14,7 milliards de DH de dividendes à  distribuer au titre de 2006

13,8 milliards de dividendes ordinaires à  distribuer, soit 14,6% de plus qu’en 2005.
Maroc Telecom, Attijariwafa bank et Lafarge Ciments ont été les plus généreux…
Des taux de rendement dépassant 7,5%, mieux qu’un placement obligataire !
Sans parler de la plus-value.

Ceux qui ont placé leur argent sur le marché boursier depuis le début de l’année sont aux anges. Les sociétés cotées sur la place casablancaise ont réalisé, dans leur ensemble, des performances boursières très honorables (progression de plus de 32% du Masi au 4 mai 2007) et ont annoncé des résultats plus que satisfaisants au titre de l’année 2006, ce qui s’est traduit par une distribution de dividendes attrayante. En effet, les valeurs de la cote (à l’exception de Cartier Saada, IB Maroc, LGMC et Unimer qui ont un exercice fiscal à cheval) ont décidé de distribuer des dividendes totalisant 14,7 milliards de dirhams.

Un chiffre englobant aussi bien les dividendes ordinaires qu’extraordinaires que quatre sociétés ont décidé de servir au titre de l’année 2006 (Eqdom, Lafarge Ciments, Brasseries du Maroc et BMCI, pour un montant de 896 millions de dirhams). Si on prend uniquement la distribution récurrente, le montant ressort à 13,8 milliards de dirhams, contre 12 milliards distribués au titre de l’exercice 2005, soit une hausse de 14,6%.

Cette évolution à deux chiffres s’explique évidemment par la bonne progression du résultat net global des sociétés cotées mais aussi par l’amélioration du taux de distribution des dividendes pour certaines valeurs. Rappelons que le bénéfice global de l’année 2006 s’est établi à 19,6 milliards de dirhams, en hausse de 16,8% par rapport à 2005 (voir Spécial résultats 2006 encarté dans La Vie éco du 27 avril dernier).

Un autre élément a eu également un impact positif sur la croissance des dividendes en 2006. «Les sociétés introduites entre 2006 et début 2007 et qui ont décidé de distribuer une partie de leurs bénéfices ont contribué à l’augmentation des dividendes servis à hauteur de 400 millions de dirhams», fait remarquer un analyste financier de la place. En effet, parmi les 11 sociétés introduites depuis début 2006, sept ont décidé de distribuer des dividendes (Addoha principalement, avec 337 millions de dirhams ou 25 dirhams par action, suivie par Fénié Brossette, Colorado, Distrisoft, HPS, Matel PC Market et SRM). Mais même en neutralisant l’impact de ces nouvelles recrues, les dividendes de l’année 2006 auraient progressé de 11,3% (13,4 milliards de dirhams).

50% du dividende global provient de Maroc Telecom
En termes de structure des dividendes servis, une part importante reste dominée par une seule société cotée. En effet, avec une distribution de 6,9 milliards de dirhams, Maroc Telecom accapare la moitié du dividende ordinaire global (47% en tenant compte des distributions exceptionnelles). L’opérateur historique des télécommunications a ainsi décidé de distribuer plus que son résultat net part du groupe de l’année 2006 (6,7 milliards de dirhams, soit un taux de distribution de 103%) étant donné le bon comportement de l’ensemble de ses segments d’activité et le niveau confortable de sa trésorerie qui lui permet à la fois de rémunérer ses actionnaires et de poursuivre sa stratégie d’investissement.

Les 6,9 milliards de dirhams correspondent à 7,88 dirhams par action, 13,2% de plus que le dividende ordinaire servi au titre de 2005. Rappelons que l’opérateur avait distribué un dividende exceptionnel de quatre dirhams par action, ce qui avait porté le niveau global de sa distribution de 2005 au montant faramineux de 9,6 milliards de dirhams.

En deuxième position figure Attijariwafa bank. La distribution du groupe représente 6,3% du total pour un montant de 868 millions de dirhams (43% du résultat net part du groupe de la banque). Ce niveau correspond à un dividende de 45 dirhams par action, en hausse de 25% par rapport à 2005. Notons que le bénéfice net du groupe a franchi le cap de 2 milliards de dirhams, en progression de 23,6%.

La troisième place revient au cimentier Lafarge, avec un dividende ordinaire de 619 millions de dirhams (130 dirhams par action), ce qui représente 4,5% du total. Lafarge a également servi un dividende exceptionnel de 128 dirhams par action (609 millions de dirhams). En tenant compte de cette distribution, la société se positionne en deuxième place avec 1,23 milliard de dirhams (8,36 du total). Ces trois sociétés sont suivies par Ona (3,80%), BMCE Bank (2,88%) et Sonasid (2,83%).

Des taux de rendement allant jusqu’à 7,6%
Le niveau des dividendes distribués au titre de l’année 2006 a permis aux taux de rendement (dividende sur cours boursier ou dividend yield) des différentes valeurs de la cote de s’améliorer significativement. Bien que les investisseurs en Bourse, surtout les particuliers, s’intéressent surtout à la plus-value, le bon comportement des résultats des sociétés cotées, et donc des dividendes, a hissé le rendement de certaines valeurs à plus de 5%, ce qui représente un gain non négligeable. Dans l’ensemble, et par rapport aux cours de fin décembre 2006, 26 valeurs affichent ainsi des taux de rendement entre 2% et 4% et 15 d’entre elles ont dépassé la barre des 4%, dont deux présentent même des taux supérieurs à 7%. Il s’agit de Maghrebail et Acred.

La première affiche un taux de rendement de 7,62%, avec un dividende distribué de 40 dirhams par action (contre 31 dirhams en 2005) et un cours de 525 dirhams à fin 2006. Il faut dire que le cours de la société a connu une croissance modérée en 2006 (+22%), comparativement à la performance globale du marché (+71%), contrairement à d’autres valeurs dont les cours ont énormément pris, ce qui a conduit à la baisse de leurs taux de rendement. Néanmoins, Maghrebail a connu un engouement particulier depuis le début de l’année 2007, enregistrant une progression de plus de 50% au 4 mai. Quant à Acred, son taux de rendement s’établit à 7,36%, avec un dividende de 42 dirhams par action (contre 40 dirhams en 2005) et un cours boursier de 571 dirhams.

Notons que ce dernier a connu une progression importante en 2006 (+63%) et continue sur son trend haussier en 2007, avec une super-performance de 218%. La valeur associe ainsi rendement et croissance. Et c’est également le cas d’Afriquia Gaz qui vient en troisième place. Son taux de rendement se situe à 6,12%, avec un dividende qui a augmenté de 80% par rapport à 2005 (52 dirhams par action) et un cours qui a progressé d’autant en 2006 et qui continue sur sa lancée en 2007 (+61%).

La plus grande capitalisation de la place arrive, quant à elle, en 4e position, confirmant son statut de valeur de rendement, avec un taux de 6,08%. Le titre Maroc Telecom a connu, en effet, une évolution mature en 2006 (+29,5%) qu’il semble maintenir au cours de cette année (+10,4% au 4 mai). Dans les positions suivantes figurent Agma Lahlou Tazi, Branoma et Zellidja avec des taux de rendement respectifs de 6,03%, 5,83% et 5,71% (voir tableau ci-dessus).

Enfin, il faut noter que les rendements de certaines grosses capitalisations, considérées par le marché comme des valeurs de fonds de portefeuille, se situent au-dessous de 3% étant donné que leurs cours ont progressé d’une manière fulgurante en 2006. Il s’agit notamment d’Ona (1,95%), Attijariwafa bank (1,96%), BMCE Bank (2%), Ciments du Maroc (2%) et la BCP (2,57%).

Ailleurs :
Impôt sur les dividendes : le Maroc reste peu avantageux

En comparaison avec d’autres places boursières, arabes ou européennes, le marché casablancais reste peut attrayant en termes d’imposition des dividendes. Pour rappel, ces derniers font l’objet d’une taxation d’office égale à 10% (prélevés à la source), aussi bien pour les personnes physiques que morales, résidentes ou non, et sans aucun abattement.

Dans des Bourses comme celles de Tunisie et d’Egypte, les dividendes sont totalement exonérés d’impôt, tout comme les plus-values sur cessions d’actions et ce, afin d’encourager l’investissement financier et de développer le marché.

Même dans des places financières plus développées, telles que la Bourse de Paris, le législateur accorde aux épargnants et investisseurs un premier abattement de 50% sur le montant total des dividendes encaissés, suivi d’un deuxième abattement forfaitaire de l’ordre de 1 220 euros pour une personne et de 2 440 euros pour un couple marié. De plus, un crédit d’impôt de 50% sur le montant restant est consenti dans la limite de 150 euros pour une personne et 300 euros pour un couple marié