Diabète et voyage, prévenir les complications évitables

Pour un patient atteint de diabète, partir en vacances nécessite une préparation.
L’insuline est sensible à l’élévation de la température, il est impératif de la conserver dans des étuis isothermes ou des sachets avec des glaçons.

Pour le Dr Hamdoun Lhassani, diabétologue et endocrinologue à Rabat, avec l’avènement de l’été, le diabétique doit préparer ses vacances à tous les niveaux, afin d’éviter le déséquilibre de son diabète et ne pas gâcher ses vacances et celles de sa famille. La règle est simple : suivre les conseils de son médecin traitant. Le traitement doit être pris au moment indiqué, sans céder à la tentation.
Le diabétique doit décomposer son voyage.

Le jour du départ, il devra évaluer la distance à parcourir, le moyen utilisé et donc la durée du voyage. Si le déplacement doit prendre une journée, surtout si c’est lui-même qui conduit, il doit prendre un traitement qui va couvrir les 24h. Il devra veiller à prendre ses deux repas principaux, associés à deux collations, pour éviter tout risque d’hypoglycémie induite par le traitement et par un repas insuffisant. Et surtout il ne devra pas oublier de se réhydrater tout au long du voyage, à raison de 2 à 3 litres d’eau par jour.

Pendant le voyage, une diététique adaptée, une activité physique modérée et un respect dans la prise médicamenteuse sont les clés de succès pour tout diabétique aspirant à des vacances sans problèmes de santé. En avion, s’assurer que les médicaments sont dans les bagages à main et non pas dans la soute. Il ne faut pas hésiter à demander aux hôtesses des collations, quitte à le signaler lors de la réservation du billet.

Durant les vacances, la plupart des familles modifient les horaires des repas : les petits-déjeuner sont tardifs, et le déjeuner et le dîner sont décalés. Cela risque de causer des hypoglycémies. On cède plus facilement à une alimentation déséquilibrée, riche en glucides (limonades, glaces et jus) et en lipides (fritures, fast-food). Tout cela va concourir, à la fin des vacances, à rompre un équilibre acquis laborieusement pendant toute une année, précise le Dr Lhassani.

Pendant les vacances, certains diabétiques pratiquent un sport : natation, escalade, plongée, tennis, foot… Ils doivent être très vigilants. Avant d’entamer cette activité physique, il faut faire un autocontrôle de la glycémie, particulièrement si on pratique la natation en haute mer, la plongée sous-marine ou un sport intensif. Des hypoglycémies sévères peuvent être dangereuses pour le système nerveux, le cœur…, parfois mortelles. Pour tout diabète connu, avant toute activité physique, on doit s’assurer d’avoir une glycémie supérieure à 1,5 gramme. Prendre des collations riches en hydrates de carbone (pain, riz, pommes de terre), car il y a un risque d’épuisement des réserves. Et, en commun accord avec le médecin traitant, le jour de l’exercice, réduire son traitement du tiers voire de moitié (au lieu de 1 comprimé, la moitié, et au lieu de 15 unités d’insuline, le patient ne prendra que 10 unités).

C’est devenu plus aisé avec la disponibilité de la mono prise qui couvre toute la journée aussi bien pour le traitement par voie orale que par injection.

En été, il faut savoir que l’insuline est sensible à l’élévation de la température, il est donc impératif de la conserver dans des étuis (thermos) ou des sachets avec des glaçons. Cela afin qu’elle conserve ses propriétés thérapeutiques. La température idéale de conservation de l’insuline se situe entre 4 et 10°. Il existe, par ailleurs, un stylo injecteur de l’insuline isotherme, qui permet de conserver l’insuline à la température conseillée. Le stylo coûte 300 DH et s’il est bien entretenu, il peut servir toute la vie.