«Al hayat chaînes de vie» pour combattre la mortalité néonatale

Un plaidoyer pour sauver 10 000 bébés qui meurent chaque année dès la naissance et sauver du handicap 24 000 autres.

Entamé en février 2014, le vaste programme de lutte contre la mortalité maternelle et néonatale lancé par l’association «Al hayat chaînes de vie» se poursuit sur l’ensemble du territoire national. Formation des sages-femmes, plaidoyer pour vulgariser et faire connaître ces quatre chaînes de vie (hygiène, chaleur, respiration et allaitement maternel), tels sont les deux axes de cette campagne à laquelle participent une cinquantaine d’organismes, entre ministères, offices publics et établissement privés. Dix-huit mois après l’entame de cette campagne, les résultats ne sont pas tout à fait atteints, mais Meriem Othmani, vice-présidente de cette association, reste confiante. «Plus de la moitié de notre programme de formation des 2 000 sages-femmes est maintenant réalisée. Et il faut continuer, c’est la seule façon, avec le plaidoyer que nous menons depuis février 2014, de sauver la vie aux 10000 bébés qui meurent chaque année dès la naissance et sauver du handicap 24 000 autres».

Les sessions de formation se font essentiellement dans les zones rurales et semi-urbaines, là où la mortalité maternelle et néonatale est plus importante. Selon les statistiques officielles, sur les 600 000 nouveau-nés/an au Maroc, 12000 bébés décèdent en effet, ainsi que 700 mères au moment de l’accouchement. A ces décès évitables, s’ajoutent quelque 12 000 handicaps chez les mamans et près de 24 000 handicaps néonataux souvent neurologiques sévères et ce, «par ignorance, voire par négligence», selon un constat de l’association. Sachant que le Maroc revient de loin dans ce domaine par rapport aux années 1970 : entre la fin des années 1970 et l’année 2010, il passe de 359 décès pour 100000 naissances vivantes à 112, et de 129 décès d’enfants de moins de 5 ans pour 1 000 naissances vivantes à 34 pour 1 000. Il est donc à deux doigts d’atteindre les objectifs 4 et 5, pourvu que cette campagne nationale de vulgarisation autour des quatre chaînes (hygiène, chaleur, respiration et allaitement maternel), pilotée par l’association Al hayat-chaînes de vie puisse être menée jusqu’au bout.

Pour sauver ces bébés de la mort et du handicap il suffit, plaide l’association présidée par le Pr. Moulay Idriss Alaoui, d’observer des gestes simples mais combien importants lors de la naissance du bébé (voir encadré). Pour mener à bien cette opération, le programme a récolté un précieux don d’un demi-million de dollars de la part de l’ONG américaine «MSD for mothers».

Parmi la cinquantaine d’organismes publics et privés associés à cette opération, le ministère de l’éducation nationale et celui de l’intérieur sont au premier plan. Le premier, puisqu’il s’agit de plus de 8 millions de personnes, entre élèves, staff administratif et enseignants, qui seront directement ou indirectement ciblés dans cette opération. Ces quatre chaînes sont intégrées dans les programmes de formation initiale et continue des enseignants. La sensibilisation se fait à travers l’affichage de posters dans les 220 000 salles de cours que comptent les trois cycles d’enseignement. Au ministère de l’intérieur est assigné un rôle non moins important que celui de l’éducation nationale, parce qu’il est très bien représenté dans les zones les plus difficiles à traiter du monde rural. Sachant qu’il existe des zones très enclavées où les médecins ne peuvent pas se déplacer et d’autres villages que les intempéries isolent de toute assistance. La sensibilisation se fait à l’aide de CD explicatifs, adressée aux cheikhs et aux moqaddems du mode rural, afin qu’ils puissent protéger les nouvelles naissances en remettant un flyer accompagné d’explications. Un autre organisme public est mis à contribution : l’Entraide nationale. Elle met à la disposition de l’association toutes ses infrastructures institutionnelles dans tout le Royaume (au niveau rural, urbain et périurbain). Les programmes de l’Entraide nationale, ayant concerné 284 366 personnes (dont 70% de sexe féminin), sont mis en place grâce à un réseau national de 3 114 institutions (dont 49% sont implantées en milieu rural).