Comment avance la lutte sur le terrain

Pr Saïd Motaouakkil Président du Clin du CHU Ibn Rochd, Casablanca, «Programmes de formation et lobbying auprès de l’administration» «Comme partout ailleurs, les infections hospitalières sont une réalité dans nos hôpitaux.

Pr Saïd Motaouakkil Président du Clin du CHU Ibn Rochd, Casablanca, «Programmes de formation et lobbying auprès de l’administration» «Comme partout ailleurs, les infections hospitalières sont une réalité dans nos hôpitaux. C’est justement en réaction à cette réalité que le CHU Ibn Rochd a été le premier à se doter, en 1994, d’un Comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin). Une fois la structure mise en place, l’une de nos toutes premières actions au niveau du CHU Ibn Rochd a consisté à identifier à la fois les services, les malades et les procédures à risques. Ceci a été accompagné par le lancement de programmes de formation et de sensibilisation des professionnels de la santé, de même que par un lobbying auprès de l’administration pour l’amener à prendre en compte le souci des infections nosocomiales. Action qui a eu des résultats puisque l’administration de notre CHU consacre désormais des fonds à la lutte contre les infections nosocomiales.»

Pr Abdelali Alaoui Belghiti Directeur des hôpitaux et des soins ambulatoires au ministère de la Santé
«On tolère de moins en moins d’être admis dans un hôpital pour y être soigné et en sortir avec un autre problème de santé»
«Une enquête réalisée dans nos hôpitaux dans les années 90 avait situé le taux des infections nosocomiales au Maroc à 4% en moyenne. Un taux qui se rapproche de celui observé dans les pays occidentaux. La lutte contre ces infections a toujours constitué un souci politique. Il est vrai que cette lutte nécessite la mise en place d’un important dispositif mais, la contrainte majeure est liée à la mesure de l’ampleur du phénomène. D’un côté, nous étions conscients de la pertinence de l’utilisation de l’indicateur «taux des infections nosocomiales» dans un hôpital comme un gage de qualité et, de l’autre, nous ne disposions pas de l’information requise pour pouvoir comparer les hôpitaux sur cette base. Désormais, nous sommes en mesure de relever le défi. Tout d’abord, parce qu’il y a eu une prise de conscience très développée à la fois chez les professionnels, qu’il s’agisse de la profession médicale ou paramédicale, dans l’administration et surtout chez les citoyens. Maintenant, il est de moins en moins toléré d’être admis dans un hôpital pour y être soigné et d’en ressortir avec un problème de santé. C’est la raison pour laquelle nous avons procédé à une évaluation des différentes initiatives prises par les hôpitaux dans ce domaine, dans la perspective de nous doter d’une stratégie nationale. Notre ambition est de faire de ces infections un souci commun à l’ensemble des hôpitaux et prestataires de soins, mais aussi de développer la logique d’obligation du respect des règles d’hygiène et de sécurité du patient»