Santé : le HCP note tout de même des améliorations

Dans son rapport, rendu public le 30 octobre, le HCP revient sur l’amélioration de la santé maternelle et infantile. L’accès gratuit aux soins et au dépistage a réduit les cas de sida et de tuberculose. Le Maroc est certifié exempt de paludisme depuis 2010 par l’OMS.

Le Maroc a réalisé des avancées importantes dans le domaine de la santé. Tel est le constat établi par le Rapport national sur la population et le développement du Haut Commissariat au Plan. Il s’agit d’un rapport d’évaluation du plan d’action retenu par la Conférence du Caire de 1994. Plusieurs indicateurs sont alors retenus par ce rapport présenté le 30 octobre par le HCP. Ainsi, il est précisé que le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a connu une baisse notable, passant de 76,1‰ entre 1987-1991 à 27‰ entre 2011-2018. Et ceci suite à la mise en place de plusieurs programmes. Aussi, le taux de mortalité maternelle a enregistré un recul important, passant de 227 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 1985-1991 à 72,6 en 2017.
Globalement, en ce qui concerne la «santé maternelle et infantile, droits et santé de la reproduction», les conclusions du HCP que la baisse du taux de mortalité infantile est le résultat de plusieurs programmes. Le rapport souligne la baisse de la mortalité néonatale survenant durant le premier mois après la naissance. Significatif, ce recul a ramené le taux de mortalité infantile de 31,4% entre 1987-91 à 13,6 pour 1000 naissances vivantes en 2018. Une baisse de 38% par rapport à 2011.

Par ailleurs, le recul de la mortalité maternelle s’inscrit dans le cadre de l’évolution des indicateurs de développement humain durant les dix dernières années. On peut également noter que la baisse de la fécondité et la prévention contraceptive a réduit la morbidité et la mortalité ainsi que les risques liés aux grossesses non désirées et aux interruptions volontaires de grossesse.

Ainsi, la proportion de femmes enceintes qui ont eu recours à une consultation prénatale est de 88,4% et celle de l’accouchement en milieu surveillé est de 86%31 contre respectivement 67,8% et 62,6% en 2003-2004. A également augmenté la proportion des accouchements assistés par un personnel spécialisé, de l’ordre de 86,6% contre 63% en 2003- 2004. Toutefois, des disparités sont à noter en fonction du lieu de résidence. En effet, 79,6% des femmes rurales sont suivies durant leur grossesse contre 95,6% chez les femmes en milieu urbain. La proportion d’accouchement en milieu hospitalier est de 73,7% en milieu rural contre 96% en milieu urbain.

Des programmes spécifiques pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Outre la santé maternelle, infantile et de la reproduction, le ministère de la santé a également axé ses actions sur d’autres problèmes de santé publique. En particulier le VIH, la tuberculose et le paludisme. Selon les estimations du ministère de la santé et du Programme national de lutte contre le sida, la prévalence du VIH se situe à 0,1% et le nombre de personnes qui vivent avec le VIH déclarées depuis 1986 est de 13322 dont 52% des cas ont été enregistrés entre 2012 et fin juin 2017. Plus de 50% des personnes vivant avec le VIH résident dans les trois régions de Souss-Massa, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi. Le rapport du HCP révèle aussi que 67% des nouvelles infections se produisent dans les réseaux des populations les plus exposées aux risques d’infection.
Pour lutter contre cette pathologie, le ministère a mis en place des programmes de prévention, de dépistage et d’extension d’accès aux soins. Ainsi, ce sont 160 960 personnes, parmi les populations à risque, qui ont bénéficié des actions de prévention durant ces trois dernières années. Le programme de réduction des risques auprès des consommateurs de drogues, mené dans les villes de Tanger, Tétouan et Nador, a concerné 4 286 personnes, dont 634 injecteurs. Enfin, le nombre de bénéficiaires du programme de dépistage a triplé, passant de 218 951 à 605 746, dont 154 416 femmes enceintes en consultation prénatale. Enfin, on retiendra qu’en vue de prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant, le pourcentage de couverture de femmes enceintes par le traitement antirétroviral est passé de 33% en 2011 à 62% en 2016.

Le ministère de la santé s’est également attaqué à la tuberculose qui constitue un problème de santé publique au Maroc. Selon les récentes statistiques, 31 452 cas ont été déclarés en 2016. La tuberculose a surtout touché les jeunes âgés de 15 à 45 ans qui représentent 63% des cas enregistrés. Cette maladie est concentrée dans les zones périurbaines des grandes agglomérations. La répartition géographique laisse apparaître la concentration de 87% des cas de tuberculose dans six régions: Casablanca-Settat est en tête avec 26% des cas, suivie de la région de Rabat- Salé-Kénitra (17%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (16%), Fès-Meknès (13%), Marrakech-Safi (10%) et Souss-Massa (6%).

Le ministère de la santé précise que le Programme national de lutte antituberculeuse a permis une amélioration du taux de détection qui est passé de 75 à 83%. Des améliorations ont aussi été enregistrées au niveau de la prise en charge gratuite de cette maladie. Il est à noter que le budget alloué au programme national de lutte antituberculeuse est passé de 30 millions de DH en 2012 à 60 millions en 2016. Le plan stratégique national de lutte antituberculeuse 2017-2021 vise la réduction du nombre de décès liés à la maladie de 40% en 2021. Par ailleurs, le programme national de lutte contre le paludisme, mis en place en 2 000, s’est traduit par une éradication de la maladie puisque, depuis 2005, aucun cas n’a été enregistré. Le Maroc a alors été certifié exempt de paludisme par l’Organisation mondiale de la santé en 2010. Il est à rappeler que le nombre de cas de paludisme est passé d’environ 30 000 en 1965 à une centaine de cas au début des années 2000.