La culture du cannabis dans la région de Ketama remonte au XVe siècle

Elle remonterait même à  l’arrivée des immigrants arabes dans la région, à  partir du VIIe siècle.

La culture du cannabis dans la région de Ketama, dans le Rif central, remonte au XVe siècle, s’accordent à dire tous les historiens. Elle remonterait même à l’arrivée des immigrants arabes dans la région, à partir du VIIe siècle. Et c’est la France qui en tira le plus grand profit à partir de la fin du dix-neuvième siècle: «90% de ses besoins en cannabis pharmaceutique provenaient du Rif marocain», écrit le biologiste allemand Stefan Haag dans une recherche éditée en 1996. Et c’est le nord du Maroc, ajoute-t-il, qui «est l’une des premières régions au monde où le cannabis a été planté uniquement pour ses vertus psychotropes». Cela dit, jusqu’aux années 60 et 70 du siècle dernier, fumer du kif au Maroc était aussi courant et toléré que le tabac. C’est plutôt le sebsi (une longue pipe) qui avait droit de cité, la cigarette était peu courante chez les paysans. Pendant ce temps, les consommateurs du kif préparaient eux-mêmes leur dosage, une habitude aussi courante que rouler son joint à notre époque. Ceux qui en consommaient ne tarissaient pas d’éloges sur les bienfaits du kif : un sentiment de quiétude et d’endormissement gagne le fumeur à la fin de la journée. Voilà la première indication dont parlent les chercheurs en pharmacie et les neurologues, l’effet myorelaxant du cannabis en tant que médicament est avéré, et des médecins eu Europe et aux Etats-Unis n’hésitent plus à le prescrire sur ordonnance. C’est le cas entre autres d’André Furst, neurologue suisse, qui reconnaît : «Avec le cannabis, le chanvre, beaucoup de mes malades, en se faisant soit une tisane, soit en fumant un joint, éliminaient leur raideur musculaire, avaient moins de douleur».