Première division de la Botola : 600 MDH de recettes globales en 2019

Une moyenne de 37,5 millions de dirhams de recettes est réalisée par les clubs de première division en 2019. Les dettes s’élèvent à 280 millions de dirhams, contre 137 MDH de créances.

Les dettes sont ce qui attire souvent le plus d’attention autour des clubs de football au Maroc. Or, en examinant les chiffres 2019, réalisés par la FRMF, en se basant sur les chiffres fournis par les seize clubs de la première division, à fin juin 2019, on peut dire que cela ne reflète pas la réalité. En effet, l’estimation statistique des recettes pour l’année 2019 montre un chiffre global de 600 millions de dirhams, ce qui correspond à une moyenne de 37,5 MDH par club. Cette performance est qualifiée de «bonne» par Abdelaziz Talbi, président de la Commission de gestion et de contrôle (CGC) au sein de la FRMF. En 2018, le total des recettes de l’ensemble des seize clubs de la première division de la Botola est de 610 MDH, en hausse de 20% par rapport à 2017. En ce qui concerne la masse salariale, qui représente plus de 80% des charges des clubs cités, elle est estimée à 350 MDH, donc une moyenne d’environ 22 MDH par club. Pour ce qui est de l’estimation des recettes en tant que telle, M. Talbi assure qu’il n’y aura pas de changement significatif une fois les données réelles récoltées en fin d’année. «Effectivement, nous aurons des recettes globales plus ou moins égales à 600 MDH», a-t-il assuré.

La situation des clubs n’est pas homogène

Globalement, les clubs vont bien mais leur situation financière n’est évidemment pas homogène. «Huit clubs sur seize ont une situation équilibrée, ce qui signifie des fonds propres positifs et un ratio masse salariale rapporté au produit de l’exercice inférieur à 70%», souligne Abdelaziz Talbi. Quatre clubs présentent par ailleurs une situation moyenne, «ce qui indique une situation fragile sans être inquiétante».

Cela étant dit, certains clubs de cette catégorie arrivent à un stade où la masse salariale peut monter jusqu’à 80% des recettes – un seuil alarmant – ou même des fonds propres négatifs. En revanche, les quatre clubs restants présentent tous une situation nettement négative, avec un niveau de masse salariale supérieur à 70%. «Ces clubs se trouvent dans une telle situation que nous avons pris la décision de plafonner leur masse salariale», précise Abdelaziz Talbi. Effet direct de cette mesure, le recrutement de nouveaux joueurs sera bridé.

Des dettes oui, mais des créances aussi !

Les dettes des clubs de la première division s’élèvent à 280 millions de dirhams. Dans la mesure où les recettes atteignent 600 MDH, «ce chiffre ne doit pas être considéré comme inquiétant. Comparé à d’autres secteurs, ce n’est pas très grave», estime le président de la CGC. Mieux encore, les créances qui atteignent aujourd’hui 137 MDH atténuent l’impact des dettes sur les comptes. Dans le détail, ces créances s’accumulent à cause des retards accusés au niveau du déblocage des subventions ou au niveau du recouvrement des recettes du sponsoring. «Parfois, les parts des droits de transmission télévisuelle, rétrocédées par la fédération, arrivent aussi en retard. Il y a également les créances dues aux autres clubs à prendre en compte», précise M. Talbi. Or, faut-il préciser que huit clubs de la première division sur seize accaparent 80% des dettes, alors que certains clubs ont pratiquement un niveau de dettes égal très bas.

Autre caractéristique spécifique du football national, le nombre des litiges est très important, comparé à d’autres pays. Cela peut aller de la vente d’un joueur sous contrat à la résiliation non conforme d’un contrat d’entraîneur. Y a-t-il un impact sur les comptes? Oui, dit Abdelaziz Talbi qui précise que les frais engendrés par les litiges sont quand même provisionnés dans les comptes. «Ce sont des charges à part entière», poursuit-il. D’autres cas ont impacté également les résultats des clubs en cette année 2019, en lien avec les dettes. En effet, la FRMF a pris une mesure s’apparentant à une sorte de retenue à la source. Certains clubs ont ainsi été «exclus» des droits de transmission télévisée. A cause justement de leur niveau de dettes très élevé.

Tableau récapitulatif des derniers chiffres des clubs de la 1ére division de la Botola (en millions de dirhams)
Tableau récapitulatif des derniers chiffres des clubs
de la 1ére division de la Botola (en millions de dirhams)