L’avis de Hakima Himmich

On ne traite pas nos malades comme des cobayes. Il est strictement interdit par l’éthique médicale de donner à  un malade qu’on suit une plante ou n’importe quel autre médicament.

On ne traite pas nos malades comme des cobayes. Il est strictement interdit par l’éthique médicale de donner à un malade qu’on suit une plante ou n’importe quel autre médicament, tant que ce produit n’a pas fait l’objet d’essais cliniques, qu’il n’est pas passé par la direction du Médicament, qu’il n’a pas suivi toutes les étapes, très longues, de l’essai sur l’animal, puis sur plusieurs patients sains… Et même si je croyais à son traitement, il m’est strictement interdit de prescrire quelque chose qui n’est pas un médicament. A supposer même que ce soit vrai, je lui ai conseillé de contacter un laboratoire pour faire des essais cliniques sur sa découverte, chose qu’il a refusée, de peur qu’on lui pique son remède. Il a exhibé une attestation d’analyses de sang d’un malade qu’il aurait suivi à Londres, qui montre que le taux du VIH a diminué. Qui me dit que ce malade n’a pas été sous trithérapie ? J’ai expliqué à ce monsieur que je suis médecin, enseignante et chercheur, que je travaille dans la légalité et que son traitement, je ne peux l’adopter. On lui a fait la même réponse dans son pays : le ministre de la Santé des Emirats Arabes Unis lui a formellement interdit d’utiliser son traitement.
Des plantes peuvent-elles avoir un tel effet ? Beaucoup de médicaments sont tirés de plantes. Mais une plante ne peut devenir un médicament qu’au prix de plusieurs années de recherche, qui coûtent beaucoup d’argent. Ce que je peux affirmer, en revanche, c’est que nous avons beaucoup de toxicité de plantes, et des malades viennent nous voir avec des foies complètement détruits à cause de plantes ingurgitées. Ce monsieur fait flèche de tout bois pour avoir la couverture d’un médecin, il n’y a pas un seul médecin sensé qui acceptera. Je me demande pourquoi le ministère de la Santé ne réagit pas .