Addoha et Résidences Dar Saada ont la faveur de CFG Bank

Les valeurs offrent un potentiel de hausse respectivement de 67,6% et 68%. Addoha ne devrait trouver aucune difficulté à atteindre les objectifs de son Plan génération cash. Résidences Dar Saada dispose d’une large visibilité sur ses réalisations futures.

La société de bourse de CFG Bank a actualisé ses recommandations de placement pour les titres du secteur immobilier coté, notamment Addoha et Résidences Dar Saada. Les analystes ont préféré faire l’impasse sur le promoteur Alliances car il est en cours de restructuration. Ils recommandent ainsi les deux valeurs à l’achat. La première est valorisée à 46,10 DH et la seconde à 261 DH, soit un potentiel de hausse respectivement de 67,6% et 68,2% par rapport aux cours de clôture du 1er décembre.

CFG Bank estime qu’Addoha devrait atteindre ses prévisions établies lors de l’élaboration du Plan génération cash. En effet, le promoteur serait en mesure d’atteindre ses objectifs de vente des unités actuellement incluses dans le stock des produits finis. Cette capacité, combinée à une forte réduction de la production qui devrait passer de 25 000 unités en 2014 à 12 000 en 2015, puis à 13 000 en 2016 et à 14 000 en 2017, devrait lui permettre de réduire son stock de produits finis invendus d’environ 50%, à 8 400 unités en 2017. La baisse de la production est justifiée par deux principales décisions stratégiques du groupe : le lancement de la réalisation d’une nouvelle tranche d’un projet est conditionnée par la commercialisation totale des tranches précédentes ; et le démarrage d’un nouveau projet ne peut s’effectuer que si 70% des unités sont pré-vendues.

Par ailleurs, les analystes considèrent que les objectifs en termes de chiffre d’affaires sur la période 2015-2017 restent réalisables. Selon leurs estimations, le volume annuel des ventes du segment du logement social et intermédiaire devrait se situer entre 16 853 et 17 534 unités et devrait ainsi correspondre à un chiffre d’affaires compris entre 4,3 et 4,5 milliards de DH, soit 61% du chiffre d’affaires total, contre une moyenne de 68% entre 2011 et 2013. Les livraisons du segment haut standing devraient, pour leur part, s’établir sur la même période entre 1 140 et 1 186 unités par an, soit des revenus entre 2,8 et 2,9 milliards de DH (39% du chiffre d’affaires total). Toutefois, la marge brute du 1er segment devrait se contracter à environ 28%, en raison de l’augmentation de la part des unités peu rentables dans les livraisons futures du groupe. En outre, le promoteur devrait probablement revoir à la baisse les prix de certains de ses produits en vue d’assurer un bon taux de commercialisation. Cela dit, le repli de la marge brute consolidée devrait être limité par la progression de la marge du segment haut standing qui devrait se situer à 33%.

Enfin, l’endettement net du groupe devrait également s’améliorer. Il devrait atteindre 4,2 milliards de DH entre 2014 et 2017, soit l’équivalent d’un taux d’endettement de 41% estimé par CFG contre 33% visés par la société. Cette évolution résultera de la réduction de 3,3 milliards de DH des besoins en fonds de roulement, sachant que le groupe table sur une baisse de 4,5 milliards.

Dans ces conditions, Addoha devrait générer en 2016 des revenus de 7,3 milliards de DH, en croissance de 2% par rapport à 2015. Le résultat net part du groupe, lui, devrait augmenter de 3,3%, à 1,1 milliard de DH.

Résidences Dar Saada continue elle aussi d’avoir les faveurs des analystes. Ces derniers considèrent le titre sous-valorisé, pâtissant de la morosité du secteur immobilier en général et du comportement défavorable d’Alliances et Addoha en particulier. Cela dit, plusieurs éléments plaident en faveur d’une orientation favorable du cours de l’action dont la capacité de la société a dépassé ses prévisions pour la quatrième fois consécutive, et ce, depuis l’émission obligataire de 2012. De plus, la société dispose d’une large visibilité sur ses réalisations futures comme l’atteste le nombre de ses unités pré-vendues qui se sont établies à 14500, soit un chiffre d’affaires sécurisé de 4,3 milliards de DH (2,4 fois ses revenus de 2014). Cela grâce à la vision de l’entreprise qui consiste à produire des logements adaptés à la demande. En effet, le mix produit du groupe reflète entièrement l’évolution de la demande de logements des Marocains.

Compte tenu de cela, les analystes pensent que la société serait en mesure de maintenir un niveau de livraison de 8 500 unités par an au delà de 2017. Ces livraisons devraient toucher tous les segments sur lesquels la société est positionnée et devraient se traduire par un prix de vente moyen d’environ 305000 DH par unité. De son côté, la marge brute serait maintenue à 33%. Ainsi, la société devrait dégager en 2016 un bénéfice de 520 MDH, en hausse de 13,8% par rapport aux prévisions de 2015, pour un chiffre d’affaires en augmentation de 8,8%, à 2,3 milliards de DH.