Aïd Al Adha : Crédit, Des offres exceptionnellement variées

Comme à l’accoutumée, les établissements de crédit développent plusieurs offres promotionnelles de crédit en cette période. Crédit gratuit, différé de remboursement, annulation de frais de dossier…, il y en a pour tous les besoins. La situation financière des ménages ne se redresse pas, selon l’enquête de conjoncture du HCP.

Cela fait quelques années déjà que plusieurs évènements se suivent. Allusion faite à Ramadan, aux vacances d’été, à Aid Al Adha et à la rentrée scolaire. Et nombreux sont les ménages qui s’en sortent à peine. C’est normal quand on sait que c’est la période de l’année qui exige le plus de disponibilité de liquidités. Or, dans l’incapacité de plusieurs ménages de faire face à ces dépenses incompressibles, ils ne peuvent que recourir au financement bancaire. D’ailleurs, les sociétés de financement profitent largement de ce filon et se livrent à une bataille à coup d’offres de crédit. Alors qu’il y a 2 à 3 ans, elles proposaient des offres liées au seul Aid Al Adha, elles incluent actuellement dans leurs offres le financement des charges relatives aussi bien à l’Aid et à la rentrée scolaire du fait qu’elles interviennent à seulement quelques jours d’intervalle. Et la demande ne s’en dément pas. Plusieurs dossiers sont traités par jour dans les agences commerciales de la plupart des sociétés de financement, surtout que l’offre est assez variée. La société de financement Edqom par exemple propose une offre particulière qui s’étale jusqu’à fin septembre courant. Il s’agit d’un crédit gratuit proposé à partir de 3000 DH à rembourser sur 10 mois, soit une mensualité de 300 DH par mois. A cela, il faut rajouter les frais de dossier de 165 DH et les frais d’assurance de 42 DH. Idem pour Sofac Credit qui propose trois formules de financement : 3000, 5000 et 10000 DH à taux zéro, assorties toutefois de frais de dossiers de 321, 485 et 820 DH respectivement.

L’offre de Wafasalaf n’est pas moins intéressante. Alors que la filiale du groupe bancaire Attijariwafa bank mettait à la disposition des clients un crédit de 60000 DH avec une mensualité de 999 DH pour les vacances d’été, elle a innové en cette période, pour proposer un crédit de 30 000 DH, assorti d’un taux d’intérêt de 5% seulement. Ce qui aboutit à des mensualités de 565 DH, auxquelles sont rajoutés des frais de dossier de 900 DH. A l’occasion spéciale de la fête et comme ses concurrentes, elle propose un prêt gratuit pour des montants de 3000 et 5000 DH, avec toutefois des frais de dossier évalués à une mensualité.

A côté de ces deux établissements de crédit, d’autres, conscients de la situation financière serrée des contractants des crédits, suggèrent un différé de remboursement, le temps que cette période difficile passe et que la trésorerie des ménages se stabilise. C’est le cas notamment de Salafin, qui présente une offre basée sur un différé de remboursement de 3 mois, à partir de la date de contraction du crédit. Parmi ses offres, trois se démarquent particulièrement. Il s’agit dans la 1ère, d’un financement de 15 000 DH, à raison d’une traite de 1500 DH par mois, étalée sur 10 mois. La seconde concerne un crédit de 50 000 DH, à rembourser en 72 mois, à un loyer mensuel de 928 DH. Ce qui ramène le coût du crédit à 66 816 DH. La dernière propose un prêt de 70 000 DH avec des mensualités de 1275 DH, à rembourser en 84 mois, soit un coût de 107 100 DH.

Vu le créneau porteur de cette période, certaines banques dont la BMCI ont également développé leurs offres. La filiale de BNPparibas propose une offre promotionnelle qui prendra fin au le 30 septembre. Un crédit gratuit avec un différé de 3 mois à un taux promotionnel et sans frais de dossier. En revanche, ce crédit est assorti de frais d’assurance, de confirmation de dossier et de frais d’assurance.

Par exemple, un prêt de 30 000 DH remboursable sur 36 mois donne lieu à une mensualité de 989 DH TTC (assurance décès, invalidité comprise) à un taux de 8,5% HT. Le coût du crédit totalise donc 5630 DH TTC et inclut les frais de confirmation de 40 DH et un coût d’assurance de 1062,2 DH. Les offres des banques et des sociétés de financement sont certes là pour «sauver» la situation des ménages, en mal de financement de ces dépenses exceptionnelles. Mais en même temps, elles grèvent leur pouvoir d’achat déjà mi à mal comme le montre la dernière enquête de conjoncture du Haut commissariat au plan. En effet, au 2e trimestre de cette année, 31,3% des ménages déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne pour faire face à leurs dépenses alors que seulement 8,3% affirment épargner une partie de leurs revenus. Pour ne rien arranger, 35,7% d’entre eux estiment que leur situation financière sur les 12 derniers mois s’est dégradée, contre 12,9% qui considèrent qu’elle s’est améliorée. Plus grave encore, 83,3% des ménages ne s’attendent pas à épargner au cours des 12 prochains mois.  Avec ce besoin de financement récurrent et le recours régulier au financement bancaire, la situation des ménages ne devrait pas s’arranger de sitôt.