Le « karyane », histoire d’une trouvaille casablancaise

Le premier bidonville du royaume portera tout naturellement le nom de «Karyane Central», en référence aux carrières des Roches Noires.

C’est dans la capitale économique que le premier bidonville verra le jour. Le début des années 20 du siècle dernier était une époque d’expansion industrielle de Casablanca. En 1920, l’usine de «La Centrale thermique des Roches Noires» voit le jour et le besoin de main-d’œuvre se fait pressent. Les ouvriers venant de toutes les zones rurales du Maroc vont débarquer à Casablanca. Le premier bidonville du royaume portera tout naturellement le nom de «Karyane Central», en référence aux carrières des Roches Noires. Les familles qui s’y installent échangent leurs nouala (huttes) contre des baraques. Durant les années 20 et 30, les bidonvilles suivront l’activité industrielle de Casa et se développent donc de manière spectaculaire. Et les baraques sont construites de divers matériaux spécifiques de l’époque industrielle : plaques de zinc, tôle ondulée, bidons en plastique… En 1940, Casablanca compte 50 000 bidonvillois couvrant une superficie de 170 000 m2. Un nombre qui ne cessera d’augmenter durant les décennies à venir. Pourtant, c’est du temps de la colonisation que des opérations de recasement des bidonvillois vont commencer. Le projet Ecochard, du nom de l’architecte responsable alors de l’aménagement urbain, fait naître le premier habitat social marocain. Des cités vont être réalisées à partir du début des années 50 avec un type d’habitations de forme traditionnelle : deux pièces, cuisine, W.C et un patio…