« L’Economie du savoir » en débat au Forum du groupe le Matin

Vendredi 5 juillet 2019, le groupe Le Matin a organisé la 4ème édition du « Morocco Today Forum », qui a traité de « l’Economie du savoir ». Plusieurs experts et responsables ont été conviés, dont le ministre de l’éducation nationale, Said Amzazi.

Le Morroco Today Forum, organisé par le groupe Le Matin, a tenu sa 4ème édition, vendredi 5 juillet, à Casablanca. Le sujet retenu pour cette édition est : “Economie de savoir et nouveau modèle de développement”. Objectif : “traiter et identifier les clés d’analyse de la révolution technologique”, à l’origine du développement de beaucoup de pays. Pour débattre de ce sujet, des responsables politiques ont été conviés, notamment le ministre de la culture et de la communication, Mohamed El Aaraj, ainsi que celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Said Amzazi.

Le Forum a également prévu trois panels au sujet de l’économie du savoir. Des experts d’ici et d’ailleurs ont intervenu pour apporter leur éclairage à ce sujet. Ce dernier a été structuré autour de trois volets. D’abord, « les nouvelles technologies et l’éducation, socles de l’économie du savoir ». Ce premier panel a été motivé par le fait que “la performance économique dépend, de plus en plus, du savoir, de l’éducation, de l’information et de la technologie”.

Le second volet a porté sur le rôle de l’économie du savoir dans le modèle de développement. Selon l’organisateur du Forum, “l’adoption d’un nouveau modèle de développement pour le Maroc est urgente et nécessaires”. En rappelant que “le digital et les technologies de l’information, l’Économie du Savoir sont les axes du nouveau paradigme que devront défendre acteurs politiques, économiques et sociaux dans la conception du nouveau modèle de développement”. Le troisième volet a concerné “la matrice de transition vers une économie de savoir”.

Le modèle Coréen inspire le ministre de l’éducation

“Le capital humain est désormais le fer de lance incontestable de toute stratégie de développement. Un capital qui n’en est vraiment un que s’il est suffisamment instruit, formé et compétitif”, a introduit le ministre de l’éducation nationale, Said Amzazi, son intervention au Forum du Groupe de presse. S’inspirant du modèle Coréen, le ministre a déclaré que ce pays, possédant l’équivalent du tiers de la population russe, exporte aujourd’hui bien davantage que ce géant, deuxième producteur de pétrole au Monde”, Car, argumente-il, “la Corée a misé sur la connaissance.”  Selon lui, “Il paraît que le 21ème siècle nous condamne à devenir intelligents. Parce qu’aujourd’hui la connaissance vaut plus cher que le pétrole. Nous vivons désormais dans le monde du capitalisme cognitif”.

Il a également rappelé que “le Maroc, en 1956, comptait 200 étudiants universitaires marocains, pour une population de 11 millions d’habitants”.  Et d’ajouter que “60 ans plus tard, alors que nous avons atteint un taux de scolarisation de plus de 99% dans le primaire, trois contraintes ont décidé du sort de notre système éducatif”. Lesquelles ? “L’urgence de la généralisation de la scolarisation. La marocanisation des effectifs d’enseignants.  Et, l’arabisation de notre système éducatif”, a énuméré le ministre de l’éducation nationale.

La conjugaison de ces facteurs a conduit, analyse le ministre, “à la naissance d’une fracture sociale au sein de notre système éducatif qui n’a fait que s’exacerber au fil des années et aboutir à une fracture également linguistique”. Ce qui a, renchérit-il, fait que “les élèves nantis se sont tournés vers les écoles étrangères ou privées’”. Les autres, eux, “ont dû faire avec les aléas d’une marocanisation trop rapide mais inévitable, et d’une arabisation improvisée dénuée de stratégie”, nuance-t-il.