Myriam Jebbor aux commandes de «Femmes du Maroc»

Après avoir été journaliste, pendant cinq ans, à  Â«Femmes du Maroc», la romancière Myriam Jebbor a été désignée à  la tête de ce magazine aussi militant que prestigieux
Brève présentation de cette nouvelle directrice, dont les qualités humaines sont indiscutables.

Si on avait dit à Myriam Jebbor qu’un jour elle dirigerait un magazine, elle aurait ri au nez à l’auteur de cette prophétie. Car, dès la jeunesse, son destin semblait tracé. L’écriture était son démon familier. Elle aurait volontiers même laissé tomber les études au Lycée Descartes de Rabat pour se vouer entièrement à son péché mignon, si ses parents ne veillaient pas au grain. La littérature ne nourrit pas son homme, lui martelaient-ils, et c’est la mort dans l’âme qu’elle entreprit des études d’architecture d’intérieur. Domaine avec lequel elle avait des affinités, vu sa curiosité pour l’art.

De l’architecture d’intérieur à l’infographie, puis au journalisme
Au terme de son cursus,  Myriam Jebbor met les voiles vers les rivages lyonnais, où elle s’initie à l’infographie. Sans changer complètement de cap, puisqu’il s’agit d’infographie rattachée à l’architecture d’intérieur. De retour au Maroc, elle rejoint un cabinet d’infographie. Mais elle a besoin d’air, et passer le plus clair de son temps séquestrée dans un bureau, n’est pas franchement sa tasse de thé. Entre-temps, elle compose un roman du meilleur aloi, Dans le cœur des hommes, dont les éditions Traces du présent ne seront pas peu fières. N’étant pas du genre à se tourner les pouces, Myriam Jebbor se met en quête d’une activité. Pourquoi pas le journalisme ?, se dit-elle. Certes, elle n’en connaît pas les arcanes, mais son talent d’écriture n’est pas un atout négligeable.
Justement, Femmes du Maroc recrutait. Myriam Jebbor présenta sa candidature, obtint un entretien et n’eut pas grand mal à convaincre ses futurs employeurs. C’etait parti pour cinq ans. Le temps de s’apercevoir qu’il était difficile de mener de front journalisme et écriture. De fait, après la parution de son deuxième roman, Il était là, qui lui valut le Prix Grand Atlas, elle attrapa la crampe de l’écrivain. Sa maternité l’en guérit. Pour mieux se consacrer à son enfant, elle prit congé de Femmes du Maroc, et mit à profit sa retraite pour trousser un troisième roman. Mais avant que celui-ci ne voie le jour, elle fut sollicitée pour la direction du magazine qu’elle admirait dès son adolescence, et où elle avait reçu le baptême de journaliste. Gageons que cette femme, si discrète, si humble et si attachante, sera à la hauteur de la confiance placée en elle.