Leadership au féminin : Wimen prend son envol

Le réseau des femmes dirigeantes a reçus trois invitées de marque pour sa première conférence.

Le Réseau international des femmes dirigeantes passe à l’action. Créé en novembre 2018, WIMEN (Women International Management & Executif Network) vient d’organiser sa première sortie officielle, jeudi 24 janvier, autour de la question du « Leadership féminin : Leadership de demain ».

Le collectif présidé par Leila El Andaloussi, commissaire aux comptes et dirigeante du cabinet ABS Consulting, a accueilli trois femmes aux parcours riches pour venir partager leur vision du leadership au féminin : Najat M’jid (fondatrice de l’association Bayti, professeure universitaire), Feriel Berraies Guigny (chercheur en sciences sociales, journaliste, militante associative et essayiste) et Sanae Lahlou (Experte en développement International, en Market intelligence et en business development).

Ces trois leaders ont livré des témoignages poignants sur leurs parcours, leur apprentissage du leadership, les difficultés qu’elles ont rencontrées…

« Entre filles et garçons, seul le mérite faisait la différence dans ma famille », raconte Najat M’jid dans un émouvant témoignage à son défunt père, un défenseur des droits de la femme à sa manière. Et d’ajouter, « on ne nait pas leader, on le devient. L’empathie, la crédibilité, la droiture, la sensibilité -et non la sensiblerie tient-elle à préciser-…et bien sur la compétence sont des qualités propre au leader ».

Pour sa part, Feriel Berraies Guigny tunisienne fille de Bourguiba, comme elle se plait à le répéter, « le leadership c’est la capacité à se réinventer, se remettre en question… C’est aussi donner à ses collaborateurs des raisons de rester motivés ». Et de poursuivre, « je suis une trublionne, une spécialiste du cassage du plafond de verre… En tant que femmes, nous devons prendre davantage la parole, utiliser les réseaux sociaux, le networking…Arrêtons de nous cacher derrière des prismes religieux, sociétaux, culturels… ».

Fraichement nommée directrice de la Business Unit chez Mazars, Sanae Lahlou est revenu sur son expérience au sein de Maroc Export -organisme étatique qui a donné naissance avec l’AMDI et l’OFEC à l’actuelle AMDIE-. « J’ai eu la chance de travailler sur le continent africain. Ce que j’y ai vu n’existe nulle part ailleurs. C’est une société résolument matriarcale ». De son expérience à Maroc Export, elle se rappelle de sa première opération de promotion sur le continent. « ‘J’ai dû défié mon directeur général qui m’avait lancé le défi de ramener 50 entreprises marocaines pour participer à la première caravane africaine. J’en ai ramené une centaine! », lance-t-elle non sans fierté.

Pour rappel, le réseau entretient la mission principale de renforcer le leadership de la femme dans les entreprises et l’administration publique. Ses fondatrices partent du constat que « les marocaines occupant des positions managériales n’ont pas de plateformes d’échange ou de partage d’expériences institutionnalisées, ni même la possibilité de soutenir et de parrainer des jeunes femmes en vue de développer leur sens du leadership ».

Ce réseau n’est pas exclusif à la gente féminine. Il compte des hommes parmi ses membres, leaders dans leurs domaines et sympathisants avec sa cause.