Le «Yes we can» marocain…

Le Maroc aura gagné, quelle que soit l’issue de ce Mondial Qatar 2022. Les médias du monde entier ne parlent plus que du Royaume depuis qu’il a éliminé le Portugal en quart de finale. Ce n’est ni une coïncidence, ni dame chance. C’est bel et bien le résultat d’une vision stratégique et d’un travail qui force le respect.

La qualification historique du Maroc en demi-finale de la Coupe du monde au Qatar est non moins historique que celle de 1986 au deuxième tour. Il y a 36 ans, le monde allait découvrir un représentant de l’Afrique au Mondial qui se classe à la tête de son groupe, après avoir tenu en échec la Pologne et l’Angleterre, puis en écrasant le Portugal par 3 buts à un. C’était la stupéfaction totale, surtout que lors des huitièmes les Lions de l’Atlas avaient bien pressé cette Allemagne menée par Franz Beckenbauer en tant qu’entraîneur et comptant dans ses rangs les meilleurs joueurs européens de l’époque (Lothar Matthäus, Karl-Heinz Rummenigge, Pierre Littbarski, Felix Magath….). Cette Mannschaft, qui sera d’ailleurs finaliste par la suite, n’a pu battre le Maroc que lors des ultimes minutes du match suite à une balle arrêtée. Beckenbauer et toute l’Allemagne jubilaient, alors que c’est une équipe habituée aux demi-finales de la Coupe du monde depuis 1954. C’est dire à quel point ils réalisaient qu’ils l’avaient échappé belle. Là, la FIFA et le monde entier vont convenir à ce que le continent africain devrait avoir la place qu’il mérite en Coupe du monde. Ceux qui ont aujourd’hui un âge certain se souviennent bien sûr de cette épopée qui a mis le Royaume en transe, le Roi défunt Hassan II a réservé un accueil populaire des plus chaleureux aux Lions de l’Atlas et l’ensemble du staff les accompagnant. Le Maroc est alors le premier pays africain, le premier pays arabe à atteindre le deuxième tour. Le voilà qui récidive avec une autre génération digne de l’héritage et qui va faire beaucoup mieux. Les Lions de l’Atlas version 2022 sont les premiers, encore une fois, en Afrique et au monde arabe à avoir dépassé les quarts de finale… et de quelle manière ! Fini les «participations honorables», «Même si on perd on a déjà fait une bonne impression»… On veut la Coupe du monde, la première pour l’Afrique. Voilà l’état d’esprit des Lions de l’Atlas. Tout le monde est resté stupéfait.
Une certaine presse européenne les a qualifiés d’«invités surprise» de ces quarts de finale après sa victoire contre l’Espagne. Trois jours après, les «invités surprises» vont être plus que surprenants : ils entrent dans l’histoire et changent la géographie du Mondial, en accédant au carré d’or, ex-aequo avec La France, La Croatie et l’Argentine. Se retrouver à ce niveau est tout sauf un coup de chance et même plusieurs. C’est désormais dans l’Histoire : en 2022 le Maroc est parmi les quatre meilleures sélections du monde….

«Niya et Rdate lwalidine»

Dans l’Histoire également cette présence d’une nation avec sa culture et les traditions qui lui sont propres. Regragui a parlé de «Niya» qui signifie dans notre société confiance et croyance. C’est, encore une fois, la première fois dans les annales de la Coupe du monde que les parents des joueurs d’une équipe sont présents sur les gradins. Des garçons qui vénèrent leurs mamans et montrent au monde entier qu’ils en sont fiers. Ce sont des battantes en fait et pas des femmes ordinaires. Ces images qui ont fait le tour du monde illustrent cet état d’esprit qui court depuis des siècles. Ces rapports chaleureux, cette notion de la famille (mère, père, grands-parents) en voie d’extinction dans le monde occidental. Et ils n’oublient pas Dieu qui est également présent dans leur esprit, cela va de soi, car c’est Dieu qui insiste sur le respect et même la vénération des parents. A l’issue de chaque victoire, les Lions se prosternent sur le champ pour remercier le Créateur. C’est ça le Maroc, la grande Nation qui se distingue par cet état d’esprit.

Reconnaissance et impressionnabilité

Que plusieurs chefs d’Etat se précipitent sur leur téléphone pour féliciter SM le Roi Mohammed VI suite à l’exploit des Lions de l’Atlas, ne se résume pas seulement aux félicitations pures et simples. SM le Roi a ainsi reçu des appels téléphoniques du Président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba, du Président de la République française, Emmanuel Macron, de l’Émir de l’État du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, du Roi Abdallah II de Jordanie, et du Président de l’État des Émirats Arabes Unis, Cheikh Mohamed Ben Zayed, pour ne citer que ceux-là.
C’est bien plus que des félicitations. Une sorte de reconnaissance du leadership du Maroc incarné par le Souverain, sur fond de politiques audacieuses, crédibles et efficaces. Depuis le début des années 2000, le Maroc a fait du renforcement des infrastructures une priorité, étant un facteur majeur de croissance et de compétitivité. Laissons de côté les ports, les routes, les constructions grandioses, les autoroutes, les aéroports, les gares, etc., et focalisons sur l’infrastructure sportive, et particulièrement le sport le plus populaire, à savoir le football. D’abord les stades aux normes internationales à Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Marrakech, Tanger sont déjà célèbres et suscitent le respect notamment des grandes nations africaines de football. La Confédération africaine de football (CAF) avait d’ailleurs choisi le Maroc pour abriter cinq rencontres des éliminatoires pour la CAN 2023 à Agadir, Marrakech, Rabat et Casablanca. Ensuite, cette fameuse Académie Mohammed VI de football qui produit des joueurs de grande qualité. Nombreux sont aujourd’hui les jeunes issus de ce centre de formation qui partent aux quatre coins de l’Europe, en France et en Espagne notamment. On peut citer à titre d’exemple ceux qui sont les plus connus comme Youssef En-Nesyri, Azeddine Ounahi, Nayef Agred ou encore Hamza Mendil. Créé en 2009 pour promouvoir et développer la formation au Maroc, on peut attester que le résultat est probant aujourd’hui. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) n’a jamais été aussi performante sur tous les fronts. Le football national dans toutes ses catégories a bien franchi des étapes. Qu’il s’agisse de futsal, de football féminin, des U20, des U17…, sans parler de la Botola pro et la domination des clubs marocains au niveau continental. Comme l’avait déclaré le président de la FRMF, Fouzi Lekjaâ, le développement du football au Maroc est basé sur une approche triangulaire axée sur les infrastructures, le talent et un encadrement qualifié. Ce qui a été fait est un travail colossal, digne de la confiance du Souverain dans ces compétences marocaines qui, pour une fois, font l’unanimité totale. On arrive maintenant à la pièce angulaire dans le plan de réhabilitation et modernisation des infrastructures sportives du pays : Le Centre national de football de Maâmoura. Un complexe, parmi les plus modernes au monde. Il est destiné à accueillir les équipes nationales en stages de préparation, ainsi que les équipes nationales étrangères qui désirent effectuer leurs stages de concentration au Maroc. Et l’on a pu remarquer l’ébahissement des frères africains et arabes lorsqu’ils l’ont visité. Même la FIFA consacre des articles spécialement au Maroc, témoignant de la grande avancée enregistrée sur tous les plans.
En fin de compte, le Maroc aura gagné, quelle que soit l’issue de ce Mondial Qatar 2022. Les médias du monde entier ne parlent plus que du Royaume depuis qu’il a éliminé le Portugal en quart de finale. C’est bizarre, mais l’on a l’impression que le fameux «Yes, we can» est parfaitement marocain ces derniers temps…