à  travers des investissements dans le segment du haut standing. Ces investissements porteront sur 6 500 appartements et villas de standing répartis sur les principales villes du Royaume : Marrakech, Rabat, Tanger et Agadir.
Il convient de rappeler que le segment haut standing engendrera un chiffre d’affaires qui représentera 48% environ des ventes globales de la société sur la période 2008-2010.

Et quelle sera sa contribution dans le résultat net ?
Sa contribution sera supérieure à  ces 48%, étant donné que la marge sur ce segment demeure plus importante que celle dégagée par les programmes économiques et ce, malgré l’incidence fiscale.

Qu’en est-il de vos démarches de prospection à  l’étranger ? Quel est le bilan de vos tournées, notamment en Mauritanie ?
Les études et les discussions entreprises dans ce cadre évoluent favorablement. Dès leur aboutissement, nous en communiquerons les résultats au marché.

Pour l’établissement de votre business-plan, vous avez choisi des hypothèses plutôt prudentes et vous n’avez pas intégré les programmes issus de vos partenariats avec Al Qudra, CMKD et Somed. A combien s’élève le potentiel non évoqué ?

Il ne faut pas oublier que ces conventions ont été conclues depuis à  peine quelques semaines, soit respectivement le 24 novembre (Al Qudra), le 13 décembre (CMKD) et le 14 décembre (Somed). Les études techniques et financières des projets identifiés sont toujours en cours de finalisation. Ce sont les conclusions de ces études qui détermineront le potentiel.

Votre plan est certes ambitieux, mais étant donné que vous n’avez pas de problèmes de financement, pourquoi n’utilisez-vous pas l’effet de levier afin d’aller encore plus vite ? Avez-vous besoin de temps pour digérer cette croissance avant de croà®tre davantage ?
Notre rythme de croissance ne dépend pas du financement. Dans l’hypothèse o๠le recours ponctuel à  des crédits bancaires s’avérerait nécessaire, les lignes de crédit déjà  autorisées en faveur de notre société sont largement suffisantes pour assurer la couverture des besoins éventuels.

Prévisions
Les analystes refont leurs calculs…

A l’heure o๠nous mettions sous presse (mardi après-midi), les analystes n’avaient pas encore eu le temps d’intégrer dans leurs modèles financiers les données fraà®chement annoncées, pour aboutir à  une nouvelle valorisation de l’action Addoha. Difficile donc, dans ces conditions, d’avoir un consensus du marché par rapport au business-plan dévoilé par le management du groupe. Il faudra donc attendre quelques jours ou quelques semaines (en fonction de la réactivité des différentes équipes d’analyse) pour avoir les premières notes de recherche actualisées sur Addoha. Mais les réactions recueillies à  chaud donnent déjà  le ton. «Je n’y trouve rien à  redire, les chiffres sont précis et le travail nous est plutôt mâché. Nos calculs préliminaires aboutissent à  une valorisation de l’ordre de 3 200 DH par action, soit une prime de 16% par rapport au cours du vendredi 19 janvier. Mais il faut attendre la fin de la semaine pour avoir confirmation de cette valorisation», avance un analyste financier. «A 2,19 milliards de dirhams en 2008, le price earning ratio estimé ne dépasse guère les 17x. Ce niveau est plus que correct, sachant que la moyenne mondiale du secteur dépasse largement les 25x», s’enthousiasme un autre. Outre les fondamentaux de la société, les données du marché auront aussi un fort impact sur le cours de l’action. Dans les prochains jours, il faut s’attendre à  une forte demande de la part des investisseurs étrangers sur le titre Addoha. Une demande qui ne manquera pas de tirer le cours vers le haut.