Vacances des enfants : offre restreinte et prix relativement élevés…

Pour les parents, occuper les enfants pendant le mois de juillet reste un véritable casse-tête. Au moins 1000 DH pour une semaine de distractions et d’activités d’éveil. Clubs et crèches pour les enfants de 8 à 12 ans, choix limités pour les jeunes adolescents. Les familles les plus aisées installent leurs enfants dans leur résidence secondaire.

Occuper les enfants pendant les deux mois de vacances est un véritable casse-tête pour les parents qui tiennent à mettre en place toute une organisation afin de pouvoir joindre l’utile à l’agréable. Autrement dit, qu’elles soient un prolongement de l’école en termes d’apprentissage sans pour autant présenter de contraintes particulières. Car, selon Dounia Berrada, pédopsychologue, «passer des journées devant la télévision ou à jouer des jeux électroniques est une occupation de plus en plus dangereuse pour l’épanouissement personnel de l’enfant et pour sa santé. Donc, nous conseillons de plus en plus aux familles de placer leurs enfants dans des centres spécialisés offrant des activités culturelles et artistiques en attendant de partir en vacances en famille».

Les familles sont en effet de plus en plus nombreuses à opter pour les centres de vacances. Et pour répondre à cette demande croissante, les gérants proposent des formules, en journée ou demi-journée, adaptées à l’âge des enfants et surtout aux contraintes professionnelles des parents.

Un tour auprès de divers centres et écoles a permis de constater que, globalement, les prestations proposées tournent autour du divertissement éducatif. «C’est important, car il faut allier le jeu et la décontraction à l’apprentissage. De ce fait, les centres spécialisés organisent leurs programmes autour du sport et de l’initiation artistique», explique Dounia Berrada qui place elle-même, chaque année, ses deux filles en centre aéré. A l’Atelier Vitalis à Casablanca, les activités de vacances portent essentiellement sur la musique et l’art plastique. «Nous proposons des stages de chants, de batterie, de piano, de violon et d’art plastique. Nous recevons les enfants en groupe de dix maximum pour une période de cinq jours pour un stage de perfectionnement ou d’initiation», avance une responsable de l’Atelier Vitalis. Un stage d’une semaine qui coûtera aux parents 1600 DH (hors déjeuner apporté par les familles) comprenant un goûter. Les enfants sont accueillis de 10 à 16 heures du lundi au vendredi. Sont également proposés des cours particuliers de musique à un tarif de 380 DH de l’heure. «Toutes nos activités en arts plastiques sont axées sur le recyclage pour également sensibiliser les enfants à l’écologie et la préservation de l’environnement. Nous avons donc des ateliers de poteries, de sculptures, de tissage, etc.», indique la responsable de l’Atelier Vitalis.

A la Fondation des œuvres laiques (FOL), l’accent est mis sur l’accompagnement artistique et culturel des enfants. Les activités sont centrées sur les travaux manuels, le dessin et la musique. La restauration étant à la charge des parents. La semaine est facturée 900 DH.

Mettant en avant l’épanouissement culturel de l’enfant, Casa Del Arte, située dans le quartier Oasis, propose également des stages durant les grandes vacances. La danse (classique, orientale, moderne, salsa et tango,…), la musique (piano, guitare, violon,…), la peinture, la sculpture, le théâtre et la photographie sont les principales activités organisées pendant toute l’année.

Les communes absentes

Pour les plus jeunes, de nombreuses crèches restent ouvertes durant le mois de juillet. «C’est une prestation que nous offrons aux parents afin de les aider à organiser les vacances de leurs enfants en attendant leur congé. Nous avons pu fidéliser plusieurs familles qui n’hésitent plus maintenant à laisser leurs enfants à la crèche durant le mois de juillet. Nous avons environ une soixantaine d’enfants, chaque année, et, pour renforcer notre équipe nous recrutons des animateurs, filles et garçons, ayant des diplômes en animation et loisirs. Nous avons 13 personnes pour encadrer les enfants dans diverses activités qui consistent en travaux manuels, dessin et musique. Une fois par semaine, nous les emmenons à la plage privée à Dar Bouazza pour un après-midi en plein air…», détaille Mme Mouhssine du «Monde des Bambins» à Ain Sebaa. Les parents doivent, pour cette formule, s’aquitter de 3 500 DH pour quatre semaines. Pour une semaine, le prix est de 1 600 DH.

Chez Mama Habiba, Ecole et Club de vacances, la devise est «Confiez-nous vos enfants, nous savons les aimer». Ainsi, depuis près de 30 ans, cette institution accueille les enfants pendant l’été, soit en club externat ou en vacances résidentielles. Pour le premier cas, les enfants sont accueillis le matin à l’école pour y passer la journée et sont encadrés par des jeunes dans différentes activités d’arts plastiques, de jeux collectifs, de musique et de danse.
Pour la formule «séjours résidentiels», les enfants passent 10 jours dans une ferme dans les environs de Casablanca. Le programme est diversifié : natation, athlétisme, football, basket-ball et volley-ball, cours théoriques et pratiques d’équitation, ateliers artistiques de musique, de danse et dessin. Ce séjour revient à 4 000 DH.

Selon Dounia Berrada, «l’offre de vacances reste quand même, malgré les efforts des diverses structures, limitée et sélective. Car pour avoir une structure d’accueil de qualité, des prestations et un encadrement adapté à des enfants âgés de 5 à 12 ans, il faut payer cher. La semaine est en moyenne de 1 000 DH, que peu de familles peuvent se le permettre car il ne faut pas oublier qu’après le séjour en club ou en crèche, il faut payer les vacances en famille et puis il y a la rentrée scolaire donc des charges en plus».

Un jeune animateur de la FOL reconnaît la cherté de ces formules de vacances et déplore l’existence de clubs gérés par la ville car «ce serait une bonne chose. La ville pourrait louer des clubs et recruter des jeunes spécialisés en animation et loisirs. Cette formule présente plusieurs avantages : la création d’emplois, la prise en charge des enfants en leur proposant des vacances intéressantes et intelligentes et permettrait à des enfants qui ne partent pas en vacances de s’occuper pendant l’été. Le tarif devrait être étudié et donc accessible à un grand nombre de familles». Il ne manque pas d’ajouter «que plusieurs familles aujourd’hui hésitent à envoyer leurs enfants dans les colonies en raison des incidents qu’il y a eu il y a quelques années et il faut donc les encourager et les motiver en proposant des formules intéressantes».

Par ailleurs, pour les familles aisées, des formules «Kids Clubs» sont proposées par les clubs privés de Casablanca, notamment le Tahiti Beach, le Paradise, le Miami Beach. Ce sont des formules plutôt destinées aux jeunes de plus de 10 ans et dont le coût peut aller jusqu’à 5000 DH pour une durée de trois semaines… Lorsque les enfants ne souhaitent pas fréquenter les clubs, les parents possédant des résidences secondaires, «ont des formules personnelles: ils installent, dès la fin juin, leurs enfants avec le personnel de maison à la plage et font la navette pour aller travailler ou ne s’y rendent que les week-end si la distance est longue», explique Mme Berrada qui, tout en reconnaissant le soulagement apporté par cette solution aux parents actifs, préfère «les vacances en clubs pour permettre une sociabilité des enfants, un épanouissement dans un cadre autre que celui familial et un contact avec d’autres enfants et d’autres adultes».

Autre possibilité d’épanouissement, les séjours linguistiques à l’étranger. Aujourd’hui, les agences de voyages proposent des formules en France, Angleterre, Irlande ou Espagne pour un séjour de deux semaines. Montant de la facture: entre 18 000 et 26 000 DH en fonction de la destination.