La réinsertion des détenus menée au pas de charge

Il est un fait avéré : une fois qu’ils ont payé pour le délit commis, les ex-prisonniers se retrouvent désarmés pour affronter la société. Faute d’une qualification professionnelle qui leur permettrait de remonter la pente, ils sont implacablement rejetés sur les marges et précipités dans l’asocialité.

Il est un fait avéré : une fois qu’ils ont payé pour le délit commis, les ex-prisonniers se retrouvent désarmés pour affronter la société. Faute d’une qualification professionnelle qui leur permettrait de remonter la pente, ils sont implacablement rejetés sur les marges et précipités dans l’asocialité. Un gâchis préjudiciable à la cohésion du tissu social, dont l’Etat, dans son souci de lutter contre toutes les formes d’exclusion, tient à se préserver. En témoigne le discours royal du 29 janvier 2003, dont nous extrayons ce passage éloquent : «La sollicitude particulière que nous réservons à la dimension sociale, dans le domaine de la justice, ne serait pas complète, sans que nous assurions aux citoyens incarcérés leur dignité humaine qui, du reste, ne leur est pas déniée du fait d’une décision de justice privative de liberté …». «Dignité», voilà une valeur, dont on s’empresse habituellement de priver ceux qui ont commis une infraction, volontairement restituée. Et pour mieux l’affermir, la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus a été créée le 16 janvier 2002.
Elle s’assigne trois missions fondamentales :
– humaniser le milieu carcéral en contribuant à l’amélioration des aménagements et équipements des pénitentiers et centres de sauvegarde des enfants et à la promotion de l’animation sportive et culturelle ;
– constituer une source d’alerte sur les dysfonctionnements constatés dans la gestion des maisons de détention et de rééducation des enfants et une force de proposition pour une meilleure application de la loi régissant le domaine carcéral et le dispositif d’encadrement ;
– promouvoir des programmes d’éducation et de formation professionnelle pour favoriser la réinsertion des détenus et des enfants placés dans les centres de sauvegarde.
C’est cette dernière préoccupation qui retient davantage l’attention, compte tenu de son incidence heureuse sur le devenir des détenus.

10,3 MDH investis pour le seul centre de Salé
Force est de reconnaître que la Fondation Mohammed VI a mené cette opération au pas de charge. Ce dont il convient de louer les membres de son conseil d’administration : Zoulikha Naciri, Noufissa Benchemsi, Assia El Ouadie, Najat M’Jid, Abdelaziz Alami, Aziz Akhannouch, Mustapha Amhal, El Hassan Benmoussa, Abdellah El Oualladi, Mohamed Lididi. En deux ans, dix centres de formation professionnelle ont été aménagés : Oujda, Aït Melloul, Meknès, Fès, Tanger, Salé, Aïn Sebaâ, Ouarzazate, Settat et Taroudant. Un centre de sauvegarde pour la jeune fille est en chantier à Agadir. Il coûtera près de 10 MDH. Question de coût, la Fondation Mohammed VI ne lésine pas : Aïn Sebaâ et sa capacité d’accueil de 270 places par an lui sont revenus à 9 MDH, Salé a nécessité quelque 10,3 MDH. Notons enfin que, du 23 au 29 mai, se dérouleront les Journées nationales pour la réinsertion des détenus. Soutenus avec une telle ferveur, ces derniers ne peuvent que sortir de l’ombre.