La chasse n’est pas réservée à  une classe sociale particulière au Maroc

Brahim haddane,56 ans Vétérinaire, chasseur depuis 25 ans.

Le Haut commissariat aux eaux et forêts encourage les gens à intégrer une association amodiataire pour que ses membres puissent gérer le territoire entre eux. Elle a trois missions : la sensibilisation, l’encadrement et le repeuplement du gibier (achat du gibier et son relâchement dans la nature). La chasse est un loisir et une activité saisonnière. Elle n’est pas réservée à une classe sociale, comme le prétendent certains. La majorité des chasseurs, qu’ils soient riches ou pauvres, l’ont hérité de leurs ascendants (père ou grand-père) qui ont su transmettre cette passion, et avec elle les outils de chasse à leurs enfants. J’ai commencé très jeune en accompagnant mon père et ses amis, puis, adolescent, j’ai appris le tir, avant d’hériter de mon père son fusil quand il est devenu vieux et incapable de chasser. A l’approche de la saison, nous préparons les papiers et nous payons les taxes et droits : l’assurance, les licences forestières, la carte d’adhésion à la Fédération royale de chasse, soit un total de 1 600 DH par personne.

Il faut connaître l’arrêté de chasse qui fixe les jours ouvrables (en général 14 à 16 j), les lieux autorisés et le nombre de pièces à abattre par jour.
La journée de la chasse commence la veille par la préparation du paquetage et du casse-croûte, le nettoyage de l’arme et du véhicule. En général, on doit être sur place avant la levée du jour dans la région giboyeuse. La province de Khémisset  est attractive pour les Rbatis. On se réveille à 3 heures pour quitter Rabat vers 4h en vue de commencer vers 7h. Nous chassons en groupe de 3 ou 4 personnes dans un lot de chasse amodié par notre association qui compte 30 personnes, avec un droit d’adhésion annuel de 3 000 DH.
Le matin, il faut trouver un rabatteur par chasseur avant de se lancer dans la nature, accompagné de mon fidèle ami Pouky, un chien braque allemand de 5 ans.

On fait une pause au début de l’après-midi (14h) pour manger et boire un verre de thé à l’ombre d’un arbre. Les chiens, épuisés et assoiffés, doivent boire beaucoup d’eau et se reposer. Entre-temps, nous faisons le bilan des captures et nous partageons le butin. Le gibier est plus attractif vivant que dans la musette. 2 à 3 pièces par chasseur est la règle pour la gestion durable du stock. Alors, tout en se reposant, on raconte des blagues, et on se paye la tête de celui qui fait des trous dans l’air ou tire dans le zig quand le gibier est dans le zag. Le retour se fait au coucher du soleil, en planifiant la sortie du dimanche suivant.

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