Actions, DAT, immobilier, or… Quels placements pour une petite épargne ?

Pour un capital de 200 000 à  300 000 DH, les DAT et les fonds monétaires sont les plus recommandés si l’horizon de placement est court. A moyen terme, les actions peuvent rapporter gros, tout comme l’achat de bijoux en or ou d’une petite parcelle de terrain en périphérie.

Que peut-on faire comme placement avec une petite épargne de 200 000 ou 300 000 DH ? Entre produits bancaires, marché boursier, Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), ou encore les autres produits comme l’or et l’immobilier, il faut savoir choisir sur la base de plusieurs critères, notamment la durée souhaitée pour le placement, l’espérance de gain et le niveau de risque que l’on peut accepter. Bien entendu, quel que soit le produit choisi, il ne faut pas espérer gagner un argent fou avec une mise qui ne dépasse pas les 300 000 DH. Mais si l’horizon de placement relève du moyen terme, et si l’on est prêt à courir un certain niveau de risque, le capital de départ peut connaître une progression à deux chiffres, voire être multiplié par deux, ce qui reste quand même considérable.
Pour le court terme, c’est-à-dire une durée de placement d’une année ou deux maximum, investir en Bourse serait une grossière erreur si l’on n’est pas un fin connaisseur du marché. L’époque au cours de laquelle toutes les actions de la cote progressaient fortement, comme en 2006 et 2007 avec l’introduction de plusieurs sociétés, notamment immobilière, est de fait révolue. Le marché boursier est devenu depuis 2008 très volatile, ce qui rend l’acte de miser son épargne sur une ou deux valeurs très risqué. «Il y a deux ans, j’ai acheté pour 400 000 DH d’actions Maroc Telecom et Sonasid sur recommandation de plusieurs amis et analystes. La première valeur est restée quasiment stable, alors que la seconde a fortement chuté. Si je les vends aujourd’hui je subirai une perte de près de 50% même en intégrant les dividendes que j’ai perçus. Alors je suis obligé de garder mes actions durant deux autres années au moins en espérant récupérer ne serait-ce que mon capital», raconte un boursicoteur.

3,5% en moyenne hors retenue à la source pour un DAT sur 12 mois

Il faut dire aussi que si cette personne avait misé sur d’autres titres comme Wafa Assurance ou la BCP, elle aurait doublé sa mise. Rien qu’en 2010, ces deux actions ont en effet progressé de plus de 50%. Mais il reste que pour un horizon de placement court, le marché actions n’est généralement pas recommandé.
Donc, pour des durées d’investissement d’un à deux ans, mieux vaut privilégier les placements sûrs et offrant une récupération immédiate du capital. Le plus préféré par les Marocains n’est autre que le Dépôt à terme (DAT). Le manque de liquidités du secteur bancaire pousse les chefs d’agences à offrir des rémunérations de plus en plus attrayantes pour drainer plus de ressources. En témoigne la progression des dépôts rémunérés auprès des banques qui représentent désormais près de 49% de l’ensemble des dépôts contre 47% en 2009. Dans ce contexte, les taux des DAT sur 12 mois peuvent atteindre des niveaux intéressants. En janvier dernier, le taux moyen calculé par Bank Al-Maghrib s’est élevé à 4%. Certes, cette rémunération n’est offerte qu’aux gros déposants, c’est-à-dire pour des DAT de plusieurs millions de DH. Pour les petits montants, le taux est plutôt de 3,5% en moyenne. Sachez toutefois que la rémunération proposée peut changer d’une agence bancaire à une autre, en fonction des besoins en termes de ressources. Elle peut également augmenter ou diminuer d’un mois à l’autre suivant la conjoncture. Mais surtout, sachez qu’elle reste négociable entre l’épargnant et son banquier. Ainsi, pour un DAT de 300 000 DH sur 12 mois, rémunéré à 3,5%, le rendement s’élève à 10 500 DH, duquel il faut retrancher 30% de retenue à la source au titre de la taxe sur les produits de placement à revenu fixe (TPPRF).
Le gain net ressort donc à 7 350 DH, soit un taux effectif de 2,45%. Certes, il s’agit là d’un rendement faible, supérieur à peine d’un point et demi par rapport à l’inflation. Mais c’est tout ce qu’on peut espérer d’un placement aussi sûr.
Les OPCVM monétaires et obligations court terme constituent une alternative aux DAT. Leur rendement peut être supérieur à celui des placements bancaires, mais leur niveau de risque, quoique très faible, est un peu plus élevé que celui des DAT, car la tendance des taux de base peut évoluer défavorablement au cours d’une année. En 2010, les fonds monétaires ont réalisé des performances comprises entre 2,80% et 3,96%, avec une moyenne de 3,30%. Les fonds obligations court terme affichent, quant à eux, des gains allant de 2,80% à 4,33%, avec une moyenne de 3,45%. On peut donc, à travers ces instruments, avoir une rémunération plus attrayante, d’autant plus que la fiscalité de ces produits est plus avantageuse que celle des DAT. En effet, la plus-value réalisée à la sortie d’un fonds monétaire ou obligations court terme n’est frappée que d’un impôt de 20%. Dans ce cas, pour un placement de 300 000 DH dans un fonds monétaire qui a rapporté du 3,8% en une année, le gain net s’élève à 9 120 DH, soit un taux de rendement effectif de 3,04%.

Jusqu’à 80% de performance en 3 ans pour les fonds actions malgré la crise

Pour du moyen terme, c’est à dire de 3 à 5 ans, les opportunités de placement sont plus nombreuses et peuvent rapporter beaucoup plus. Sur le marché des actions, le risque se réduit au fur et à mesure que la durée d’investissement s’allonge, et les gains peuvent atteindre des niveaux très importants. Indépendamment du secteur ou de la valeur retenue, le plus important est d’entrer sur le marché en début de cycle haussier. C’était le cas entre 2004 et 2005 (le Masi a réalisé une performance de plus de 100% en 2006 et 2007), et c’est le cas également aujourd’hui car la Bourse consolide la reprise qu’elle a entamée en 2010 (+21%) après des années 2008 et 2009 de crise.
Mais pour maximiser encore plus ses chances de saisir les opportunités du marché et réduire le risque à travers une plus grande diversification, mieux vaut ne pas intervenir directement en Bourse et opter pour un OPCVM actions. Ces derniers peuvent, grâce à une approche de gestion sélective, réaliser des performances largement supérieures à celles du marché. En effet, sur les trois dernières années, certains fonds affichent des hausses de valeur liquidatives qui atteignent les 80%, alors que le marché était baissier pendant deux ans.

Bijoux en or : +100% en trois ans !

En dehors des produits de placement financiers, il existe deux instruments qui peuvent rapporter gros. Ils sont en plus de nature à toujours évoluer à la hausse. Il s’agit de l’or et de l’immobilier, plus précisément le foncier.
Avec une épargne de l’ordre de 300 000 DH, on peut constituer une jolie collection de bijoux en or. Cette dernière peut facilement voir sa valeur doubler, voire tripler en peu de temps, à l’instar de l’évolution du prix de ce métal précieux au cours de ces dernières années. En 2008, le prix du gramme d’or à la vente chez les bijoutiers était d’environ 200 DH. Aujourd’hui, il est à plus de 400 DH. C’est donc une plus-value d’au moins 100% qu’encaisserait actuellement un épargnant qui aurait misé sur l’or il y a tout juste trois ans.
La raison de cette flambée des prix du métal jaune n’est autre que l’évolution des cours à l’international. Même si l’essentiel des bijoux en vente au Maroc provient de la casse (articles en or refondus), les prix restent étroitement corrélés aux cours mondiaux. Ces derniers n’ont pas arrêté d’augmenter suite à la ruée des investisseurs et des Etats vers l’or en raison de la crise et du contexte d’incertitude qui marque les autres produits de placement, notamment les actions et les devises.
Aujourd’hui, l’or s’échange à plus de 1 400 dollars l’once sur les marchés mondiaux. Et tous les analystes s’accordent à dire que la tendance haussière des cours n’est pas près de s’estomper, compte tenu des crises géopolitiques actuelles et des difficultés budgétaires que connaissent plusieurs pays développés.
Quant au foncier, il est certes très difficile de trouver actuellement un petit lot de terrain qui vaut encore 300 000 DH dans la périphérie des grandes villes comme Casablanca, Rabat, Marrakech ou Tanger. Mais si l’on vise d’autres régions qui n’ont pas connu la même surchauffe des prix, par exemple dans la périphérie des villes comme Meknès, Fès, Safi ou Béni-Mellal, les chances sont encore grandes de trouver des parcelles de terrain de 100 mètres carrés et moins à un prix avoisinant les 300 000 DH. La valeur de ces actifs ne peut qu’augmenter à moyen terme. Par exemple, ceux qui ont acquis il y a 3 ou 4 ans des lots de terrain à Deroua, Nouaceur ou Lakhyayta, dans la périphérie de Casablanca, ont vu la valeur de leurs biens plus que doubler actuellement.