La drogue au Maroc se procure même à  l’intérieur des lycées !

Une des enquêtes les plus récentes en matière de consommation des drogues a été réalisée par l’hôpital psychiatrique universitaire Arrazi et le ministère de l’éducation nationale.

Une des enquêtes les plus récentes en matière de consommation des drogues a été réalisée par l’hôpital psychiatrique universitaire Arrazi et le ministère de l’éducation nationale. Intitulée «L’usage des drogues en milieu scolaire marocain», cette étude, qui a été initiée fin décembre 2010, a été rendue publique en juin 2011. Elle avait pour objectif d’évaluer la prévalence de la consommation de drogue chez les jeunes élèves marocains, en particulier ceux âgés de 15 à 17 ans, avec un échantillon représentatif de 6 000 élèves. L’enquête s’est déroulée dans 14 académies (34 villes).

Premier constat : le tabac est la substance la plus consommée chez les jeunes, suivi de l’alcool, puis du cannabis chez les garçons et des psychotropes chez les filles. Sur l’ensemble des élèves interrogés, 10% déclarent avoir pris de l’alcool, 9,2% du cannabis et 4,3% des psychotropes sans avis ni prescription médicale. Concernant la cocaïne, 1,5% des élèves interrogés déclarent avoir consommé de la cocaïne. Parmi les élèves âgés de 15-17 ans, 5,8% citent d’autres drogues : dérivés opiacés dont l’héroïne, ecstasy et produits à inhaler (colles, autres solvants), dérivés du cannabis (zatla, maâjoune, shit, kif), dérivés du tabac (nafha, kala) ou différentes familles de psychotropes, dont surtout les benzodiazépines. L’étude se penche également sur les lieux où l’on se procure ces drogues. En effet, les élèves sondés déclarent dans 32,3% des cas qu’ils les achètent à l’intérieur des établissements scolaires. 56,6% rapportent que cela se fait à proximité de l’établissement, et 55,1% au niveau des cafés et salles de jeux à proximité du lycée. 65% des sondés rapportent que les fournisseurs de drogues sont des élèves. 9,1% des élèves déclarent que les fournisseurs de drogues font partie du personnel de l’établissement. D’autres fournisseurs ont été cités dans 26,5% des cas : dealers, gardiens à proximité des établissements, anciens élèves.
Autre conclusion de cette enquête : l’existence d’une relation «statistiquement significative entre l’usage de substances et l’absentéisme de l’établissement scolaire, la note inférieure à la moyenne, les nuits passées hors du domicile…».