Pollution à  Casablanca : Questions à  Saïd Sebti, Président de l’ONG Casa-environnement

« Nous demandons aux autorités d’appliquer la loi contre tout pollueur ».

La Vie éco : Vous vous remuez pour une ville propre et verte, d’où vient cette passion ?

Tout simplement du fait que le Grand Casablanca devient la région la plus polluée du Maroc. Quand je parle du Grand Casablanca, je signifie la ville de Casa, mais aussi Mohammédia, Nouasser et Dar Bouazza. La plus polluée parce qu’il y a plus d’usines, plus de véhicules qui circulent…, le tout s’associant à un manque de civisme flagrant, non seulement de la part du citoyen lambda, mais aussi de la part des industriels de la région qui déversent leurs rejets et salissent les eaux, ce qui nuit à la santé des habitants. Une population à proximité d’une usine chope automatiquement des maladies. Nous sommes maintenant un réseau de 610 associations, notre travail est la sensibilisation de la population, des pouvoirs publics et des patrons d’usines pour une meilleure qualité de vie à Casablanca. Nous menons des activités tout au long de l’année, notamment les plantations d’arbres, pour rendre l’espace plus vert, car nous manquons cruellement de verdure.

D’où la deuxième édition du concours Casa rues vertes…

Oui, l’édition de cette année aura lieu le 31 mai, et dorénavant ça sera la même date tous les ans, avec le printemps. C’est un concours auquel nous faisons participer la population, une façon d’encourager les habitants de la ville à faire preuve de plus de civisme. C’est une concurrence positive ayant comme objectif l’amélioration du cadre de vie des Casablancais. La ville de Casablanca possède, c’est vrai, beaucoup d’atouts dus à sa force économique, son positionnement géographique et son rayonnement au niveau régional et africain. Néanmoins, cette ville souffre de son expansion rapide qui s’est accompagnée d’un manque notoire d’espaces verts. A la fin de ce concours, nous attribuons des  prix aux meilleures rues vertes et propres à Casablanca.
Les habitants rivalisent pour mettre des pots de plantes devant les magasins, les entrées des bâtiments et sur les balcons, les fenêtres…, tout en respectant les espaces publics comme les rues et les trottoirs. L’année dernière, le prix a été attribué à la résidence Annasr au quartier Moulay Abdellah à Aïn-Chok.

Est-ce à dire que les autorités locales ne font rien pour protéger l’environnement de la ville ?

Elles font pas mal d’efforts, d’ailleurs c’est le Conseil de la ville de Casablanca qui parraine l’édition du concours de cette année. Mais le résultat est là : nos rues sont encore sales et nous manquons d’espaces verts, l’air est très pollué et les décharges sauvages sont partout. Ce que nous demandons aux autorités c’est d’effectuer un contrôle efficace des rejets gazeux qui doivent être traités comme il se doit. Nous voulons que les lois sur les échappements des voitures soient strictement respectées. Des milliers de voitures circulent à Casablanca desquelles s’échappent des tonnes de gaz avec tous leurs effets nuisibles sur la santé des habitants. Nous demandons tout simplement aux autorités l’application des lois contre tout coupable de la pollution et de la dégradation de l’environnement.