Crimes cybernétiques : Questions à Hamada Lkebir, Président de l’Association pour la protection des victimes du web

«Le traitement d’une affaire peut nécessiter de six mois à trois ou quatre années».

La Vie éco : Votre association a huit ans d’existence, quel est son positionnement dans la lutte contre la cybercriminalité? 

L’association a été créée pour protéger dans la mesure du possible les victimes du web. La cellule de la criminalité cybernétique mise en place par les autorités reste confinée plutôt dans les affaires sécuritaires et le terrorisme. Nous essayons de compléter cette action afin de limiter ce type de délinquance qui reste aujourd’hui difficile à maîtriser… Pour l’instant nous n’avons pas les moyens pour communiquer à grande échelle, mais nous essayons de ratisser large en étant à l’écoute de notre cible et spécifiquement les mineurs.

Que faites-vous concrètement pour protéger les victimes ?

Nous travaillons pour démasquer les auteurs de ces crimes et une fois que cela est fait nous négocions avec eux afin de mettre fin au chantage et de supprimer les photos, etc. Par ailleurs, nous accompagnons les personnes concernées en cas de recours à la justice. Nous faisons également de la sensibilisation à notre échelle afin de protéger les personnes potentiellement concernées par la criminalité électronique.

Combien de temps faut-il pour traiter une affaire de ce genre ?

Cela peut aller de six mois à trois ou quatre années. Nous faisons beaucoup d’investigations et même des déplacements à l’étranger lorsque cela est nécessaire. Par ailleurs, nous faisons aussi de la veille afin de prévenir ces actes criminels. Aujourd’hui, au-delà des victimes résidant au Maroc, l’association est également sollicitée par des victimes étrangères vivant essentiellement dans les pays du Moyen-Orient. Ce qui nécessite beaucoup de travail et on ne peut envisager aujourd’hui d’avoir des antennes à l’extérieur en raison de nos moyens qui restent limités.

Comment peut-on prévenir aujourd’hui ce type de criminalité ?

Nous appelons à une grande vigilance en évitant de prendre des photos dans des tenues ou des situations qui pourraient prêter à confusion ou être compromettantes. A titre d’exemple, il faut éviter de se prendre en photo à la plage en maillot, etc. Et les parents devraient surveiller les enfants, les fréquentations et limiter autant que possible l’utilisation d’internet.