«Deux mois ont failli ruiner une relation de huit ans»

A.M., Fassi marié à  une Casablancaise «Au moment de me marier, je connaissais ma femme depuis huit ans déjà  et nous étions fiancés depuis deux ans. Jusque-là , nous n’avions pas eu trop d’anicroches dues à  la pression familiale.

A.M., Fassi marié à une Casablancaise «Au moment de me marier, je connaissais ma femme depuis huit ans déjà et nous étions fiancés depuis deux ans. Jusque-là, nous n’avions pas eu trop d’anicroches dues à la pression familiale. Mais en deux mois seulement, notre relation a été bouleversée. Cela a commencé par les discussions sur le montant de la dot. En fait, chacun d’entre nous servait de porte-parole à sa famille. Pour la sienne, d’origine casablancaise, le montant de la dot était proportionnel à la beauté et au niveau de formation de leur fille. Elle était aussi proportionnelle au degré de «f’char» (ostentation) envers la famille. La dot devait donc être élevée. Jusqu’à quel point ? Dans ma famille, d’origine fassie, la coutume voulait que la dot soit constituée de Louis d’or, les fameuses «louisate», le reste consistant en cadeaux. A la base, donc, un problème de conception dû à des différences de culture. Ce qui m’a profondément choqué est d’en être arrivé à négocier et à fixer un prix pour que l’on nous permette de nous marier. C’est un peu comme si vous achetiez une marchandise. «Bentn’a matmchich blach», tel était le credo de sa famille. Après moult va-et-vient, nous nous sommes enfin mis d’accord sur le montant de cette fameuse dot. Mais nous n’étions pas au bout de nos peines. Sa famille voulait qu’elle achète, avec cet argent, une «m’damma». J’étais contre et ma femme, elle, était tiraillée et ne savait que faire. Nous avons eu des discussions orageuses à ce sujet. Chacun blessant l’autre par des insinuations qui nous échappaient involontairement. Nous étions devenus des étrangers l’un pour l’autre! Je me rappelle encore, un jour où je déjeunais chez mes beaux-parents. Quand ma belle-mère a mis le sujet sur le tapis, je me suis senti piégé. Ce n’était pas un problème d’argent, mais ce «chantage» déguisé qui m’a le plus blessé. J’étais malheureux, surtout que ma famille de son côté ne faisait rien pour atténuer les choses, pour comprendre la culture d’autrui. A chaque fois que j’allais leur rendre visite, c’était questions, récriminations et insinuations sur ma femme et sa famille. Un matin, après une nuit blanche, je me suis levé, décidé à en finir avec cette union. Heureusement que je ne suis pas un impulsif. Nous avons tous les deux tenu le coup. Je pense que nos huit années de relation et l’amour que nous nous portions ont fait échec à ces deux mois infernaux. Aujourd’hui, ma femme et moi avons
la même conception : nous n’imposerons pas
à nos enfants des conditions matérielles pour se marier »