Alzheimer : Questions à  Ahmed Naïm, Président de l’association «Espoir Maroc Alzheimer»

«Un centre d’accueil des malades est prévu fin 2014 à  Marrakech»

La Vie éco : Quel est le but de ces deuxièmes rencontres internationales Alzheimer et Méditerranée ?

Le mérite de cette manifestation revient à notre association mais aussi à notre partenaire, l’Association monégasque pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer (AMPA), présidée par Catherine Pastor. Etant présente lors des premières rencontres qui ont eu lieu à Monaco le 20 janvier 2011, notre association a pu obtenir que les deuxièmes rencontres aient lieu au Maroc, dans la ville ocre. Que le Maroc abrite ces deuxièmes rencontres, c’est pour nous la meilleure façon de sensibiliser l’opinion publique, le ministère de la santé et le ministère du développement social, de la famille et de la solidarité, les deux départements concernés directement par cette maladie. Le premier parce que ces rencontres interpellent les scientifiques afin de réfléchir sur l’aspect médical et scientifique de cette pathologie, et le ministère de la santé est le premier à devoir réfléchir sur des structures habilitées à fournir de l’aide médicale aux personnes qui en sont atteintes. Le second, parce que la maladie d’Alzheimer ne touche pas que le malade, mais elle affecte tout son environnement familial, à cause de la perte de mémoire dont souffre ce dernier, qui est une source d’inquiétude constante pour l’entourage. Il n’y a pas un remède miracle à administrer au malade pour le soulager, il a surtout besoin d’une protection sociale et familiale. 

Croyez-vous que cette maladie est si grave que cela dans notre pays ?

Très grave. Côté chiffres d’abord, on recense environ 90 000 cas d’Alzheimer au Maroc, mais il ne s’agit là que d’une estimation, le nombre de personnes atteintes de cette maladie est beaucoup plus important. Il faudra multiplier ce chiffre par quatre. A Marrakech et région par exemple, on parle de 378 cas, cette estimation ne reflète pas la réalité. Il faut signaler que cette maladie se propage d’une façon insidieuse dans la société marocaine, souvent les parents et l’entourage familial cachent le malade et ont du mal à le révéler au grand jour. Or une bonne protection passe d’abord par une connaissance de cette maladie par le plus grand public, et seule une sensibilisation, notamment dans le milieu rural, est à même de permettre de mesurer l’ampleur de la maladie et réfléchir aux solutions pour la contrecarrer. Comme créer par exemple des centres d’accueil des malades.

Comme celui qui sera construit à Marrakech ?

On n’en est pas encore à la phase de construction. C’est vrai, il y a eu une recommandation pour fonder un grand centre dans cette ville lors de la rencontre de Monaco en janvier 2011, mais ce sont les rencontres de Marrakech qui devraient en fixer les modalités, bien que certaines personnalités, comme le prince de Monaco, se soient déjà prononcées pour une aide financière à ce projet. Si ce dernier se réalise, il sera le premier centre médico-social pour les personnes atteintes d’Alzheimer et démences apparentées. Mais il faut d’abord qu’on passe par quelques étapes essentielles : réussir ces deuxièmes rencontres, ouvrir un institut de formation des métiers de la dépendance en septembre 2013, créer un centre d’accueil dédié aux personnes âgées dépendantes fin 2013. Le Centre d’Alzheimer dont vous parlez n’ouvrira pas ses portes avant la fin de 2014.