Consulter un psychologue au Maroc : Questions à Nouzha Lakhmiri, Psychologue

«Les médias ont contribué à cette prise de conscience»

Nouzha-LakhmiriLa Vie éco : Consulter un psychologue n’est-il plus un tabou aujourd’hui ?

Non, ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, il y a une ouverture d’esprit palpable et une prise de conscience. Les consultations témoignent d’un glissement de la demande fondée sur un corps malade vers la demande provenant d’un sujet malheureux.

L’intervention des psychologues au niveau de plusieurs médias, presse écrite et audiovisuelle, a-t-elle contribué à cette prise de conscience ?

Oui, il est certain que les médias ont contribué à cette prise de conscience. Aujourd’hui, plusieurs émissions abordent des sujets tabous, ce qui a poussé de plus en plus de gens à oser parler, être écoutées et comprendre leur personne.

Le suivi se fait-il beaucoup plus en thérapie individuelle pour des raisons de discrétion?

n Nous faisons les deux en fonction des cas et des problématiques. Ma devise est la suivante : «Le corps sain dans le psychique sain» et non l’inverse. Je procède ainsi par une première séance d’aide préliminaire pour apaiser la souffrance temporairement, ensuite j’établis un canevas de travail avec le concerné à raison d’une séance par semaine la plupart du temps, ou alors tous les quinze jours, selon le cas, la durée de la séance peut aller parfois jusqu’à 45 mn. Mon travail nécessite rarement l’intervention du médecin, la demande peut venir de la personne elle-même ou de ma part après accord du sujet. Mais le travail se fait aussi dans le cadre d’un groupe de parole ou d’une thérapie de groupe qui restent une dynamique pour la  création et le changement. Cette approche est généralement la plus souhaitée après être passée par une séance individuelle, elle est pratiquée avec des femmes, des adolescents autour d’une thématique ou d’un centre d’intérêt commun comme les addictions, le manque de confiance en soi. La thérapie individuelle sert d’outil pour comprendre, pour ensuite  suggérer à pouvoir parler et savoir écouter l’autre en groupe afin de comprendre que l’on n’est pas le seul à souffrir…