2013, la faillite des Etats ? Les menaces qui planent sur le monde

La dette publique des pays européens et des Etats-Unis a atteint des niveaux inquiétants. Pressés par des contraintes de relance, les pays n’arrivent plus à  contrôler leurs déficits budgétaires. La nationalisation des dettes privées à  l’origine de la crise.

Le monde sera-t-il bientôt en faillite ? Même s’ils se gardent d’être alarmistes, les économistes n’écartent plus ce scénario catastrophe, tant les déficits publics de plusieurs pays développés ont atteint des niveaux inquiétants. Pour autant, personne n’est capable de donner, pour l’heure, une échéance au premier défaut de paiement étatique, ni sur l’ampleur des conséquences d’un tel événement. Car, s’il a suffi que le simple dépôt de bilan d’une banque américaine (Lehman Brothers) soit le déclencheur d’une crise financière internationale à l’été 2008, la faillite d’un seul Etat, pour peu qu’il appartienne au groupe des pays industrialisés, pourrait avoir des implications beaucoup plus graves sur l’économie mondiale. Et s’il arrive que le pire se produise, aucun pays au monde ne sera épargné, même ceux qui sont financièrement autonomes et dont les économies sont fortes. Le Maroc, par exemple, verrait la demande étrangère qui lui est destinée reculer très fortement sous l’effet de la récession économique mondiale qui pourrait avoir lieu. Ses rentrées de devises (recettes touristiques, transferts des MRE et investissements étrangers) seraient également laminées, ce qui, pour un pays à la balance des paiements déficitaires depuis trois ans serait fatal. Sans parler de l’impossibilité d’opérer des emprunts en devises sur un marché mondial qui serait en crise, alors que le déficit public marocain ne cesse de s’aggraver sous le poids de la flambée des cours des matières premières et des revendications sociales (voir encadré en page suivante).
Faillite du monde. S’agit-il là d’une simple hypothèse qui a de faibles chances de se concrétiser ? Certains n’hésitent pas à avancer que le monde a connu plusieurs faillites d’Etats dans les années 80 sans qu’il n’y ait effondrement de l’économie mondiale (Argentine, Equateur, Côte d’Ivoire…). Sauf que cette fois-ci, le mal ne viendra pas des pays émergents qui, eux,  affichent actuellement une situation économique plutôt saine. Le risque, en effet, vient surtout de grands pays industrialisés au sein même de l’Europe, et de puissances économiques telles que les Etats-Unis et le Japon.
Quelques chiffres donnent froid au dos : la dette publique américaine a atteint fin 2010 près de 90% du PIB du pays, soit plus de 12 800 milliards de dollars. Cet encours a enregistré une hausse de plus de 50% depuis 2007, et le rythme de progression ne s’apaise pas, puisqu’en 2010 le déficit budgétaire des Etats-Unis avoisinait les 9% du PIB. En Grèce, la dette publique et le déficit budgétaire représentent 145% et 10% du PIB respectivement. Ces chiffres sont de 97% et 37% pour l’Irlande, 78% et 9,6% pour le Royaume-Uni, alors que la palme de l’endettement revient au Japon, avec un encours de dette publique autour de 225% de son PIB et un déficit à 7,7%.

Les chiffres sur l’endettement public sont à relativiser

Ces chiffres sont certes très inquiétants, mais il ne faut pas non plus simplifier le problème et n’utiliser que les données sur l’endettement pour juger de la capacité réelle des pays à honorer leurs engagements. Les situations politiques ne sont souvent pas comparables, et il faut tenir compte notamment de l’origine de l’endettement et de qui le détient.
Les Etats-Unis, d’abord, pourraient se trouver dans une situation inédite de faillite technique. La dette de l’Etat fédéral américain a quasiment atteint la limite autorisée par le Congrès (14 300 milliards de dollars), ce qui empêche le Trésor d’émettre le moindre emprunt supplémentaire. Les parlementaires refusent pour l’instant de relever le plafond d’endettement, malgré l’insistance du gouvernement qui met en garde contre un risque de grave crise financière. «C’est surtout un bras de fer politique où les républicains exigent des garanties supplémentaires en termes d’économies budgétaires», précise un observateur.
Le Trésor américain a employé jusqu’à présent des mesures d’urgence (arrêt de certains paiements) pour permettre à l’Etat fédéral de fonctionner en attendant une solution émanant du Congrès. Mais une entente politique tarde à voir le jour, et les conséquences d’une situation de défaut de paiement des Etats-Unis seraient tellement graves que personne n’imagine vraiment une telle issue. En attendant, et pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’agence de notation Standard & Poor’s a attribué une perspective négative à la note américaine en avril dernier, ce qui représente une chance sur trois pour que le pays perde dans les deux ans sa note maximale de AAA, celle attribuée à un pays pour lequel le risque de ne pas honorer ses emprunts est quasi nul.
Malgré cette situation, les bons du Trésor américain sont toujours considérés comme les actifs de référence les plus sûrs du monde, et sont détenus en grande partie par les banques centrales des autres pays qui les utilisent pour leurs réserves de change. La Chine est d’ailleurs le plus gros bailleur de fonds étranger des Etats-Unis et détient plus de 1 000 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Pour ces même raisons, une crise de la dette américaine est inacceptable pour les banques centrales étrangères des pays développés (en particulier asiatiques) qui ont en portefeuille une bonne part de dette américaine et il est évident qu’elles ont tout intérêt à poursuivre leur politique d’investissement et de détention de la dette américaine et ainsi continuer à financer l’Amérique.
Le Japon très endetté,  mais ce sont les ménages qui prêtent au pays
Mais jusqu’à quand ? Pour l’instant, ce sont plutôt les collectivités locales américaines et certains Etat fédérés qui souffrent de la situation actuelle. Pour nombre de municipalités, les finances sont à sec et elles s’imposent une cure d’austérité qui impacte avant tout leurs budgets sociaux.
Pour sa part, le Japon est un cas très particulier dans le sens où il subit depuis près de deux décennies les conséquences d’une grave crise immobilière et de la faillite d’une partie de son système bancaire dans les années 90. L’Etat avait alors endossé une partie de la dette des banques. Colossale, la dette japonaise culmine aujourd’hui à 225% du PIB, et continuera probablement à augmenter. Le pays a perdu depuis 1998 sa note AAA que possèdent la plupart des autres grands pays industrialisés. On ne peut évidemment pas tracer aujourd’hui une trajectoire type mais il existe des analogies entre la «décennie perdue» japonaise des années 1990 et la situation actuelle de certains pays après la crise financière.
L’autre particularité de la dette japonaise est que les ménages en possèdent plus de 90%, le reste étant détenu par les grands investisseurs institutionnels. Le financement de la dette fait l’unanimité au sein de la population car le taux d’intérêt de refinancement est très bas et continue de baisser combien même la dette augmente. Les générations se font en quelque sorte crédit les unes aux autres.
Par ailleurs, le Japon a une croissance économique potentielle très faible et une démographie marquée par le vieillissement. En conséquence, le taux d’épargne est particulièrement élevé et contribue très largement au financement de l’Etat. De plus, les Japonais sont méfiants, ils vont peu en Bourse, n’aiment pas les fonds de pension et donc déposent leur épargne en liquidités, permettant aux banques de les transformer en achetant des bons du Trésor.

Europe : la crise la plus grave depuis 60 ans

En conclusion, même si le Japon est très endetté, il encourt un risque de faillite nettement moindre que celui qui pèse sur les Etats-Unis et surtout sur l’Europe. Car s’il y a faillite d’Etat c’est surtout de l’Europe que cette dernière pourrait provenir.
Car, le Vieux Continent traverse sa plus grande crise depuis 60 ans et surtout depuis l’adoption de la monnaie unique, et l’on craint qu’un scénario catastrophe ne se réalise, notamment qu’un pays fasse réellement défaut ou qu’un autre décide de sortir de la Zone euro. La Grèce affiche d’ailleurs, malgré les plans de sauvetage, une probabilité de défaut de plus de 50% sur les cinq ans à venir.
L’origine des problèmes en Europe est diverse pour les pays les plus touchés. Mais un point commun les réunit : la Grèce, l’Irlande et le Portugal n’ont pas les moyens financiers autonomes leur permettant d’honorer leurs échéances et l’Espagne, du fait d’une économie en profonde crise, se dirige droit vers une situation similaire.
En Irlande, le problème vient du système bancaire qui avait beaucoup prêté et pris d’énormes risques pour financer la bulle immobilière. A l’inverse de l’Islande, qui a laissé son secteur bancaire faire faillite, l’Irlande a choisi de garantir la situation financière de ses propres banques. Conclusion, un Etat très fortement endetté avec un niveau de déficit record par rapport au PIB : 37% en 2010 !
En Grèce, également, le déficit est insoutenable et provient d’un ensemble de facteurs, notamment la perte de compétitivité des exportations grecques depuis l’entrée dans la Zone euro, le manque de revenus dû à une importante évasion fiscale, un système de protection sociale très généreux et déficitaire, et une situation financière réelle historiquement masquée par les différents gouvernements qui se sont succédé. Si un défaut de paiement étatique venait à intervenir en Europe, la Grèce serait le premier sur la liste.
Pour sa part, l’Espagne, bien que disposant de ratios d’endettement stricto sensu très acceptables, est embourbée dans une crise immobilière d’une ampleur inédite provenant de stocks immobiliers impossibles à écouler. L’économie du pays est la quatrième de la Zone euro, et elle représente cinq fois celle de la Grèce et presque deux fois celles des autres pays en difficulté financière, soit la Grèce, l’Irlande et le Portugal réunis. Malgré un niveau d’endettement plus faible que la plupart des autres pays de la zone, l’Espagne a connu une récession de 3,7% du PIB en 2009 et de 0,1% en 2010. Son déficit public est de 9,3% du PIB, pour une limite théorique à 3% pour les pays de l’Union monétaire. Le taux de chômage avoisine les 25%, soit près du double de la moyenne européenne, et la hausse continue du coût de la main-d’œuvre ces dix dernières années a fait que les produits espagnols sont beaucoup moins compétitifs que par le passé dans les marchés à l’export.
L’apparente prospérité de l’Espagne reposait sur des taux faibles, qui ont alimenté un développement spectaculaire du secteur immobilier. Mais considérant actuellement tous les invendus dans l’immobilier, il est difficile d’envisager une reprise dans le secteur. Les grandes banques espagnoles sont certes relativement solides et sont sorties renforcées de la crise financière. Sauf qu’on ne peut pas en dire autant des «cajas», ces caisses régionales qui détiennent la moitié des prêts en Espagne et qui ont notamment financé l’activité des promoteurs immobiliers. Elles pourraient être le déclencheur d’une nouvelle crise de confiance. Or, la dette espagnole est détenue par plusieurs pays européens  qui, déjà en situation financière difficile, ne supporteraient pas une dégradation de leurs actifs : ils auraient moins de marge de manœuvre pour financer leur propre fonctionnement.
En un mot, le tableau est plus que sombre à l’échelle mondiale. La situation ressemble de fait à celle des années 80, où de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Asie avaient fini par faire faillite.

Un remake de la crise des années 80 aggravé par l’interdépendance des Etats

L’origine de cette ancienne crise était un afflux massif d’argent dans les années 70 lié au recyclage des pétrodollars (les pays exportateurs déposant des dollars dans les banques américaines qui les prêtaient à nouveau aux autres pays émergents sous forme de prêts bancaires en dollars). Les pays emprunteurs étaient mal gérés (projets pharaoniques, taux de change inadaptés, budgets publics incontrôlés…) et ils étaient souvent corrompus (à l’époque on a estimé les détournements de capitaux vers l’étranger à plus de 30 % des montants prêtés).
De plus, les taux d’intérêt avaient explosé au début des années 80 (16 % pour les taux courts américains par exemple), rendant insupportable le fardeau de la dette.
Les points de comparaison avec la situation actuelle sont nombreux : des bailleurs de fonds privés, essentiellement des banques, prêtant à des Etats dans des proportions telles qu’ils sont dans l’incapacité financière de supporter un non-paiement, une réelle incapacité de remboursement des Etats, un effet domino entre les pays, et enfin une intervention forte du FMI et des banques créancières.
Aussi, les populations locales supportaient très difficilement les plans de rigueur imposés par le FMI. On se souvient au Maroc du plan d’ajustement structurel des années 1980.
Cette situation avait abouti à la restructuration de la dette de ces pays, qui a duré une décennie (la décennie perdue, comme on l’appelle encore en Amérique Latine.)
Mais sur d’autres points, la situation actuelle est inédite. Il n’y a pas en effet d’exemple dans le monde moderne de défaut de paiement ni de restructuration de dette souveraine dans une devise commune à plusieurs pays (cas de l’Europe) ; les financements sont effectués via les marchés de capitaux et non plus par des crédits bancaires, ce qui, à cause de la volatilité, modifie les modalités de négociations (les emprunteurs comme les prêteurs sont paradoxalement beaucoup plus tenus que dans une relation bancaire a priori moins souple) ; la crise actuelle porte sur des obligations émises par des Etats européens. Aussi, les négociations ne se font pas entre les créanciers obligataires et l’emprunteur mais directement au niveau de l’Europe ; et enfin la taille de la dette aujourd’hui est beaucoup plus importante, et les conséquences ne sont pas cantonnées aux pays concernés, mais sont bien mondiales.
Les origines de la crise actuelle sont également différentes. En 1998, l’évolution technologique et le développement des réseaux laissent présager une révolution numérique. C’est le début de la bulle spéculative autour des valeurs Internet, qui culmine en février 2000 avant de s’effondrer. La récession qui s’ensuit aux États-Unis est aggravée par les attentats du 11 septembre 2001, et le Trésor américain tente de relancer rapidement l’économie en maintenant ses taux très bas. Conséquence directe, ces taux extrêmement faibles favorisent une frénésie d’achats dans l’immobilier partout dans le monde, qui durera plusieurs années. L’argent coule à flots et les banques prennent de plus en plus de risques. La bulle immobilière américaine se dégonfle brutalement en 2007, et entraîne dans son sillage tout le secteur bancaire, qui avait pris des risques énormes.
Les banques les plus exposées à l’immobilier sont attaquées les unes après les autres, selon leur fragilité. Le krach culmine en septembre 2008 avec la faillite de la banque Lehman Brothers, le 15 du même mois. Ce sont, ensuite, les entreprises, justement dépendantes du crédit bancaire, qui sont attaquées. Les États sont donc obligés d’intervenir en inondant les marchés de liquidités, et entament, en empruntant massivement, des plans de relance ambitieux pour soutenir la croissance. C’était  probablement la plus grave crise financière de l’après-guerre, et a été logiquement suivie d’un arrêt brutal de la croissance mondiale, voire d’une récession dans de nombreuses régions du monde (l’Europe a vu son PIB reculer de 4,2% en 2009). Partout dans le monde, pour relancer la croissance, il faut dépenser, investir, soutenir, en utiliser massivement le déficit budgétaire.
 Il est logique donc de penser que ce sont maintenant les États fortement endettés qui sont devenus le maillon faible de l’économie.

La restructuration des dettes est-elle possible ?

Après les dépenses donc et le creusement des déficits, c’est l’heure des comptes en 2010, surtout en Europe où les Etats doivent imposer de nouvelles politiques de rigueur pour stopper les frais des déficits qui n’arrêtent pas de se creuser. L’Allemagne, le pays qui doit le plus payer pour sauver l’Europe, cherche à imposer ses conditions. La chancelière Angela Merkel milite activement pour un resserrement des règles fiscales européennes, et pour des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension des droits de vote des pays concernés. Par exemple, à l’initiative de l’Allemagne, la Commission européenne a proposé que les gouvernements soumettent en premier lieu leurs budgets aux autres pays pour validation, avant même de les faire voter par les Parlements nationaux, ce qui signifie une perte de la souveraineté nationale des États.
Les pays en difficulté ont enclenché des plans d’austérité ambitieux, comme l’Angleterre, qui ne fait pas partie de la Zone euro mais qui souffre des mêmes problèmes que les pays d’Europe du Sud : une dette qui atteint des proportions effrayantes et un déficit qui n’arrête pas de se creuser.
Le dilemme actuel de l’Europe du Sud est donc de poursuivre les politiques expansionnistes de relance économique, qui soutiennent la croissance mais creusent les déficits au risque de déclencher une crise de la dette, ou de choisir de se serrer la ceinture au risque de ralentir à nouveau l’économie et baisser les revenus… Pour l’instant, il n’y a pas trop de choix, c’est la rigueur qui s’impose.
Finalement, il est difficile d’imaginer les conséquences d’une crise des dettes tant les implications sont nombreuses. Aujourd’hui, tout le monde affiche une solidarité bien obligée. Les banques centrales asiatiques détiennent les bons du Trésor américain et continuent de financer le déficit américain, car un écroulement de la dette américaine serait catastrophique pour elles, et donc elles ont tout intérêt à ce que le système ne bouge pas. En Europe, la plupart des banques privées détiennent de la dette européenne périphérique (pays en difficulté) dans leur bilan, et de nombreuses d’entres elles ne supporteraient pas le choc d’une faillite.
Avec le plan de soutien européen à la Grèce et au Portugal, ainsi que le programme d’achats de la BCE de dettes grecques  et portugaises, la BCE détient désormais plus de 40% de la dette grecque. Autrement dit, le risque est en train d’être transféré de la sphère privée (banques, compagnies d’assurances, etc.) vers la sphère publique (BCE et Etats). Autant dire qu’une restructuration ou une faillite pure et simple de la dette mettrait la BCE dans une situation financière catastrophique qui exigerait une recapitalisation par les pays membres. Aux Etats-Unis, la situation est encore pire et la Réserve Fédérale est quasiment techniquement en faillite.
Aujourd’hui, les créanciers du monde sont principalement étrangers : banques, investisseurs institutionnels, BCE, Fed…, mais aussi banques nationales des pays en question.
Toute restructuration violente, surtout en Europe, accompagnée d’une réduction de dette, aurait donc un effet désastreux sur un système bancaire, qui sort à peine de la crise, y compris sur celui du pays pratiquant la restructuration.
 Sauf risque politique interne majeur, comme des élections populistes dans l’un des pays de groupe PIG (Portugal Irlande, Grèce) ou en Allemagne, le risque de défaut brutal comme celui d’une restructuration violente est faible pour le moment, car les risques sont trop élevés. Les montants des dettes détenues sur ces trois pays sont gérables à l’échelle de l’Europe, mais la question est de savoir qui doit faire les efforts de restructuration : les prêteurs privés (donc majoritairement les banques), les populations locales ou les Etats des pays riches et donc la solidarité européenne ? La réponse apportée officiellement par l’Europe jusqu’à présent est claire : les Etats débiteurs doivent engager un processus très dur de retour à l’équilibre, comportant des efforts très significatifs et dans la durée sur le niveau de vie des habitants ; les échéances dues jusqu’en 2013 seront couvertes par des lignes de crédit faites par l’Europe ou le FMI, et donc substitution de créancier du privé vers le public (la dette est donc en partie «nationalisée»).
Mais après 2013 ? C’est le flou. Ce qui fait dire aux marchés que l’on n’a pas traité le problème mais juste gagné du temps. L’Europe a effectivement acheté du temps pour définir ce que doit être la solidarité européenne, et qui devra payer au final, mais qui sait si les populations elles-mêmes ne se révolteront pas un jour contre les cures d’austérité découlant de la dérive de systèmes financiers dont une infime poignée d’apprentis sorciers a tiré profit, laissant sur le carreau Etat et peuple…

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