Vaccin antigrippal obligatoire ? par pour tous

La faiblesse résultant de la grippe peut durer 6 semaines et la productivité être affectée pour 2 semaines.

En ce début de saison, la hantise des biologistes, des médecins et des épidémiologistes à travers le monde est la cassure ou modification de la structure du virus responsable de la grippe, rendant les vaccins actuels inefficaces. Cela se traduirait par la mort de milliers voire de millions de personnes à travers le monde.
La grippe est une maladie invariable provoquée par un virus variable. En effet, l’agent causal est un virus très variable dans son pouvoir pathogène, sa contagiosité et son épidémiologie, tient à préciser le professeur Rajae El Aouad, directrice de l’Institut national d’hygiène.

Surveillance épidémiologique de la grippe depuis 1996
Le plus souvent considérée comme une maladie bénigne, la grippe peut toutefois se transformer en affection maligne dans certaines situations à risque, c’est pourquoi la vaccination est fortement conseillée pour des groupes de personnes bien déterminés.
Les personnes pour lesquelles la vaccination est fortement recommandée sont les personnes de 65 ans et plus; les adultes et les enfants ayant des troubles cardiaques ou pulmonaires assez graves, les enfants et les adultes atteints de maladie chronique telle que le diabète sucré, le cancer, une déficience immunitaire, ceux prenant des immunosuppresseurs, atteints de maladies rénales, d’anémie….
La grippe en milieu professionnel peut être responsable de conséquences sanitaires assez lourdes. Elle impose un coût (frais médicaux, pharmaceutiques et frais d’hospitalisation en cas de complications), d’autant plus si le salarié n’est pas mutualiste ou assujetti à la sécurité sociale
A cela s’ajoute le handicap et la gêne provoqués par les symptômes de la grippe, en particulier la toux et la faiblesse qui peuvent durer jusqu’à 6 semaines et rendre l’activité physique difficile. Chez les sujets âgés ou souffrant de problèmes chroniques, elle peut entraîner une pneumonie voire le décès.
Les coûts liés à la grippe en milieu professionnel peuvent résulter des facteurs suivants : absentéisme (la durée moyenne d’absence en cas de grippe est de 6 jours) ; coût des remplacements et des heures supplémentaires ; interruptions de la fourniture de service et/ ou du produit et perte ou diminution des ventes et/ ou de la production. La production individuelle peut être compromise pendant une période pouvant aller jusqu’à deux semaines après une infection grippale.
L’environnement professionnel est un milieu favorable à la transmission rapide du virus de la grippe. Les conséquences sanitaires et socio-économiques de cette affection virale, dont l’éradication n’est pas d’actualité, peuvent être assez importantes.
Ainsi, la vaccination reste le meilleur moyen pour lutter contre la grippe. Dans ce sens le médecin de l’entreprise ou du travail reste juge de la décision de vacciner ou non tous les travailleurs. Mais combien d’entreprises marocaines disposent d’un service de médecine du travail digne de ce nom ?
Au Maroc, l’absence de données sur les épidémies de grippe et sur les virus grippaux a motivé la mise en place en 1996 d’un système de surveillance épidémiologique de la grippe, initié par le laboratoire d’immunologie virologie de l’Institut national d’hygiène du ministère de la Santé.
La grippe fait ainsi l’objet d’une surveillance virologique saisonnière. Le laboratoire d’immunologie assure l’isolement et l’identification des virus de la grippe A et B à partir de prélèvements de cas d’infections respiratoires aigues de type syndrome grippal qui lui sont adressés par les médecins (généralistes, pédiatres et pneumo-phtisiologues).
Au cours de la saison grippale 2003-2004 (septembre 2003-mai 2004), les médecins volontaires du secteur libéral étaient au nombre de 73 répartis sur 7 villes du Royaume. Le travail de ce réseau marocain a permis une sélection des virus isolés au Maroc qui ont été envoyés au laboratoire régional de référence à Londres, qui a confirmé la conformité avec les souches vaccinales. Le même travail sera fait durant la saison grippale 2004-2005. Cette opération apportera des informations scientifiques qui contribueront à la mise en place du vaccin antigrippal pour l’année prochaine, comme c’est le cas pour tous les pays faisant partie du réseau international de surveillance de la grippe de l’OMS.