Comment mieux détecter la charge mentale pour parer au burn-out

Epuisé, craqué, sous l’eau… Beaucoup de termes désignent une fatigue extrême provoquée par le travail ou la gestion de la vie privée. Le burn-out est un phénomène découlant des changements sociaux et des impératifs organisationnels du monde de travail. Psychothérapeutes et sociologues se sont penchés sur le sujet, à Casablanca.

«La maladie du trop et du pas juste». C’est ainsi que l’on appelle le burn-out qui, en anglais, signifie étymologiquement «brûler, se consumer, s’épuiser, craquer en raison de demandes excessives d’énergie, de forces, de ressources». D’où les appellations en français de «cramer», «péter les plombs» …

Apparu dans les années 1970, le terme décrit l’épuisement au travail de professionnels de l’aide et du soin. Il sera généralisé à d’autres secteurs d’activités dès 1990. Si le burn-out est la manifestation d’un épuisement physique, émotionnel, cognitif en lien avec le travail, il touche également la sphère privée et, en particulier, de plus en plus de femmes et d’enfants qui sont sur-sollicités à la maison, au travail et à l’école. Des engagements et des tâches qu’ils doivent assurer, continuellement et sans répit aucun, en se surinvestissant pour ne pas décevoir et mériter l’amour et le respect de la famille. Il arrive que, très souvent, les femmes comme les enfants, épuisés, ressentent un fort besoin de reconnaissance qui, s’il n’est pas satisfait, peut provoquer une remise en question de soi et aboutir à l’épuisement émotionnel et physique.

Le premier Colloque national de la psychothérapie centrée sur l’humain qui s’est tenu, les 14 et 15 juin, à Casablanca, sous le thème «Pour une dignité sociale», a consacré un atelier au burn-out. L’objectif étant de comprendre comment accompagner et dépasser le burn-out. Il s’agissait aussi de comprendre les mécanismes sous-jacents de cet épuisement physique et émotionnel dont, et ce contrairement à la dépression, la prise en charge ne nécessite pas de médicaments. Le séminaire a en effet mis en exergue l’approche thérapeutique à mettre en place pour aider les personnes concernées. Cette approche est multidimensionnelle, selon les spécialistes de la question, dans la mesure où elle fait intervenir la personne elle-même, son entourage, son médecin traitant ou de famille, le thérapeute et enfin le coach pour préparer l’après burn-out.

Selon les sociologues, le burn-out est un phénomène concomitant avec les changements sociaux et les impératifs organisationnels du monde de travail. Les sollicitations fortes et impérieuses au niveau social et de l’entreprise génèrent un épuisement des ressources internes de la personne. L’engagement de soi sans limite impacte le psychique de l’individu et occasionne ce qu’on appelle une surcharge psychologique qui aboutit à des états de stress aigus.
Les spécialistes précisent également que le management moderne favorise le travail solitaire, ce qui renforce l’insécurité et la vulnérabilité psychologique d’une personne.

Par ailleurs, l’émiettement des liens sociaux ne prémunit pas contre le burn-out social qui est le sentiment d’avoir le dos au mur…

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