L’analphabétisme coûte beaucoup pour le Maroc

Une étude menée en 2006 par le secrétariat d’Etat chargé de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle.

Une étude menée en 2006 par le secrétariat d’Etat chargé de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, en partenariat avec l’Unicef, sur «La non-scolarisation au Maroc, une analyse en termes de coût d’opportunité», a calculé les bénéfices que le Maroc aurait pu tirer s’il ne traînait pas ce taux élevé d’analphabètes. Chaque année d’étude supplémentaire passée dans le primaire, calcule ce rapport, est «susceptible de procurer 12,7% d’augmentation de salaire (contre 10,4% dans le secondaire)». Le gain est plus élevé d’environ un point pour les filles, et ce, aussi bien dans le primaire qu’au niveau du collège. En bénéfices nets, le manque à gagner net total pour la société était estimé en 2004 à 2,8 milliards de DH.

C’est dire le rôle déterminant de l’éducation fondamentale dans le processus du développement d’une société. Ce n’est pas un hasard si l’économiste Amaryta Sen, prix Nobel d’économie en1998, place la généralisation de l’éducation de base au cœur du processus du développement humain. Au-delà de l’utilité directe dont un tel investissement est susceptible de faire bénéficier les individus et l’ensemble de la société, cet économiste met l’accent sur le rôle majeur de l’éducation dans l’amélioration des potentialités humaines élémentaires : instruit, l’homme serait plus épanoui, sa capacité de choisir et de se prendre en charge serait plus importante.

A lire aussi : 

El Habib Nadir : «Seulement 0,3% du budget du ministère va à l’alphabétisation au Maroc»

Des efforts mais encore 9,6 millions d’analphabètes au Maroc !