19% de hausse ! Et si vous caliez votre portefeuille sur le Madex ?

Avec un portefeuille de 1 MDH, on peut suivre la performance du Madex ou d’un autre indice du marché.
Ce type de gestion permet de diversifier les risques et de profiter des opportunités des principales valeurs de la cote.
Les sites de Bourse en ligne permettent de suivre facilement les modifications dans les indices, reste à  trouver certaines valeurs rares sur le marché.

La Bourse de Casablanca a renoué avec la croissance cette année. Le Masi, indice de toutes les valeurs cotées, affiche au 25 octobre une progression depuis le début de l’année de 18,30%. Le Madex, indice des valeurs les plus liquides, accumule quant à la lui des gains supérieurs à 19%. Au vu de ces performances, on a tendance à croire qu’aucun investisseur n’a perdu de l’argent cette année en Bourse. Pourtant, ceux qui détiennent des valeurs comme Ciments du Maroc, Sofac ou BMCE Bank ont essuyé de grosses pertes compte tenu de la baisse de leur cours durant ces derniers mois.
De fait, les particuliers qui, tentés par les gains colossaux que peut offrir le marché boursier, misent toute leur épargne sur une ou deux valeurs, prennent d’énormes risques. Mis à part les investisseurs avertis, qui savent quand se positionner et quand se retirer, le grand public a tout intérêt à diversifier ses placements en Bourse afin de réduire le risque.

La gestion indicielle est indiquée pour les horizons d’investissement longs

Pour ceux qui ont vraiment les moyens -au vu du prix de certaines actions-, la méthode la plus indiquée est de suivre un indice, c’est-à-dire répartir son portefeuille en Bourse selon la même composition de l’indice retenu. D’une part, la performance du portefeuille devient facile à mesurer car elle est reflétée par l’indice au jour le jour. De l’autre, ce mode de gestion permet de profiter de toutes les opportunités qu’offrent les principales valeurs de la cote. Et les résultats sont là, il n’y a qu’à voir les performances des principaux indices de la place.
Hormis le Masi, qui traduit l’évolution du marché boursier dans sa globalité, il y a le Madex qui affiche, comme cité précédemment, une hausse de plus de 19% depuis le début de l’année. Certes, cet indice était, à l’instar de tous les autres, en baisse en 2008 et 2009 en raison de la crise. Mais quand on voit l’évolution sur cinq ans, on réalise que cet indicateur a progressé de plus de 150% malgré la crise.
D’autres indices boursiers ont été conçus par les banques d’affaires de la place, pour permettre aux investisseurs de suivre les principales secteurs et valeurs de la cote sans trop se disperser. Le Madex, en effet, contient plus d’une cinquantaine de titres. Il y a par exemple le CFG 25, créé par la banque d’affaires éponyme, et le BCEI 20, indice lancé en 2009 par BMCE Capital. Le premier affiche une performance depuis le début de l’année de près de 18%. Quant au second, il a progressé de plus de 22%.
Sachez qu’avec un portefeuille de 1 MDH, un investisseur particulier peut répliquer l’un des indices précités, sans grande marge d’erreur. Il peut par la suite modifier la composition de son portefeuille en fonction de la fluctuation des valeurs qu’il contient et des changements qui surviennent dans l’indice de référence.
Avant de parler plus en détail de la manière dont un particulier peut suivre un indice, examinons les avantages de ce type de gestion. Cette forme d’investissement en Bourse est appelée par les spécialistes «la gestion passive». Elle est d’ailleurs utilisée par les gérants d’Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) dans la gestion de plusieurs fonds de la place. Son principal avantage est qu’elle limite les frais d’intermédiation. Les seuls mouvements dans le portefeuille ont en effet lieu uniquement lorsque des modifications de la composition de l’indice de référence sont réalisées. «Une, deux, voire trois actions peuvent sortir de l’indice et être remplacées par de nouvelles, ou alors changer de pondération, ce qui n’arrive que quelquefois dans l’année», affirme un gérant d’OPCVM.
L’autre principal avantage réside dans l’efficacité de cette technique de gestion. En étudiant l’historique des résultats des gérants d’OPCVM, les experts se sont aperçus que la gestion indicielle obtenait des performances supérieures à la gestion active (gestion basée sur des arbitrages indépendants de la physionomie du marché) au-delà d’une période de cinq années. «Si l’horizon de placement d’un investisseur est par exemple de huit ans, il a tout intérêt à opter pour une gestion passive de son portefeuille, celle-ci ayant 90% de probabilités d’obtenir une performance supérieure à la gestion active», explique un analyste financier.
Pourquoi donc prendre des risques, faire des arbitrages et miser sur une poignée de valeurs, alors que répliquer un indice du marché demeure profitable à long terme ?
Prenons un investisseur qui veut répliquer la performance du Madex. Avec un portefeuille initial de     1 MDH, cela est possible avec une certaine marge d’erreur qu’on appelle erreur de réplication. Pour faire simple, mieux vaut ne retenir que les valeurs qui dépassent un certain poids dans l’indice, par exemple 0,2%. Car si le Madex reflète la performance des valeurs les plus liquides, c’est-à-dire cotées en continu, il faut savoir que celles-ci ont atteint le nombre de 60, ce qui rend difficile le fait de respecter la composition de l’indice, pour la partie des valeurs qui pèsent peu, avec un portefeuille de 1 MDH seulement.
Si l’on ne retient que les titres qui pèsent plus de 0,2% dans l’indice, on se retrouve avec un portefeuille composé de 38 titres. Télécoms, banques, assurances, matériaux de construction, immobilier, distribution, agroalimentaire…, tous les principaux secteurs de la cote y figurent. Le poids des valeurs dans l’indice est proportionnel à la taille de leur capitalisation flottante, c’est-à-dire la quantité réelle de titres qui peuvent s’échanger sur le marché. Ce poids évolue peu avec le temps. Par exemple, Maroc Telecom a toujours eu une pondération comprise entre 19% et 20%. Ce n’est qu’après l’introduction ou le retrait d’une valeur de l’indice que sa composition peut changer de manière significative. Il y a aussi le changement de la taille du flottant, suite à une opération sur le capital d’une société cotée, qui peut modifier la composition de l’indice. Par exemple, suite au récent franchissement à la hausse du seuil de 5% de la participation du RCAR dans le capital de Salafin, son flottant est passé de 30 à 25% le 28 octobre. Son poids dans l’indice sera ainsi revu à la baisse, et le poids des autres valeurs du Madex sera modifié en conséquence.

Maroc Telecom, Attijariwafa bank et Addoha représentent 43% du Madex

La composition du Madex est disponible au grand public sur le site web de la Bourse de Casablanca. Pour répliquer cet indice avec un portefeuille de 1 MDH, il suffit de répartir cette somme sur les valeurs qui le composent en fonction de leur poids. Par la suite, en divisant la somme à allouer à chaque valeur par son cours boursier, on obtient le nombre de titres qu’il faut en acheter. Pour des sociétés comme Maroc Telecom, Attijariwafa bank ou Addoha, dont le flottant en Bourse est significatif, l’achat des titres peut se faire rapidement et à un cours maîtrisé. Ces trois sociétés représentent d’ailleurs 43% du Madex (voir tableau en page précédente pour le détail des pondérations). Tandis que pour d’autres, un temps d’attente est nécessaire avant de pouvoir se procurer la quantité de titres souhaitée.
Les indices des banques d’affaires de la place sont, eux, plus faciles à répliquer, car ils sont composés d’un nombre limité de valeurs cotées. Le CFG 25 contient, comme son nom l’indique, 25 actions cotées, avec des pondérations assez différentes de celles du Madex. Mais il n’empêche que l’indice reste relativement peu volatile et affiche des performances satisfaisantes : 18% de hausse depuis le début de l’année et 3,8% sur deux années glissantes, sachant qu’en 2008, le marché boursier a reculé de 13%, et en 2009, il a baissé de près de 5%. Télécoms, banques, cimenteries, immobilier, agroalimentaire, assurances, mines…, l’indice couvre tous les principaux secteurs de la cote et sélectionne les valeurs les plus performantes de chaque compartiment.
Quant au BCEI 20 (BMCE Capital Equity Index), il a été conçu en 2009 par BMCE Capital pour apporter aux investisseurs professionnels et particuliers un benchmark représentatif (une grande part du capital flottant de la Bourse de Casa), liquide (possibilité d’acheter ou de vendre les valeurs qui le composent au prix affiché et à un volume important) et facilement réplicable (une vingtaine de valeurs à suivre seulement). Il couvre également les principaux secteurs de la cote (banques, télécoms, immobilier, mines…), mais ses pondérations sont très différentes par rapport à celle du CFG 25 ou du Madex. Par exemple, si le poids de Maroc Telecom est de 19,4% dans le Madex et de 26,3% dans le CFG 25, il ne dépasse pas 15% dans le BCEI 20. En réalité, chaque indice privilégie certains secteurs plus que d’autres. Celui de BMCE Capital, par exemple, ne contient aucune valeur du secteur agroalimentaire.
D’une manière générale, même si le poids d’une valeur ne dépasse pas 1% dans un indice, il ne faut pas hésiter à faire l’effort de l’intégrer dans votre portefeuille. Outre la diversification et la réduction des risques que cela permet, l’acquisition de titres à faible poids peut offrir des opportunités intéressantes, que ce soit en termes de performances ou de dividendes. Managem, par exemple, ne pèse que 0,9% dans le Madex. Pourtant, elle a sensiblement contribué à sa performance de 19% car l’action de la compagnie minière a pris plus de 110% depuis le début de l’année.

Bien choisir le type d’ordres de bourse à émettre pour acheter certains titres rares

De plus, acheter et suivre toutes les actions qui composent un indice est devenue une tâche plus accessible même pour un particulier. Les services de bourse en ligne, que de plus en plus de sociétés de bourse proposent, permettent en effet d’acheter ou de vendre en clic, ainsi que de suivre l’évolution du marché et de son portefeuille en temps réel. Wafa Bourse, BMCE Capital, Upline securities (groupe Banque Populaire), CDG Capital, Dar Tawfir…, ce sont là autant d’intermédiaires boursiers qui offrent ces services ou qui sont en train de les développer. Leur coût reste assez faible, avec un abonnement qui ne dépasse pas les 200 DH et des frais de courtage se limitant à 10 DH par opération.
Cela dit, malgré cette meilleure accessibilité au marché, il faut bien choisir le type d’ordres de bourse à émettre et savoir comment bien les remplir pour pouvoir acheter certaines actions qui se font rares sur le marché. Par exemple, il vaut mieux émettre un ordre «au marché» pour pouvoir acheter plus facilement un titre, au lieu d’opter pour un ordre «limité» qui peut rester en attente plusieurs jours sans être exécuté.
Par ailleurs, il faut savoir que le cours élevé, en absolu, de certaines actions rend difficile le fait de répliquer un indice avec un portefeuille de 1 MDH seulement. Par exemple, le cours de Centrale Laitière dépasse les 12 000 DH, et pour répliquer le Madex, on ne doit en acheter qu’une seule action, ce qui est assez difficile à réaliser. Plusieurs sociétés cotées ont procédé au split de la valeur nominale de leurs actions (division par dix), ce qui a rendu leurs titres plus liquides, et donc plus accessibles. Mais la majorité des entreprises de la cote n’y ont pas encore procédé.
Si davantage de sociétés opèrent un split de leur valeur nominale, répliquer un indice comme le Madex deviendra plus facile.