Cancer du sein : sensibilisation du grand public !

On fait le point

Sur les 40.000 nouveaux cas de cancers apparaissant au Maroc chaque année, le cancer du sein chez la femme s’est taillé, ces dernières années, la part du lion (25%) . En progression constante, il a fini par devancer son homologue malin, le tout aussi méchant cancer du col de l’utérus. Dans la ligne de mire, certains facteurs favorisants qui posent question : les changements des modes de vie (alimentation plus “chimique” que par le passé), les effets des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause, le stress de la vie moderne, la sédentarisation croissante… Par contre, différentes études scientifiques tendent de prouver que la pilule ne semble pas être un promoteur du cancer du sein ; elle est toutefois contre-indiquée en cas d’antécédent personnels ou familiaux de cancer du sein. Ce dernier, qui touche environ une femme sur neuf, apparaît le plus souvent à la ménopause (âge > 50 ans), mais les spécialistes notent aussi un rajeunissement de ce type de cancer (apparition possible dès 35 ans). En outre, face au risque de cancer du sein, certaines femmes restent plus exposées que d’autres : celles qui n’ont pas eu d’enfants ou les ont eus après 40 ans ; celles présentant déjà des lésions mammaires à risque ; celles réglées précocement ou ménopausées tardivement
; celles dont la mère ou la soeur a déjà développé une tumeur maligne du sein ; celles sujettes à l’obésité à la ménopause…
Il faut savoir qu’il n’existe aucun moyen de prévenir le cancer du sein, si ce n’est de pouvoir bénéficier d’un dépistage précoce qui permettra d’augmenter le taux de guérison et de préserver l’intégrité natomique du sein (en évitant son ablation). En effet, lorsque la tumeur maligne est diagnostiquée au premier stade (taille de moins d’un centimètre, sans envahissement ganglionnaire), la guérison est assurée à 90% . Ce n’est donc pas le cancer qui tue, mais son diagnostic tardif ! Malheureusement, par défaut d’information et de sensibilisation, plus de la moitié des malades (60 à 70%) arrive en consultation à un stade évolué. Malgré tout, la mortalité liée à ce type de cancer a diminué de manière constante au cours des dernières décennies, grâce à l’essor considérable des techniques diagnostiques (anatomopathologiques), chirurgicales, médicamenteuses (chimiothérapie, hormonothérapie), et aux radiothérapies. La chirurgie reste la pierre angulaire du traitement du cancer du sein et, avec le temps, on s’est davantage orienté vers des traitements conservateurs (lorsque les caractéristiques cellulaires et tissulaires de la tumeur, sa taille, son aspect monofocal, etc, le permettent). Et, en cas de mastectomie partielle ou totale, la reconstruction du sein est effectuée par des chirurgiens sénologues formés à la chirurgie plastique. Chimiothérapie, hormonothérapie et radiothérapie sont des traitements adjuvants visant à réduire les cellules cancéreuses résiduelles après la chirurgie, diminuer le risque de récidives locales et de métastases. Ils peuvent, également, dans certaines indications, être préconisés, en pré-opératoire (traitement néo-adjuvant). L’avènement de thérapeutiques ciblées innovantes a également amélioré les résultats en terme de survie.

Se faire dépister, c’est peut-être sauver sa peau !

Le dépistage du cancer du sein est recommandé pour toutes les femmes à partir de 50 ans. Il consiste en un examen radiologique de référence : la mammographie réalisée tous les deux ans et complétée par un examen clinique complet. Toutefois, des examens complémentaires comme l’échographie, l’IRM, la biopsie peuvent être nécessaires pour préciser une anomalie décelée sur le cliché de la mammographie. La femme, pour sa part, peut procéder à une auto-palpation tous les mois, deux à trois jours après la fin de ses règles (les seins sont moins sensibles) ou à date fixe (si elle est déjà ménopausée). Principes de l’autopalpation
: bras le long du corps puis levés derrière la tête, on observe attentivement ses seins de face et de profil, et on note : grosseur nouvelle au sein ou à l’aisselle, modification de la forme ou de la taille du sein, écoulement suspect par le mamelon, changement notoire de l’aspect de la peau du sein ou de l’aréole (crevasses, plissement, pigmentations)… Ensuite, on palpe chaque sein, à tour de rôle, bras levé, en position allongée : avec les trois doigts bien à plat de la main opposée, on parcourt le sein, de la partie externe à la partie interne (et vice versa), puis de haut en bas,  en sentant la glande rouler sous le doigt, à la recherche de toute sensation de  boule, grosseur ou fossette suspecte. On effectue ensuite une série de petits cercles concentriques, à partir du mamelon, en progressant jusqu’à la zone de l’aisselle. Terminer en pressant le mamelon pour vérifier qu’aucun écoulement ne se produit.