Les applications médicales du nucléaire

Imagerie, radio analyse, thérapie par irradiation des cellules cancéreuses, les domaines d’application de la médecine nucléaire s’élargissent de jour en jour.

Lesecteur médical accueille l’une des principales applications civiles du nucléaire, indique le Pr Nouzha Ben Rais, chef du service de médecine nucléaire à l’hôpital Ibn Sina (HIS) de Rabat et directeur de l’Unité de formation et de recherche (UFR) de biophysique et de médecine nucléaire à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et présidente de l’Association marocaine de médecine nucléaire, à l’occasion du lancement, en avril 2007, du diplôme interuniversitaire de radiobiologie.

Pour le Pr Ben Rais, les doses de radioactivité utilisées pour le diagnostic des maladies sont souvent moins irradiantes que celles des examens radiologiques standard et le bénéfice apporté au patient est indéniable. De ce fait, les domaines d’application s’élargissent de jour en jour en imagerie mais aussi en thérapie. Ainsi, en cardiologie, la TEMP (tomographie d’émission monophotonique) occupe une place de choix dans la stratégie diagnostique de l’insuffisance coronaire pour l’évaluation du pronostic et l’estimation de l’efficacité thérapeutique.

Balayages isotopiques en cancérologie
La médecine nucléaire, précise le Pr Ben Rais, trouve également ses applications en urologie, néphrologie, endocrinologie et neurologie. Ainsi, les techniques de neuro-imagerie nucléaire permettent de déceler des aspects fonctionnels et neurochimiques du cerveau humain. En cancérologie, par des balayages isotopiques, on explore le corps entier à la recherche de foyers pathologiques infraradiologiques.

Grâce à des traceurs radioactifs, on peut détecter le ganglion sentinelle dans le cancer du sein. Ces mêmes traceurs donnent des renseignements précieux sur les cancers de la prostate, du col utérin ou autres. La morpho TEP, autre technologie médicale basée sur le nucléaire, permet un bilan d’extension, une meilleure définition des volumes cibles en radiothérapie. Elle est précieuse dans la détection précoce des récidives ainsi que dans l’évaluation thérapeutique et pronostique.

En matière de traitement, la radiothérapie interne vectorisée consiste à irradier, au moyen d’agents radioactifs comme l’iode 131, des cellules cibles tumorales de petite taille en cas de cancer de la thyroïde. La radiothérapie constitue également un traitement antalgique lors de métastases osseuses secondaires à des cancers du sein, de la prostate, des bronches, des reins…
La radio-immunothérapie, quant à elle, s’attaque à l’antigène exprimé par des cellules tumorales. C’est le cas dans le traitement du lymphome malin non hodgkinien…

Ainsi, rappelle le Pr Nouzha Ben Rais, la médecine nucléaire est une spécialité qui regroupe trois domaines d’activité : l’imagerie utilisant les traceurs radioactifs, la radio analyse ou la radio immunologie de certains indicateurs biologiques, et enfin l’activité thérapeutique, qui consiste en une irradiation ciblée des cellules malades.
Quant à la question de la dangerosité de la radioactivité, le Pr Ben Raïs interpelle sur le fait que nous baignons naturellement dans un monde de radiations ionisantes. Les deux sources sont certains rayons UV émanant du soleil et la radioactivité naturelle.
Et pour mieux rassurer, n’oublions pas que l’être humain est naturellement radioactif par la présence dans l’organisme de substances radioactives naturelles. Donc, nous vivons dans la radioactivité. Mais le Pr Benrais rassure : «Tout est toxique, rien n’est toxique, tout est question de dose.»