L’entrepreneuriat social expliqué par Ghizlaine Elmanjra

Lors de la deuxième édition de la conférence des femmes d’affaires arabes et africaines, tenue à Marrakech du 13 au 14 Février 2019, nous avons rencontré Ghizlaine Elmanjra, présidente de la commission entrepreneuriat social au sein de la CGEM. Elle nous a expliqué pourquoi il est crucial de donner de la visibilité aux entrepreneurs sociaux.

Tout en étant “profondément optimiste”, puisque le Maroc est “un vivier d’entrepreneurs sociaux, qui a un potentiel énorme”, Ghizlaine Elmanjra, fondatrice et présidente de la commission entrepreneuriat social au sein de la CGEM, ne mâche pas ses mots pour décrire la situation du secteur dont elle est en charge au sein du patronat, “il est sous-valorisé et méconnu”.

Social business woman depuis plus de 15 ans, elle a, de plus, endossé une autre responsabilité : faire connaître le secteur, qui est également appelé : l’économie sociale et solidaire. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’elle a intervenu lors d’un panel intitulé “les initiatives des gouvernements et les best practices pour soutenir l’entrepreneuriat féminin”, à la deuxième édition de la conférence des femmes d’affaires arabes et africaines, tenue à Marrakech du 13 au 14 février. Une intervention aux allures d’un plaidoyer pour les entrepreneurs sociaux, qui ont besoin de “soutien et de visibilité”.

N’étant pas le moins du monde dans une vision “misérabiliste mais uniquement dans le business qui a du sens”, Ghizlaine Elmanjra pense à “comment peut-on procéder pour faire émerger ces entrepreneurs sociaux, leurs permettre un changement d’échelle, en contribuant au renforcement du capital humain ainsi qu’à l’insertion sociale”. D’autant plus que ce pour quoi  elle milite “est une mouvance à l’échelle internationale de laquelle le Maroc ne peut s’extraire”, nous a-t-elle déclaré.

Social business, clé de voûte

C’est surtout une nécessité au regard des urgences sociales que connaît le pays. “Il faut une dynamique pour que les entrepreneurs sociaux puissent libérer de l’énergie et  créer de la richesse économique, qui sera partagée au service des territoires ne bénéficiant de la richesse nationale” a-t-elle expliqué. Pour ce faire, il faut alors un carré d’or : “un cadre réglementaire, une fiscalité incitative, un accès au financement mais surtout un changement d’état d’esprit” préconise cette social business woman qui adule les “petits projets”.

Pour elle, l’entrepreneur social est un acteur incontournable pour qu’il y ait du changement. Elle s’en explique : “il y a le tissu associatif, celui coopératif mais l’importance de l’entrepreneuriat social réside dans le fait qu’il crée de la valeur, il massifie l’impact social et, surtout, il n’est pas dans une logique de survie. Puisqu’il est un entrepreneur, il pense à pérenniser son projet”. Pour illustrer l’importance de l’impact que peut avoir les entrepreneurs sociaux, elle donne pour exemple : “un jeune entrepreneur social créé un cabinet de recrutement de réinsertion, il ne se sauvera pas tout seul mais d’autres individus également”.

Fine connaisseuse du social business, elle  plaide pour que les jeunes entrepreneurs soient fédérés, en vue de vaincre la peur, qui, selon elle, “est le premier facteur de l’échec entrepreneurial au Maroc”, suivi par les “normes culturels qu’il faut changer” pour créer de l’impact au sein de la société.