Ajialcom entend réduire la fracture numérique

Dix télécentres communautaires ont été mis en place dans le cadre du projet Ajialcom, monté par le secrétariat d’Etat à la Jeunesse, le PNUD et Microsoft Afrique du Nord, pour un coût de 413 000 dollars.

Dix télécentres communautaires ont été mis en place dans des quartiers périphériques de Casablanca, Rabat et Mohammédia ou des villes «périphériques» (Khémisset, Tiflet). C’est là une réalisation d’Ajialcom, projet mis en place en juin 2004 par le secrétariat d’Etat à la Jeunesse, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et Microsoft Afrique du Nord, pour un coût de 413 000 dollars. Trois de ces télécentres sont le résultat d’un accord avec l’association Maroc 2020.
Mais qu’entend-on exactement par télécentre ? Un télécentre est un espace informatique, installé dans une maison de jeunes, géré par une association, équipé d’ordinateurs, connecté à internet via l’ADSL à 512 K, et disposant d’une CDthèque traitant de savoirs généraux ou spécifiques. Deux animateurs assurent l’appui et l’encadrement des utilisateurs.
Selon les promoteurs du projet, les utilisateurs sont des jeunes de 12-18 ans, des étudiants, ou des travailleurs habitant les quartiers populaires, et à la recherche d’une formation qualifiante. D’autres catégories pourront aussi bénéficier des télécentres : les jeunes filles non scolarisées, dans le cadre de l’alphabétisation, et les entreprises à proximité de ces centres, pour lesquelles un service sera dédié : connexion internet, formation du personnel,…
Pour Mohamed El Gahs, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, les télécentres sont d’abord «…un choix de société, de stratégie et de politique gouvernementale, visant à faire prendre à la société marocaine le virage numérique, à permettre à cette société de se reprendre, elle qui a raté tant de rendez-vous historiques: révolution industrielle et autres». Son département en fait un des piliers de la politique menée.
Le Maroc, 1er pays arabe à concrétiser les prévisions du programme du PNUD dans le domaine des NTI
C’est ensuite, pour le PNUD, une façon de réduire les inégalités dans un monde de plus en plus global, à travers les OMD (Objectifs millénaires pour le développement), par la lutte contre la pauvreté. Les franges défavorisées de la population bénéficient, à travers ce projet, de moyens et de savoir pour améliorer leur sort par leur propre prise en charge. La représentation au Maroc du PNUD, directement ou à travers le programme régional ICTDAR (Programme du PNUD pour le développement des NTI dans le monde arabe, installé au Caire et présidé par une Marocaine, Najat Rochdi), apporte une contribution financière, assure la prise en charge du coordonnateur du projet, permet au projet de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire acquis au niveau international, mobilise toute ressource du système PNUD pouvant être profitable au projet.
C’est enfin, pour Microsoft Afrique du Nord, l’occasion de mettre en application la politique de la maison-mère, conséquence de l’accord passé avec le PNUD lors du dernier forum de Davos afin d’«œuvrer de concert en vue de renforcer les capacités dans les pays de développement par la formation axée sur la technologie pour les jeunes et les adultes, la fourniture des acquisitions de compétences, un contenu des programmes et d’autres ressources nouvelles».
Le résultat est à la mesure des attentes : le Maroc est le premier pays arabe à avoir concrétisé les prévisions du programme ICTDAR ; c’est «une source de fierté pour moi», assure Mme Rochdi. Il reste à faire jouer aux télécentres le rôle pour lequel ils sont conçus. A partir de janvier 2005, et sur la base d’indicateurs tels qu’un fonctionnement adéquat (équipement, animateurs formés,…), l’effectif des jeunes formés dans les NTI…, aura lieu une évaluation des centres qui devront ensuite fonctionner de façon autonome, en subvenant par leurs propres recettes à leurs frais de leur fonctionnement.