Aïd Al Adha : L’offre couvre largement la demande, malgré les conditions climatiques difficiles

Les achats battent leur plein dans tous les points de vente. Les échos font état d’un prix supérieur de 25% à celui de l’année dernière.

A quelques jours d’Aïd Al Adha, l’ambiance est survoltée et toutes les activités sont en effervescence, allant des préparatifs nécessaires à cette occasion, jusqu’au déplacement des personnes qui vont rejoindre leurs familles éloignées pour profiter de ce congé annuel tant attendu. Dans les rues des villes comme dans les campagnes, les discussions ne tournent qu’autour des sujets relatifs à cet événement annuel qui mobilise aussi bien les familles que les commerçants de moutons dans les souks traditionnels, ainsi que ceux qui fournissent le nécessaire en outils, charbon, légumes… De même, on assiste au développement d’un florilège de petits métiers qu’on ne voit qu’à cette occasion, tels les aiguiseurs de couteaux, les vendeurs de fourrage, les gardiens de moutons qui s’en occupent jusqu’au jour du sacrifice.

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Concernant la disponibilité des animaux destinés au sacrifice de l’Aïd, le ministère assure une offre couvrant largement la demande malgré les conditions climatiques difficiles qu’a connues la dernière campagne. Ainsi, les prévisions du département de l’agriculture évaluent le cheptel à près de 8,6 millions de têtes, incluant 4,9 millions d’ovins mâles et 3,7 millions d’agnelles et de caprins ; ces derniers étant de plus en plus demandés depuis quelques années.

Quant à la demande globale du marché, elle est estimée à 5,35 millions de têtes, soit 62% du disponible. Sur les points de vente, comme les souks, les grandes surfaces où la vente s’opère généralement au kilo, et différents lieux éparpillés partout, les achats par les consommateurs battent leur plein, encouragés par le phénomène nouveau depuis quelques années, de gardiennage chez les vendeurs ou de petites entités dans les différents quartiers.

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Il faut rappeler que le département avait assuré un approvisionnement en aliments de base pour la sauvegarde du cheptel, même avec ces conditions climatiques défavorables. Ainsi, dans le cadre du programme de lutte contre les effets du déficit pluviométrique, l’opération orge subventionnée a permis de distribuer une quantité globale de 8 millions de quintaux, mise à la disposition des éleveurs à guichet ouvert et au prix fixe subventionné de 2 dirhams par kilogramme. Cette opération a eu des retombées positives sur la stabilité des prix des aliments de bétail sur le marché national. De plus, la conversion d’une partie des superficies céréalières en fourrages et l’amélioration des disponibilités fourragères dans les principales zones de parcours steppiques et de montagne contribuent à assurer un approvisionnement suffisant du cheptel.

Le ministère signale aussi que l’état sanitaire du cheptel national, notamment celui des ovins et des caprins, est, pour sa part, satisfaisant dans l’ensemble des régions du Royaume grâce aux différentes actions entreprises par les professionnels du secteur et les actions continues de la surveillance sanitaire du cheptel et aux campagnes de vaccinations menées par les services vétérinaires relevant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) contre les maladies animales contagieuses à incidences économiques.

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Par ailleurs, il est à noter que les retards de pluies qui ont caractérisé la campagne agricole 2015-2016 ont réduit légèrement les taux d’agnelage, se traduisant par une faible baisse de l’offre en effectifs du cheptel ovins et caprins de 1 à 2 % par rapport à l’année précédente. Ceci n’a pas forcément d’incidence sur le prix. En effet, les prévisions de la tutelle affichent une stabilité par rapport à l’année précédente au cours de laquelle le prix moyen était d’environ 2300 à 2400 DH par tête.  Cependant les éleveurs et leurs représentants font état, en plus de la réduction du taux d’agnelage, de décès d’agneaux mis bas au cours de la période difficile et du renchérissement des aliments du bétail. Ceci risque de tirer les prix consommateur vers le haut. Sur les points de vente on parle déjà de prix dépassant de 25% ceux de l’année dernière, ce qui indique que le sur-approvisionnement du marché n’est pas forcément accompagné de baisse de prix. Cependant, sur le plan de la commercialisation, l’approvisionnement des marchés obéit à la loi de l’offre et de la demande, ce qui incite les commerçants à se diriger vers les marchés les plus rémunérateurs, phénomène qui s’est accentué avec la généralisation des téléphones portables. Pour pallier cette désorganisation, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime s’est engagé à assurer un suivi rapproché de l’approvisionnement des différents marchés pour observer de près les cours des animaux commercialisés, notamment au niveau des grandes surfaces, des souks ruraux et des principaux points de vente au niveau des villes et de l’état sanitaire des animaux par les services vétérinaires relevant de l’ONSSA.

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