Tom Hill : «Nous avons identifié de nombreux domaines de complémentarité entre nos deux économies»

Tom Hill

Le Maroc et le Royaume-Uni comptent booster leurs échanges économiques favorisés par un accord d’association post-Brexit. La point avec le Consul général et directeur Maroc du Département du commerce international.

Quel bilan faites-vous de l’accord d’association entre le Maroc et le Royaume-Uni ?
L’accord d’association entre le Royaume-Uni et le Maroc, signé à l’occasion du Brexit, en vigueur depuis le 1er janvier 2021, fournit un cadre propice et ambitieux pour travailler ensemble dans l’objectif d’accroître le commerce et les investissements bilatéraux. Cela ne peut que soutenir la croissance économique, les emplois et l’innovation dans les deux Royaumes. Grâce à cet accord, les échanges se sont considérablement évolués entre juillet 2021 et juin 2022, le commerce total de biens et de services s’est élevé à 2,7 milliards de livres sterling, soit près de 35 milliards de dirhams.

Quels sont les secteurs prometteurs identifiés dans le cadre de cette nouvelle dynamique ?
Nous avons identifié de nombreux domaines de complémentarité, en particulier en ce qui concerne le Nouveau modèle de développement initié par le Roi Mohammed VI et les réformes engagées par le Maroc pour relever les défis dans des domaines comme l’énergie, l’agriculture et l’eau. Par ailleurs, le Royaume-Uni dispose d’une expertise reconnue à l’échelle mondiale dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Nous ambitionnons de partager ce savoir-faire avec le Maroc pour renforcer nos liens. D’ailleurs, un campus universitaire britannique verra le jour prochainement au Maroc et le nombre d’écoles britanniques continue d’augmenter au Royaume.

Vous êtes également Directeur Maroc du Département du commerce international (DIT). Comment comptez-vous concrètement booster les échanges économiques entre les deux pays ?
Nous disposons de plusieurs mécanismes et leviers qui nous permettent de travailler en étroite collaboration avec le Maroc pour renforcer nos liens économiques. Nous fonctionnons par secteurs spécifiques bien ciblés. Nous organisons des visites ministérielles et nous disposons d’un Conseil d’association annuel qui nous permet d’examiner les possibilités de renforcement de l’accord commercial. De même, le Royaume-Uni a mis en place un bureau du Département du commerce international à Casablanca, qui travaille en étroite collaboration avec des partenaires du gouvernement marocain et du secteur privé pour soutenir les différents projets et promouvoir les opportunités commerciales. Fin novembre 2022, nous avons célébré le lancement de UK Export Finance au Maroc.
Il s’agit de la première agence de crédit à l’exportation au monde. Nous avons initié une ligne de crédit de 4 milliards de livres sterling, soit près de 51 milliards de dirhams, pour soutenir des projets privés et publics au Maroc. UKEF propose des solutions de financement attractives pour les projets, à condition de s’approvisionner d’au moins 20% au Royaume-Uni. Enfin, la Chambre de commerce britannique pour le Maroc (Britcham) travaille depuis 1923 pour accroître les opportunités commerciales entre le Royaume-Uni et le Maroc, par le biais de la sensibilisation, du soutien, de la mise en réseau, de l’échange de l’information et des services aux entreprises.

Qu’en est-il des investissements britanniques au Maroc ? Comment les promouvoir davantage ?
Au cours des six dernières années, les investissements directs à l’étranger (IDE) britanniques se sont élevés à plus de 1,4 milliard de livres sterling, soit plus de 18 milliards de dirhams, avec plus de 30 entreprises britanniques investissant dans l’industrie, l’agriculture, l’exploitation minière, l’automobile, les services aux entreprises et la recherche et le développement. Nous travaillons en étroite collaboration avec la Britcham pour soutenir et promouvoir ces entreprises et attirer d’autres investisseurs potentiels, notamment par le biais de webinaires, de missions commerciales et d’événements sectoriels.