Médecine et chirurgie esthétique, un secteur qui ne connaît pas la crise

• Pendant que certaines activités sont impactées par les effets de la pandémie, les diktats de la beauté amplifiés par les réseaux sociaux dopent la demande de l’écosystème anti-âge.

Dans la période que nous traversons, de nouveaux paradigmes de la vie ont surgi, redéfinissant les priorités de chacun. Et pour beaucoup d’entre nous la quête du bien-être en est une. Pour un très grand nombre, cela se traduit par une envie d’améliorer son image physique. L’effet miroir des webcams a aussi contribué à pousser plus d’un à faire plus attention aux imperfections de son apparence avec le désir de les gommer. ‘’Le Zoom-face Envy’’, ainsi qualifié, ce phénomène a suscité depuis la sortie du confinement plus de recours à la médecine et à la chirurgie esthétique. Ce secteur, malgré la crise économique enregistre une hausse de la demande à l’échelle mondiale. Au Maroc, bien que certains praticiens refusent d’effectuer des chirurgies longues, les patients en demandent et le marché marocain de la médecine anti-âge suit bien la courbe ascendante du marché mondial. Dans cette période où la distanciation sociale est de rigueur, c’est de l’avis de certains patients, le moment pour sauter le pas sans se faire remarquer. Et les conditions de prise en charge instaurées depuis le déconfinement n’en découragent pas beaucoup. Pour la préservation de la santé des patients, des mesures drastiques d’intervention de médecine et de chirurgie esthétique ont été instaurées, sur recommandations des sociétés internationales de chirurgie esthétique. «Toutes les personnes affectées de pathologies associées ne sont pas prises en charge. En outre, il est demandé aux patients avant toute opération un test PCR, un scanner thoracique et un bilan sanguin complet, ainsi que la signature d’un consentement éclairé», soutient Dr Wafaâ Mradmi, chirurgien plasticien et présidente de la Société marocaine des chirurgiens esthétiques et plasticiens (SOMCEP). Covid a ainsi changé dans le monde entier la façon de faire la médecine esthétique. Les adeptes continuent toutefois à en demander. Qui sont-ils ? La demande qui s’est démocratisée ces dernières années relève d’une clientèle semblable à celle d’avant la pandémie. Elle provient aussi d’une catégorie sociale de plus en plus jeune en raison de l’effet des réseaux sociaux. Seul fait remarqué dans cette période, les personnes travaillant dans les secteurs touchés par la crise, sont celles apparemment qui ont freiné leur demande. Mais il n’est pas rare de voir des personnes se défaire d’objets de valeur pour sauter le pas de la chirurgie esthétique, avance un professionnel. Quelles sont les opérations les plus prisées ? Les procédures moins invasives, ne nécessitant pas de passage au bloc opératoire comme les injections de botox ou d’acide hyaluronique sont les plus nombreuses, indique Dr Mradmi. Beaucoup de patients tendent aussi à profiter de cette période de distanciation pour demander plusieurs opérations lourdes. Le timing est choisi dans cette période de réclusion forcée. C’est aussi un moyen pour garder le moral et se préparer à la reprise de la vie sociale.