Fès célèbre le bon goût culinaire

Du 28 au 30 avril se tient, au Palais El Mokri, la 3e édition du Festival de Fès d’art culinaire, sous le thème «Cuisine du lien». Présentation d’une manifestation qui ne manque ni d’esprit ni de goût.

Le Festival de Fès d’art culinaire met le couvert, cette fois, sur une mosaà¯que de saveurs. Si la cuisine marocaine, dans ses multiples déclinaisons, s’y taille la part du lion, d’autres, proches ou lointaines, sont, substantiellement, mises en lumière (voir point de vue de Najib Refaif en page 52). Le visiteur pourra ainsi s’offrir un voyage, par le palais, à  travers le Japon, la Grèce, l’Espagne, le Brésil ou l’Ile Maurice. «Cet événement s’inscrit dans un contexte o๠les pratiques alimentaires contemporaines ont subi ces cinq dernières années des mutations profondes qui se sont produites au gré des créations hybrides initiées tant par les chefs que par les cuisiniers, les vignerons, les agriculteurs, les artisans, les producteurs, les designers, les architectes et même les chimistes… dans une dynamique expérimentale», explique Fatéma Hal, directrice du festival.

Trois journées copieuses au prix de 1 500 DH
Tout uniment ethnologue, militante féministe, cordon bleu, restauratrice (elle possède l’une des meilleures tables parisiennes, «Le Mansouria») et auteur de quatre livres de cuisine, dont le délicieux Les Saveurs et les gestes, Fatéma Hal a tenu à  réunir autour de ce banquet tout ce qui compte dans la galaxie culinaire. Le Français Hervé This, physico-chimiste, nous fera goûter aux plaisirs de la cuisine moléculaire. Claude Roden, spécialiste des cultures culinaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, exaltera les vertus de la cuisine juive de Fès. Abderrahim Bargach, président de l’Académie marocaine de la gastronomie et membre du jury Slow Food, revêtira son habit d’historien pour remonter aux sources de la cuisine fassie.

Il ne sera pas question de compositions de mets seulement, mais aussi des assaisonnements («Histoire d’une huile unique au monde : huile d’argan», par Zubida Charrouf), et de leur accompagnement («Histoire du vin marocain», par Béatrice Cointreau).

L’apprentissage culinaire sera évoqué par Fatéma Hal. Les rapports de la cuisine avec les médias formeront le thème de la conférence de Choumicha. Tant de nourritures spirituelles aiguisent l’appétit, le Festival de Fès d’art culinaire veille à  l’assouvir en scandant les séances de dégustation, déjeuners et dà®ners, o๠la cuisine marocaine, dans sa diversité, étale son immense talent, en des lieux aussi merveilleux que gorgés d’histoire : le Palais El Mokri, l’hôtel Les Mérinides, le Riad Shéhérazade, Dar Ghalia, Palais Jamaà¯, Palais de Fès, Arabesque et Dar Andalous.

Trois journées riches en réflexions, débats et bonne chère au prix de 1 500 DH. Ce n’est pas cher payé quand on a le palais fin et qu’on désire le flatter.